Depuis sa draft en 2003, l’ascension de LeBron James a été fulgurante. A tel point qu’aujourd’hui, on parle de lui assez souvent comme le deuxième meilleur joueur de l’histoire derrière l’indéboulonnable Michael Jordan.

Beaucoup aujourd’hui n’ont pas conscience que c’est un mythe qui est sous nos yeux, un mythe qu’on ne reverra probablement pas de notre vivant. En effet, LeBron James est par exemple le 7e meilleur scoreur de toute l’histoire NBA.. à 32 ans. Depuis qu’il a 16ans, l’Élu est en permanence le centre de l’attention et doit supporter une pression qui en aurait brisé beaucoup et fait partir en vrille au moins autant.

Tous sports confondus, on a jamais vu un sportif aussi jeune susciter autant de hype et surtout devoir porter un fardeau aussi lourd. Qu’on se rende bien compte, depuis ses 16 ans il est attendu comme le nouveau Jordan, on a même eu droit à certains de ses matchs au lycée en antenne nationale !

En parlant de Jordan, on connaît son féroce instinct de compétiteur et son orgueil démesuré. Pour autant on est en droit de se poser la question: De telles attentes, si elles avaient été posées sur ses épaules, l’aurait-il supporté et aurait-t-il assumé comme l’a fait LeBron ? Si on peut douter du fait que pareille pression l’aurait brisé au sens où il serait devenu un bust, en revanche connaissant l’énorme ego de Jordan, il n’eût pas été à exclure qu’il soit parti un peu en vrille avec un melon qui aurait complètement explosé. De plus, James a dû bien malgré lui assumer ce statut de next Jordan alors qu’il n’avait jamais rien demandé et que son jeu ne ressemblait pas à celui d’His Airness. De l’avis du principal intéressé, la comparaison avec Magic est bien plus pertinente. Qu’aurait donné Jordan s’il avait dû assumer dès ses 16ans un héritage aussi lourd que celui qu’a dû assumer le King ? What if donc, mais la question est légitime, bien que nous n’aurons évidemment jamais la réponse.

Ce qui est sûr en revanche c’est que depuis sa draft, celui qui s’est auto-proclamé « The Chosen One » empile les records et les titres. Un titre de ROY pour commencer évidemment en 2004, puis 4 titres de MVP en 2009, 2010, 2012 et 2013. Et avec lui se reproduit le même phénomène qu’avec Jordan: on ne lui donne plus le titre de MVP parce que… il est de toute évidence le meilleur joueur de la ligue et que cette même ligue a sans cesse besoin de changement pour vendre ce fameux « entertainment ».

S’il est possible qu’il n’arrive jamais à déboulonner Sa Majesté, c’est un joueur beaucoup trop souvent moqué pour ses finales perdues et sa prétendue non clutchitude.  Pour commencer, il faut d’abord en finir une bonne fois pour toutes avec ce mythe selon lequel le King n’est pas clutch.

Dans les deux dernières minutes d’un match, James a des stats supérieures à celle de Kobe, qui bénéficie lui d’une réputation d’ultra clutch player. Dans le 4e QT c’est la même chose. En OT c’est encore la même chose. Sur les tirs pour la gagne (au buzzer ou non), c’est une fois de plus la même chose.

Pour reprendre les stats données par l’excellent reporter d’ESPN John Hollinger (ex Basketball Forecast), voici les stats de LeBron James dans le money time:

#8 Player

James

TeamCLE PER

38.9

dPER

12.4

Diff

26.5

+/-

+13

Rating

27.8

Pour finir, car ce n’est pas l’objet de cet article, on vous laisse en lien cet excellent article de chez LibertyBallers qui analyse très bien cet aspect du jeu sur les dernières années:

https://www.libertyballers.com/2012/2/29/2832299/lebron-james-kobe-bryant-dwyane-wade-clutch-nba-playoffs-4th-quarter

Maintenant attaquons nous à ce qui est le coeur du débat autour de LeBron James.. mais où s’arrêtera-t-il ?

