Si près et pourtant si loin … Dominé pendant les 12 premières minutes (18-34) Boston allait tout faire pour revenir à hauteur de leur hôte, sans succès. Même si la copie rendue fut moins bonne que lors du match précédent LeBron James (44 points en 28 possessions) et ses coéquipiers ont fait ce qu’il fallait pour égaliser et remettre la pression sur les celtics.

2-2, le mano a mano entre les deux équipes se poursuit.

Al Horford contre Tristan Thompson ou le jeu du chat et de la souris …

Depuis ses jours en Géorgie Al Horford souffre lorsqu’il est opposé à Tristan Thompson. Alors est ce vraiment une surprise de voir que c’est encore le cas cette saison ?

Plutôt oui quand on rappelle le contexte de la série : le dominicain réalise sans doute sa meilleure saison NBA et vient de dominer les deux séries précédentes alors que son vis à vis n’a jamais réussi à retrouver le niveau qui était le sien en 2016 jusqu’à être éjecté de la rotation de Tyronn Lue il n’y a pas si longtemps.

Pourtant comme depuis leur affrontement en 2015 l’histoire semble se répéter.

Ses chiffres depuis le début de la série sont éloquents :

Al Horford*

Quand Thompson est sur le banc

Quand Thompson est sur le terrain

Points

27,2

9,8

Rebonds

11,4

5,6

Passes décisives

5,3

3,4

Adresse au tir

68,4%

33%

Adresse à 3 pts

43%

33%

Assist %

28,6%

14,1%

Rebond %

17,6

8,9%

Net Rating de Boston

30.7

-6.6

*les chiffres sont ramenés à 36 minutes

L’une des missions de Brad Stevens est donc d’essayer par tous les moyens d’éviter ce matchup. En première période Tyronn Lue a intelligemment calqué le temps de jeu de son intérieur sur celui des Celtics (ce que je recommandais il y a quelques jours).

Et ce même lorsque Brad Stevens essaie de surprendre son adversaire comme lors du premier quart temps : il reste un peu plus de 3 minutes lorsque Stevens sort Horford après un temps mort. Lue le voit et sort Thompson à la première occasion possible (soit 20 secondes plus tard après une faute de Semi Ojeleye).

30 secondes plus tard Stevens profite de deux lancers francs de Larry Nance Jr (encore très bon) pour rappeler son intérieur en espérant que Lue ait gardé des rotations similaires au match précédent. Ce qui n’est pas le cas, Lue rappelle immédiatement Thompson.

Stevens a donc décidé d’arrêter de jouer au chat et à la souris sur son banc pour transférer le jeu sur un terrain où il dispose de l’avantage : sur le parquet.

L’idée est simple : retourner contre Cleveland sa tendance à switcher. Comment ? En utilisant Marcus Morris.

Ou encore :

Les clips sont trop courts pour montrer le début de l’action mais tout part d’un écran de Morris pour Al Horford. Thompson et Love changent sur l’écran permettant au dominicain d’être défendu par Kevin Love, un adversaire qu’il avait ridiculisé au premier match. Boston le fera 3 fois en quelques minutes pour démarrer cette deuxième mi temps et ce fut la 5ème faute de l’intérieur qui le « sauva » de cette situation.

Alors que Horford attendait que la solution vienne de son coach ce fut finalement Tyronn Lue qui la lui apporta en démarrant son dernier quart temps sans Thompson. Il allait même attendre 5 minutes avant de le remettre en jeu, au plus grand bonheur de l’intérieur celte.

Ici Cleveland est dans une situation de cross matching. Korver se retrouve sur Horford qui court bien pour profiter de ce mismatch. Nance n’est pas si loin et aurait dû profiter de la passe pour effectuer un « scram switch » avec Korver mais il ne le fait pas. À la place il décide de venir aider mais Horford le voit et part à l’opposé de la prise à deux, ici ligne de fond pour terminer un run de 7-0.

Pour remédier aux difficultés offensives de son équipe Brad Stevens a pensé que son équipe avait besoin de faire jouer le plus possible Horford au poste 5 or la présence de Thompson réduit considérablement son impact (voir le tableau et notamment son % de passes décisives) mais aussi celui de ses coéquipiers et notamment de ses arrières.

De la même manière Lue a peu apprécié le festival de Marcus Smart sur Pick&Roll lors du deuxième match. Pour empêcher l’arrière de récidiver Lue a dès le match suivant placé LeBron James sur Marcus Smart pour pouvoir switcher ce genre de jeu à deux en toute impunité et ce fut encore le cas hier soir :

Marcus Smart tente un pick&roll avec Aron Baynes, une combinaison qui avait si bien fonctionné à Boston. Nance switch sur Smart et l’arrière veut l’attaquer mais l’intérieur est plus qu’heureux de reculer pour le laisser prendre un tir à 3 points (a tourné à 30% à 3 pts cette année et 27,1 % sur ses pull ups, une adresse en chute libre pendant ces playoffs : 20% et 5,6% en pull ups selon NBA Stats).

Pick&roll entre Smart et Horford. Cleveland switch. Smart décide alors de jouer l’isolation face à Thompson en pensant disposer d’un mismatch. Sauf que ce n’est pas le cas, Smart se retrouve sans solution après l’arrêt de son dribble et Thompson le contre facilement.

Hier Thompson a contesté 17 shoots (meilleure marque du match) en faisant notamment parler sa vitesse latérale obligeant Smart et Rozier à prendre des shoots contestés à mi distance ou à 3 points. Une sélection de tirs que Brad Stevens aimerait limiter.

Il faut également évoquer une conséquence liée directement à ce duel puisque depuis le début de la série Boston peine à trouver une réponse au frontcourt du trio James-Love-Thompson :

Avant hier : +13 avant hier avec un Net Rating de +18

Sur la série : +28 avec un Net Rating de +12,5

J’évoquais après le match 3 qu’une solution à cela pouvait être un temps de jeu plus important d’Aron Baynes qui a montré beaucoup de progrès notamment en terme d’adresse extérieure et de mobilité après un switch. Surtout son tandem avec Horford fonctionne : +10 sur ce match (même si la majorité – +7 – est venu du dernier quart temps lorsque Thompson était sur le banc).

Son apport au rebond joue également en sa faveur (30,2 ORB% pour Cleveland soit le 75 percentile selon Cleaning the Glass) reste à savoir si Brad Stevens estime toujours que les points négatifs (moins de spacing qu’avec Horford en 5, moins de polyvalence) pèsent toujours plus lourds que ce que l’australien pourrait apporter.

Réponse dans le match 5 ?

Comment Cleveland cible et punit les switchs de Boston

On l’a vu depuis le début de la série Boston change sur la grande majorité des écrans or depuis le premier match Cleveland cible un joueur en particulier : Terry Rozier.

Hier soir l’arrière celte, qui n’est pourtant pas un mauvais défenseur, s’est fait cibler sur la grande majorité des possessions.

Ici James symbolise à merveille le « bully ball » dont Cleveland use et abuse contre Rozier. Toutes les possessions ne sont pas aussi impressionnantes que celle-ci mais James pose 7 dribbles sans voir une aide arriver.

Pourquoi ? Parce que Hill retient suffisamment Horford pour focaliser son attention, Tatum est dans le corner opposé sur Love tandis que Jaylen Brown se trouve côté fort à couvrir Smith. Seul Morris peut théoriquement venir mais James dispose d’un ¼ de terrain pour jouer son postup et le mouvement de Thompson vers le cercle rend cette tâche impossible.

James, Love et même Tristan Thompson ont attaqué Rozier. Ici Thompson vient poser un écran à George Hill. Boston switch et Thompson se retrouve avec l’arrière sur lui. La différence de taille n’a d’équivalent que celle de poids/puissance et Thompson enfonce facilement son défenseur.

Or la volonté aussi apparente d’attaquer Rozier met une pression folle sur les rotations défensives, et il est facile de se rater :

Love vient poser un écran sur Hill, Boston switch encore. Hill reconnaît la situation, refuse l’écran de Thompson pour jouer au poste bas avec son intérieur. Tatum le voit et anticipe une rotation vers Love en se rapprochant de la raquette. Un déplacement suffisant pour que George Hill trouve JR Smith dans le corner opposé d’une passe sèche.

On peut se demander si Tatum n’attendait pas de communiquer avec Rozier pour effectuer un « scram switch » mais cette stratégie demande une communication et une coordination parfaite. Dans le cas contraire la punition ne tarde pas :

L’exécution de Boston dans les matchs 1 et 2 fut proche de la perfection, celle dans le match 3 et 4 fut plus … problématique.

Cacher un arrière est compliqué, encore plus en playoffs où tout est une histoire de matchup. Lue a le même problème avec Love face à Horford mais aussi Korver qui s’est fait cibler comme jamais par Marcus Smart lors du match 2. Se rendant compte de la stratégie des Cavs Stevens place Rozier sur Smith en espérant que Cleveland passe à autre chose. Il n’en ait rien et c’est au tour de Smith de recevoir des écrans de James, Love ou Thompson.