1- It don’t mean a thing.. Without the ring ! 

Combien de bagues remportera LeBron James avant de ranger ses sneakers ?

Cette question est la plus épineuse puisqu’à titre individuel, au niveau des stats, il est possible de faire des projections sans trop de risques de se tromper.

On a souvent reproché à LeBron James d’avoir perdu trop de finales. Pour une raison simple: Jordan, lui, les a toutes gagnées.

Revenons sur Terre deux minutes pour comprendre à quel point cet argument n’a aucun sens: Quand Jordan dispute sa première finale après avoir enfin battu ses ennemis jurés, il est prêt. Il est déjà dans son prime, et l’équipe autour de lui est taillée pour remporter un titre. De plus, l’adversaire, s’il est évidemment fort, on parle quand même de Finales NBA, est largement à leur portée. En effet, Magic dispute là son avant-dernière saison et est loin du niveau qu’il a pu avoir bien qu’il demeure encore un top player et le reste du roster ne peut pas rivaliser avec celui des Bulls. LeBron James amène son équipe en Finals.. lors de sa 4e année ! Jordan a lui dû attendre 7 longues années… Pour ce qui est de l’équipe autour de lui, LeBron dispose de quelques valeureux soldats autour de lui comme Zydrunas Ilgauskas (qui est sur la fin), mais en aucun cas d’une équipe aussi talentueuse que ce qu’avait Jordan lors de sa première finale, on est même à des années lumières de cela ! Pour appuyer encore plus, sincèrement, hormis peut-être Ilgauskas, qui aujourd’hui se souvient des coéquipiers de LeBron James en 2007 ? Pas grand monde. Pour terminer là dessus: qui se dressait face au jeune franchise player des Cavs ? Les Spurs du Big 3 Parker-Duncan-Ginobili. Rien que ça. Une équipe de légende qui compte 3 futurs Hall of Famers et qui sera titrée 4 fois. Rien que ça. Et en plus tous dans leur prime évidemment. Pour poser ce qui doit l’être: Si Jordan avait été à sa place, le résultat aurait-il été différent ? Personnellement, je n’y crois pas une demi-seconde.

Passons ensuite aux autres finales. Évidemment, en 2011, il est impossible de nier que le King a failli. Clairement c’est une finale qu’il aurait dû gagner, il n’y a pas à discuter, même si à l’époque sur le papier l’affiche était équilibrée, quand on veut être le meilleur joueur de l’histoire, on se doit de gagner de telles confrontations.

Reste donc les finales 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017. Ah oui.. Ce détail fait très mal au crâne: LeBron James n’a pas été vaincu avant les Finales NBA depuis.. 2010. 3 titres, 4 MVP, 3 Finals MVP, une place assurée dans le top 5 all time à la fin de sa carrière… On peut d’ores et déjà dire que la carrière du King dépasse déjà de très loin le rêve fait un jour par un petit garçon d’Akron.

En 2012 donc il écrase Kevin Durant, rarement un duel entre superstars aura été à ce point déséquilibré en finale, surtout au niveau de l’impression visuelle qui était terrifiante à l’époque. Évidemment, Harden, Durant et Westbrook étaient à l’époque très jeunes, on ne peut donc pas vraiment leur reprocher d’avoir craqué, on a simplement vu la différence entre un joueur mûr et sûr de sa force, déjà auréolé de deux titres de MVP consécutifs et un jeune joueur certes déjà monstrueux mais pas encore dans son prime.

En 2013, James participe à la première finale de légende de sa carrière. La postérité n’a retenu de cette série que ce tir légendaire de Ray Allen alors que le trophée était déjà dans le couloir, prêt à être brandi par les Spurs. L’intensité dramatique de ce titre aura fait oublier la série de légende qu’a sorti LeBron James, surtout les deux derniers matchs qui viennent d’une autre galaxie.