Sur cette action James possède le mismatch sur Rozier. Baynes profite de la passe lobée de Smith pour crier à Rozier de changer de joueur (on l’entend facilement) sauf que Thompson le voit et coupe obligeant Horford à rester à côté de lui.

Cela ouvre une ligne de passe vers Love et pour citer un entraîneur que l’on a tous rencontré « le ballon voyage plus vite que le joueur ». Rozier a beau être rapide il ne peut pas empêcher Korver de profiter de l’extra pass.

Bis Repetita ici avec James qui essaie de jouer son mismatch au poste bas. Horford lâche Thompson pour effectuer la rotation mais Rozier est dos à lui et met un peu de temps à comprendre ce qui se passe. Comme sur la situation précédente Thompson flashe vers le cercle, James feinte la passe vers lui avant de se retrouver seul à 6 mètres.

Dire que tous ces « scram switchs » furent mal exécutés serait mentir, en réalité la deuxième mi temps fut meilleure de ce côté là notamment parce que la concentration et les rotations celtes furent mieux exécutées mais aussi parce que le plan de jeu de Cleveland allait légèrement évoluer. Se rendant compte de l’opportunité qu’une passe vers l’intérieur signifiait pour la défense adverse James allait recevoir l’écran (et non le réaliser) de sorte que Rozier se retrouve sur lui sans avoir besoin de recevoir une passe (supprimant la possibilité d’une rotation).

On l’a vu un peu plus haut quand James obtient l’avantage Boston est sans réponse et ce fut globalement le cas pendant les 42 minutes qu’il passa sur le terrain. Pour preuve sa shotchart :

Depuis le premier match (3/6 sous le cercle et 0/2 dans ce que j’appelle la zone intermédiaire, soit la raquette or demi cercle) James a fait de la peinture celte son jardin. Pour preuve quelques chiffres :

13 sur 16 dans la raquette dont 8/10 dans la zone restrictive deux statistiques qui témoignent autant du talent de James que du manque de résistance celte dans ce match 4.

Pire, sur les 3 derniers matchs LeBron James en est à 19/24 (80%) dans la zone restrictive et 7/11 (63%) dans la zone intermédiaire soit un total de 26/35 dans la raquette (74%).

L’adresse et le volume sont incroyables, encore plus face à une équipe qui a limité ses adversaires directs à 62% dans la zone restrictive et 35,9 % dans la zone intermédiaire (meilleure marque NBA).

 

 

Boston retrouve ses marques offensives

Après le naufrage du premier quart (7/26 aux tirs et 1/7 à 3 pts 103,6 ORTG) Boston allait profiter du relâchement de Cleveland pour relever la tête en réalisant trois bons quarts temps.

Sur les 36 dernières minutes du match les celtes allaient ainsi poster une évaluation offensive de 116. Pour rappel la meilleure attaque cette saison (Golden State) était à 112,3 et à 111,1 pendant les playoffs. Tout ne fut donc pas si mauvais pour Boston.

En commençant par le retour du jeu transition :

LeBron James terminera la rencontre avec 7 pertes de balle et les Cavs avec 18 soit un TOV% de 19% (11 percentile) selon Cleaning the Glass.

Ici James est tout simplement trop relâché et Smart en profite avant de ralentir habilement pour trouver Baynes en trailer (à noter qu’au moment de l’interception Thompson est au même niveau que l’australien).

« Scram Switch » de Boston entre Horford et Rozier, Love profite de la glissade de Rozier pour couper vers le cercle forçant la rotation de Morris. Rozier est suffisamment rapide pour se remettre sur ses pieds et couper la ligne de passe vers Thompson.

Derrière Hill a le jeu face à lui mais ignore Jaylen Brown qui est pourtant le premier celte a franchir la moitié du terrain lui donnant un layup.

Jeff Green dans ses œuvres avec l’une des pires passes lobées que vous aurez l’opportunité de voir. Le pin down entre Hill et James est létal depuis le début de la série (je recommande d’ailleurs le dernier article de Zach Lowe dans lequel on apprend que Cleveland score 1,14 PPP lorsque Hill pose un écran pour James avant le match 4).