Game 1: 18 pts, 18 rebonds, 10 assists: Courte défaite 92-88

Game 2: 17 pts, 8 rebonds, 7 assists, 3 steals, 3 blocks: Large victoire 103-84

Game 3: 15 pts, 11 rebonds, 5 assists, 2 steals: Large défaite 113-77

Game 4: 33 pts, 11 rebonds, 4 assists, 2 steals, 2 blocks: Large victoire 109-93

Game 5: 25 pts, 6 rebonds, 8 assists, 4 steals: Défaite 114-104

Game 6: 32 pts, 10 assists, 11 rebonds, 3 steals: Victoire en prolongation 103-100

Game 7: 37 pts, 4 assists, 12 rebonds, 2 steals Victoire 95-88

Rien qu’avec des stats comme ça, on visualise un peu mieux ce que le tir de Jesus a fait oublier: un véritable chef d’oeuvre individuel, une domination ahurissante rarement vue sur une série de Finales. Ce qu’on oublie mais qui ne se voit pas dans les stats, c’est que durant ce fameux Game 6, des deux côtés du terrain, c’est LeBron qui tient le Heat à flot durant tout le match. Enfin, ce Game 7… Que dire…  Kawhi Leonard pouvait le coller d’aussi près qu’il le voulait, le King dominait comme jamais et il n’y a avait rien à faire. On avait jamais vu un Game 7 de Finales NBA être à ce point écrasé par un seul joueur. jusqu’à LA finale. Celle qui a définitivement fait entrer LeBron James dans la légende.

Après cette première finale épique en 2013, il va regoûter au parfum des finales deux fois supplémentaires: En 2014,  il ne pourra rien faire face à des Spurs revanchards qui pratiquèrent cette année là le plus beau basket jamais vu en Finale. Ce n’est vraiment pas pour rien que leur jeu fut à cette époque baptisé « the beautiful game ». Là encore, trouver un quelconque observateur  qui reprocherait à James d’avoir perdu cette finale face à cette équipe là ayant joué à un niveau aussi hallucinant s’avérera au mieux… ardu.

Tout aussi ardue serait la quête même d’un fan qui lui reprocherait d’avoir perdu en 2015 face aux Warriors. Déjà privé de Kevin Love depuis le premier tour des playoffs, il perdra rapidement Kyrie Irving et se retrouvera tout seul face à l’armada des Warriors. Et pourtant… Et pourtant il a réussi à mener 2-1 avec un match 4 à Cleveland pour mettre les Warriors dos au mur ! Et ce entouré de Matthew Dellavedova et Timofey Mozgov !!! On l’a trop peu souligné, en dépit du fait que cela paraisse complètement fou, cette année là, il était à un cheveu d’accomplir l’impensable.

Or l’impensable, c’est ce qui se produisit l’année suivante, lors de la revanche face à ces mêmes Warriors, qui viennent de réaliser la meilleure saison régulière de l’histoire avec un bilan de 73-9, conclue par une soirée assez curieuse puisque cette nuit là, tout le monde n’avait d’yeux que pour la dernière danse de Kobe Bryant,  conclue de façon magistrale avec la gagne, 60 pts au compteur et un dernier quart-temps de rêve, durant lequel on aura revu le Kobe qui, à 25 ans, éclaboussait la ligue de son immense talent.

Cette fois les deux armées sont au complet et l’affiche avait des airs de Star Wars.