Green doit simplement être patient et attendre de voir quelle réaction l’écran de Hill va susciter. Au lieu de cela il tente une passe lobée (qui ne loberait pas le mètre 75 de son ex coéquipier Isaiah Thomas) alors même que Jaylen Brown se trouve DERRIERE George Hill (LeBron est pris entre deux défenseurs). Perte de balle et Tatum prend Smith de vitesse pour finir la contre attaque.

Boston terminera la rencontre avec 32 points en 30 possessions de transition retrouvant le succès sur jeu rapide des deux premiers matchs. Dans la même veine les celtes allaient punir le retour des rotations approximatives des hommes de Tyronn Lue.

Comme Cleveland avec Rozier Boston cherche à tout prix à cibler Kevin Love et Kyle Korver ; Même si Lue a essayé de garder James sur Smart le plus possible il y a forcément des possessions où Korver va se retrouver sur l’arrière celte :

« Chest » appelé pour Tatum mais au lieu de recevoir le ballon en tête de raquette il poursuit son mouvement vers le corner opposé. Cleveland switch (inutilement) ce qui signifie que l’aide possible ne pourra venir que de Clarkson … Smart joue son pick&roll avec Horford, Korver l’oriente bien vers James mais la passe de l’arrière ne peut pas être mieux dosée.

Quand Korver ne défend pas sur Smart il possède la dure tâche de garder Jaylen Brown. Si le shooteur des Cavs réalisa une excellente première mi temps (l’une de ses meilleures sous le maillot des Cavs) en stoppant plusieurs fois Jaylen Brown le sophomore allait sortir des vestiaires avec d’autres intentions.

Cette action symbolise à merveille l’apathie des Celtics lors des 12 premières minutes.

Même situation mais cette fois dans le dernier quart :

Korver est un joueur que chaque équipe NBA aimerait compter dans ses rangs et si collectivement c’est un défenseur intelligent il reste limité physiquement, surtout à 37 ans.

Pin down de Smart pour Brown qui poursuit sa course vers un main à main avec Baynes. Brown attaque immédiatement sur sa main forte et obtient un layup.

Deux choses sautent aux yeux :

1/ Baynes « seal » à merveille Kevin Love en gardant la position préférentielle tout en ouvrant le chemin vers le cercle.

2/ Plus que d’ouvrir la main droite de Brown Korver l’oriente vers l’aide défensive de Green qui théoriquement peut le faire puisqu’il défend sur le pire shooteur sur le terrain. Green a d’ailleurs largement le temps de venir fermer la porte de ce drive. Au lieu de cela il descend sur ses appuis … et ne fait plus un geste.

Brown fut bien meilleur en deuxième mi temps en retrouvant l’agressivité et la confiance dans son jeu qui l’ont accompagné pendant sa seconde saison dans la Grande Ligue.

Cleveland ouvre la porte … Boston vendange

Si le premier quart temps pouvait laisser penser que Cleveland allait réaliser un match similaire au match 3 il ne fallut pas attendre très longtemps avant de retrouver les errements défensifs si caractéristiques de la saison des Cavaliers.

Boston semble appeler une variante de l’action « chest » pour Brown (habituellement pour Tatum). Brown reçoit un pin down de Al Horford au niveau de l’elbow avant d’enchaîner par un pick&roll avec Marcus Morris.

Korver s’attend à changer (comme depuis le début de la série) alors que James step out sur l’écran avant de rester … immobile laissant Brown seul à 3 points.

Boston ne gagne absolument rien du jeu à down entre Rozier et Horford. Hill anticipe l’écran et force Rozier à partir ligne de fond. James a les yeux sur le porteur de balle depuis le début et continue de la suivre jusqu’à tourner le dos à Marcus Morris qui s’empresse de couper et d’aller dunker.

Superbe jeu à deux entre Tatum et Horford qui débute par un main à main. La feinte de shoot du rookie attire Thompson et force le switch de Green. Horford le voit et décide de réaliser un écran sur son défenseur ouvrant ainsi la ligne de fond à son coéquipier.

Dès le main à main James a les yeux sur cette action et l’a voit se dérouler. Il est en parfaite position pour venir aider et il se déplace même légèrement vers le cercle sauf qu’il ne fait pas l’effort pour protéger le cercle. L’action en elle même est magnifique et dans le cas où James se trouve au large sur Brown il n’y a aucune aide possible.

James ne fut évidemment pas le seul à se relâcher défensivement mais comme je l’écrivais après le match 3 il donne le ton. Si son activité est contagieuse, son relâchement l’est aussi.

Simple high pick&roll entre Rozier et Morris, Love a pris l’habitude de sortir au niveau de l’écran avant de reprendre son joueur mais ici il est trop lent. Smith fait semblant de quitter Tatum mais ne peut pas le faire puisqu’il est côté fort (ne jamais aider côté ballon, sauf si son joueur est un shooteur médiocre). James reste à distance de Jaylen Brown mais ne va jamais aller au delà et Thompson suit les consignes depuis le match 3 à savoir rester attaché à Horford. Tout cela pour dire que sur l’action la plus simple du basket moderne et accessoirement troisième possession celte du match Marcus Morris n’a aucun défenseur à moins de 2 mètres de lui.

Le point positif pour Cleveland est que lors de ces deux derniers matchs les possessions où les rotations sont bonnes et précises ne sont plus surprenantes. Oui elles sont parfois bancales mais dans la majorité des cas les Cavaliers appliquent plutôt bien leur plan de jeu au point de contester 77% des shoots celtes lors du match 3 et 75% lors du match 4.

Lors de son interview au début du dernier quart temps du premier match Brad Stevens avait déclaré que ses joueurs « savaient quand ne pas aider ». Une phrase que j’aime beaucoup notamment parce que les playoffs sont une période de l’année où analyser la dangerosité d’un joueur plutôt qu’un autre peut faire basculer une série et à ce jeu Cleveland est plus qu’heureux de voir Marcus Smart, Marcus Morris et Terry Rozier prendre autant de shoots.

La raison pour laquelle je parlais en introduction de copie « moins bonne » fut l’animation offensive de Cleveland.

On a retrouvé un Cleveland tourné beaucoup trop sur la recherche de mismatch, dépendant à l’extrême de la création de James (malgré le succès de George Hill dans le match précédent, seuls Clarkson et Osman ont un USG% plus faible et ce dernier a joué 12 secondes) et dont le mouvement à l’opposé du ballon ressemblait davantage à celui du match 2 plutôt qu’à celui du match 3.

Des facteurs peuvent expliquer cela tels que le problème de faute d’un Kevin Love toujours aussi précieux offensivement mais la raison principale pourrait tout simplement être le sentiment de sécurité qui a dû s’emparer de l’équipe après un premier quart temps aussi dominant.

La deuxième mi temps fut très hachée par les fautes et Kevin Love d’un côté et Marcus Morris de l’autre durent rejoindre le banc prématurément. Obligé de changer ses rotations Tyronn Lue allait alors faire du … Tyronn Lue.

Au programme du Jeff Green en veux tu en voilà (14 minutes d’affilée entre le 3ème et le dernier quart) et une période de 5 minutes où Horford fut débarrassé de la présence de Tristan Thompson.

Cleveland avait ouvrir la porte à un retour mais la mauvaise finition près du cercle et la mauvaise sélection de tirs de Boston allaient empêcher les visiteurs de revenir à hauteur.l

Rater la bagatelle de 15 layups/dunks sur une finale de conférence est tout simplement rédhibitoire. Les adeptes de la méthode Coué ne manqueront pas de souligner le positif derrière le nombre d’opportunités que les hommes de Brad Stevens se sont créés mais en l’état c’est surtout le signe que Boston a manqué de concentration dans le dernier geste.

***

 

Brad Stevens a beau réfuter l’idée que son équipe soit moins bonne à l’extérieur qu’au TD Garden le bilan ne fait que s’alourdir. Toujours invaincu à Boston les celtes n’ont signé qu’une victoire à l’extérieur en 7 matchs et la manière est inquiétante.

Le bilan pour Cleveland est similaire dans un sens mais la chronologie le rend plus positif. Après tout ils ont le momentum avec eux et les contributions de leurs vétéran (Tristan Thompson, George Hill et Kyle Korver) sont excellentes, j’ajouterais également que Tyronn Lue semble avoir trouvé en Larry Nance Jr une solution pour faire jouer Kevin Love au poste 4 pendant tout le match. Enfin LeBron fait du LeBron.

Certes Cleveland reste Cleveland et bien malin sera celui capable de prédire leur niveau lors du prochain match mais l’aspect le plus inquiétant pour Boston est que l’efficacité de leur stratégie défensive semble appartenir à l’histoire ancienne.

La bonne nouvelle (oui il y en a) pour Boston est que 2 des 3 dernières rencontres se joueront sur leur parquet et même si Cleveland a clairement haussé son niveau les celtes ont montré toute l’année comment ils réagissait face à l’adversité. On verra si ils sont capables de le faire une fois de plus.