Après un début de série assez catastrophique collectivement, les Cavaliers se retrouvent dos au mur, menés 3-1. Avec un match 5 dans la Baie. Malgré la suspension de Draymond Green qui a fini par se brûler à force de trop jouer avec le feu (coups dans les parties à répétition, pour beaucoup il aurait déjà dû être suspendu contre le Thunder en finale de conférence), tout le monde se dit que l’affaire est pliée, que les Warriors vont réaliser le back to back sans problème… Sauf que finalement la suspension de Green n’aura eu quasiment aucun impact:  LeBron James et Kyrie Irving se ramènent avec les costumes de Batman et Robin, résultat: 82 pts à eux deux, une déflagration de talent jamais vue jusque là de la part d’un duo (record de points en finale au passage) et on repart dans l’Ohio pour un Game 6 qui s’annonce explosif. Cette fois, c’est James qui sonne la charge. Résultat: 41 pts, le tout accompagné de 8 rebonds, 11 assists, 4 steals et 3 blocks, et la victoire en poche. Rien que ça, à un pourcentage tout simplement délirant (16/27) et dans son sillage, tous ses coéquipiers se sont mis au diapason pour arracher un Game 7 de feu ! Le désormais célèbre « Follow my lead ! » aura été reçu 5/5 par les coéquipiers du King.

Le doute s’installe et même si la plupart pensent que les Warriors vont gagner leur titre à la maison, beaucoup murmurent: et si ? Et si les Cavaliers réalisaient l’impensable ? Et si LeBron sortait un nouveau match de légende ?

Dans les têtes des Warriors aussi le doute s’installe, et malgré une avance de +7 à la pause, dans le money time, ils vont craquer. Craquer devant la défense de morts de faim de Cavaliers qui n’encaisseront pas un point durant les 4 dernières minutes (!). Une lueur d’espoir poindra dans les dernières minutes lorsque Kyrie Irving perdit bêtement la balle et vit Andre Iguodala foncer vers le panier… Sauf que le King va réaliser l’action la plus marquante de sa carrière. Alors que JR Smith oblige bien Iggy à passer par en dessous pour marquer, James va surgir de nulle part pour fracasser le layup d’Iguodala sur le planche et les espoirs des Warriors avec. Le momentum va alors exploser en faveur des Cavaliers et quelques instants plus tard, comme Ray Allen avant lui, Kyrie Irving va mettre un tir de légende pour crucifier les Warriors.  Et sur la tête de Stephen Curry s’il vous plaît. On peut difficilement faire image plus chargée en symboles. Retour en vidéo sur ces instants qui resteront dans la légende des Finales NBA:

Durant l’été qui suit, les Warriors deviennent à la fois l’équipe la plus détestée et l’une des sinon la plus forte de l’histoire. Cet été là, ils récupèrent Kevin Durant qui a l’a faite à l’envers à son ancienne équipe et à son ex coéquipier Russell Westbrook, ce alors même que deux mois plus tôt ils étaient à un cheveu de battre.. les Warriors, menant 3-1 dans la série durant les finales de conférence. Free agent, certes il était dans son bon droit; il avait tout à fait le droit de partir, mais la manière manquait cruellement de classe.

Avec la possibilité d’aligner un terrifiant lineup Curry-Thompson-Iggy-Durant-Green, les Warriors devenaient du même coup archi favoris pour remporter le titre cette année. Et.. ça n’a pas coupé, remplacer Harrison Barnes par le 2e meilleur joueur de la ligue a fait exploser le potentiel offensif d’une équipe déjà incroyable dans ce domaine et leur a permis de vaincre Cleveland sans la moindre difficulté, infligeant au King sa 5e défaite en 8 finales.

Après ce récit du parcours du Chosen One jusqu’ici, on en vient à la question de que faire maintenant.

D’une part, il est clair que l’équipe dont il dispose actuellement n’est pas capable de vaincre une équipe comme ces Warriors.

En fait, au delà de toute considération de faisabilité, le seul joueur dans la ligue qui pourrait équilibrer la balance n’est rien de moins qu’Anthony Davis. Le mono-sourcil est l’un des très rares joueurs que les Warriors n’arrivent absolument pas à défendre et sa venue donnerait une vraie chance aux Cavaliers. Sauf que.. Sauf que voilà, un transfert n’est clairement pas d’actualité et son contrat le lie encore aux Pelicans pour 4 ans, or dans 4 ans, James aura 36 ans, autant dire qu’il sera trop tard pour monter une nouvelle équipe et acquérir les automatismes, le fond de jeu, etc…

Les Warriors représentent un obstacle énorme dans la quête du titre, cependant… Après tout l’Est est toujours autant écrasé par LeBron James et à partir du moment où une série doit être jouée, tout est possible.. sur le papier.

Cependant, avec la demande de Kyrie Irving d’être transféré, ses relations exécrables avec Dan Gilbert (le proprio des Cavaliers), la non-prolongation de David Griffin qui sonnait comme une déclaration de guerre de la part de Gilbert et l’expiration de son contrat l’été prochain, il est fort possible qu’il soit las de cette situation et décide d’aller voir ailleurs.

Nul ne sait ce qu’il adviendra, il est parfaitement possible qu’il reste à Cleveland pour y finir sa carrière, ou alors qu’il aille avec ses 3 grands potes (Melo, Wade et Paul) dans une franchise où il aurait les mains entièrement libres et où en plus la venue de ses amis lui offrirait un poids phénoménal dans les décisions du front office qu’il pourrait contrôler à loisir ou alors.. Tenter d’écrire une nouvelle histoire aux Spurs.

Cette idée est uniquement le fruit de l’imagination de l’auteur de ces lignes mais… Le King a toujours admiré Popovich, déclaré à maintes reprises qu’il rêvait de jouer pour lui un jour, etc… De plus, si certains le disent incoachable, on ne peut que constater que James n’a jamais pu bénéficier des conseils d’un grand coach. Un coach pour qui il ait un respect qui aille au delà du respect dû à un coach. Un coach qu’il considère comme son égal. Et le seul coach qui puisse ne serait-ce que prétendre à une telle admiration de la part de LeBron James, c’est bien Popovich. De plus, une association avec Kawhi Leonard, dans un système qui a fait ses preuves pour allonger de manière considérable les carrières de ses joueurs, avec un front office en qui il pourrait avoir confiance, why not !

Cela dit… Toute la legacy de LeBron James repose sur le fait qu’il ait toujours tout pris sur son dos, tout régenté, tout géré, tout gagné en étant incontestablement le meilleur joueur et le leader de son équipe, etc… Et en cela, une venue aux Spurs serait totalement en contradiction avec son histoire. Il est clair que de ce point de vue, cela collerait beaucoup plus qu’il aille dans une franchise comme les Knicks ou les Lakers et tente de leur rendre leur gloire passée.

Combien de bagues aura-t-il à la fin de sa carrière ? La réponse à cette question dépend en grande partie de la décision qu’il prendra cet été mais aussi d’un deuxième facteur: combien d’années encore ira-t-il en finale ?

S’il reste à l’Est, il est clair qu’il continuera à y aller chaque année jusqu’à ce qu’il décline vraiment de manière significative. Et encore, pour peu qu’il arrive à organiser cette fameuse réunion avec ses amis, là clairement même quand il déclinera il aura encore de la marge, autant dire qu’il peut continuer de squatter le trône de l’est pendant… 4 à 5 ans. Ce qui ferait 12 ans d’affilée en Finale. Oui, ça aussi ça fait extrêmement mal au crâne.

L’avis personnel de l’auteur est qu’il terminera à 5 ou 6 bagues, mais évidemment il s’agit autant d’une prière que d’un véritable pronostic, comme dit plus haut cela dépend de tellement de choses..

Ce qui en revanche ne dépend que de lui, ce sont ses records individuels. Et de ce côté là, chers lecteurs mouillez vous la nuque.

2 – Les records individuels: La marque d’un Titan

Prenons d’abord les stats actuelles en carrière de LeBron James:

Points: 28 787 (7e)

Passes: 7461 (12e)

Rebonds: 7706 (71e)

Pour les deux premières catégories, ça fait déjà mal. Si en plus on précise que le King n’est âgé que de 32ans… Tiens regardons pour les Playoffs maintenant, où cette fois ci cela tient carrément du phénomène paranormal:

Points: 6163 (1er)

Passes: 1489 (3e)

Rebonds: 1922 (7e)

Passons à la projection. Il marque en moyenne environ 2000 points par saison, délivre 500 passes et prend 500 rebonds par saison. En playoffs il marque en moyenne environ 600 points, prend 150 rebonds et envoie 150 passes décisives.

Allez une dernière petite douceur: LeBron James est le 3e meilleur scoreur de l’histoire des Finales avec 1247 points. Sachant qu’il marque entre 170 et 200 points par série.

Sa tendance à passer s’est considérablement accentuée cette année avec 646 passes et il semble logique que cela continue avec le temps. Pour ce qui est des rebonds, on peut penser que grâce à sa taille et à ses capacités athlétiques il les aura toujours, et que cela devrait rester stable tant qu’il joue le nombre de minutes d’un joueur majeur. Seul son scoring peut faire débat mais quand on étudie la question de plus près, mine de rien, il faudra certainement très longtemps avant qu’il descende vraiment dans ce domaine. Ses principaux atouts ne sont pas de ceux qui s’usent le plus facilement et pour ce qui est du physique.. Nul ne sait vraiment quelle est la limite du Chosen One. Extrêmement rares sont les phénomènes de ce calibre en terme de capacités athlétiques même tous sports confondus… Si on prend l’exemple de Jordan, ses facultés n’ont vraiment été faibles que lors de ses dernières années à Washington. His Airness était à l’époque dans sa 15e saison. Attention mouillez vous la nuque. LeBron rentrera cette année dans sa 15e saison NBA. Soit un kilométrage égal à celui de Sa Majesté. Et il n’a pas décliné du tout. Certains vont même jusqu’à dire qu’il n’a jamais été aussi fort. Tous ces faits mis bout à bout font qu’on finit par se demander où est vraiment la limite.. Si tant est qu’elle existe.

On va donc choisir un point de vue subjectif: qu’il maintiendra sa production pendant encore 6 ans. Soit jusqu’à ses 38 ans. Sur les bases énoncées plus haut, en gonflant avec les 2 probables dernières années de carrière où il aurait des stats moindres, cela donne ceci:

Carrière:

Points: Entre 42 000 et 43 000 (1er)

Passes: Entre 11 000 et 12 000 (2 ou 3e)

Rebonds: Entre 11 000 et 12 000 (Entre la 20 et la 30e place grosso modo)

Playoffs:

Points: Environ 10 000 (1er)

Passes: Environ 2500 (1er)

Rebonds: Environ 3000 (3e)

Finales:

Points: Entre 2000 et 2200 (1er)

Après ce long déballage de chiffres, prenez le temps de relire. Prenez vraiment conscience du mythe qu’est LeBron James. Prenez conscience d’à quel point même ce qu’il a accompli jusqu’ici est incroyable. Le seul tous sports confondus qui peut soutenir la comparaison en termes de longévité et de régularité n’est autre que Roger Federer. Ouais rien que ça une fois encore. Federer avec qui il partage un titre: le King. Et avec qui il est possible qu’il partage aussi celui de GOAT de son sport.

Si le Maître est le GOAT incontesté pour ce qui est du tennis, LeBron James quant à lui a évidemment le fameux fantôme de Chicago devant lui. Or mine de rien, quand on regarde ces stats, qui sont une projection plutôt raisonnable, on pourrait être largement plus optimiste, on en vient à se demander si après tout entre 4 et 6 bagues, 4 MVP voire 5, une décennie entière à écraser sa conférence, un record du nombre de finales disputées et pour finir tous les records cités plus haut en termes de statistiques en carrière ne dépassent pas ce qu’a pu récolter Jordan au cours de sa carrière. Pour le moment la question ne fait que se murmurer, et évidemment les projections faites plus haut sont réalisées dans l’hypothèse où il ne se blessera pas, mais il est clair qu’à la fin de la carrière de LeBron James, il sera bien difficile de le départager de Sa Majesté…

A suivre donc, et profitons à fond du phénomène que nous avons la chance de voir pour encore quelques années.