Dans l’histoire de la NBA, les vainqueurs restent souvent figés dans le palmarès de la ligue, comme si leur présence ne relevait non pas de leurs exploits, mais au fond de la logique des choses, d’un destin, d’une règle. Cette règle qui veut qu’en NBA, il est très difficile de gagner un titre, surtout quand son équipe ne l’a pas encore gagné (demandez aux Cavs). Mais qu’il est tout aussi difficile de simplement arriver en finale.

Dans l’histoire de la NBA, les vainqueurs restent souvent figés dans le palmarès de la ligue, comme si leur présence ne relevait non pas de leurs exploits, mais au fond de la logique des choses, d’un destin, d’une règle. Cette règle qui veut qu’en NBA, il est très difficile de gagner un titre, surtout quand son équipe ne l’a pas encore gagné (demandez aux Cavs). Mais qu’il est tout aussi difficile de simplement arriver en finale.

En 2002 les commentateurs si stupéfaits de voir les Nets de Jason Kidd gagner le titre de la conférence Est se demandaient si le monde n’était pas plat après tout. Ce genre de commentaire révèle une règle que l’on retrouve très souvent aux Etats-Unis (particulièrement en politique) : un vainqueur ne gagne rarement qu’une seule fois. Malgré les tendances au fil des années qui mettent en valeur telles équipes, puis d’autres, au final se sont souvent les mêmes que nous retrouvons chaque année pour jouer le titre. Et si ce ne sont pas les équipes, ce sont bien entendu les joueurs. Mais lorsqu’on remporte le Larry O’brien Trophy, on n’est pas toujours prêt à changer une équipe qui gagne.Or, cet article tend à vous proposer de casser les codes, puisque c’est à la mode, et de proposer l’inattendu, de refaire l’histoire, de changer le passé. Et alors, on peut s’apercevoir que nous sommes, à quelques paniers prêts, passés à côté de Finales NBA très surprenantes, qui suscitent autant le regret que l’étonnement ou la fascination.

On ne peut que spéculer, proposer, imaginer. Même si des noms familiers reviennent, considérant les époques et les saisons, il semble parfois très surprenant de les retrouver là. Voici donc 10 Finales qui n’ont jamais eu lieu, d’aujourd’hui jusqu’aux années 90 où le vécu basket à tendance à s’arrêter pour la plupart d’entre nous.

NBA Finals 2012 : San Antonio SPURS vs Boston CELTICS
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SPURS 4-3 CELTICS

On imagine une vrai qualité de jeu, un duel épique entre Garnett et Duncan, typique des années 2000, mais aussi une opposition Parker-Rondo, Pierce-Ginobili et Doc Rivers contre Popovich. Mais les Celts tombèrent sur un os nommé Lebron en manquant leur Game 6 décisif. Les Spurs trouvèrent quant à eux le moyen de perdre leur avance de 2-0 face au Thunder. Cette finale est l’une des plus difficiles à pronostiquer…mais compte tenu de la forme des Spurs en 2013 ou 2014 face à celle des Celtics, on imagine mal San Antonio rater le coche. D’autant que les Celtics n’étaient pas seulement minés par la vieillesse, mais surtout par les blessures. Il fallait aussi prendre en compte le talent de Parker qui côtoyait le top 5 du classement MVP presque toutes les semaines cette année là. On imagine un combat âpre, où l’avantage du terrain est vital, mais qui, avec de la patience, prouve la force de coach Pop et des siens sur le collectif de la dernière danse des Celtics.

NBA FINALS 2009 : Los Angeles LAKERS vs Cleveland CAVALIERS
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LAKERS 4-2 CAVS

Ce fut au final la seule vraie chance de voir un duel tant attendu entre Kobe et Lebron. Mais ce dernier, pourtant jouant à son meilleur niveau, craqua mentalement là ou Bryant mettait tout le monde d’accord sur le fait qu’il était le meilleurs. Le trio fou Howard-Turkoglu-Lewis mais aussi Courtney Lee et Rafer Alston arrêtèrent les Cavs brusquement, et les Lakers ne firent qu’une bouchée d’un Magic qui se demandait encore comment il était arrivé ici. Lebron aurait-il pu arrêter cette machine ? Pas sur. Cela semble aujourd’hui difficile à réaliser tant James est à son sommet aujourd’hui, mais en 2009, c’était bien un Kobe complet, athlétique, scoreur, passeur, rebondeur, défenseur, et son superbe groupe (avec Gasol, Bynum, Ariza, Fischer et Odom) qui était en mission, revanchards de la défaite de 2008. James avait un groupe solide et uni, mais proposait à l’arrière Mo Williams et Delonte West face à Kobe qui devenait de plus en plus jordanesque dans sa gestuelle, ça n’était donc pas à prendre au sérieux. On imagine quand même un James plus expérimenté, parvenant à limiter Bryant, mais pas suffisamment, tandis que Gasol s’impose dans la raquette. Malgré les efforts de Lebron pour emmener son équipe, l’attaque en triangle prend le dessus.

NBA FINALS 2006 : Phoenix SUNS vs Detroit PISTONS
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PISTONS 4-1 SUNS

L’opposition de style par excellence ! La meilleure défense du pays contre le Run and Gun de Mike D’Antoni et sur superbe duo explosif Nash-Stoudemire, accompagné de Boris Diaw. On peut se permettre de rêver, mais difficile de contrer la règle qui veut qu’en Playoffs, c’est bien la défense qui prend le dessus sur l’attaque, les Pistons auraient tout simplement étouffé les Suns. De l’autre côté, Nash et Stoudemire n’ont jamais été réputés pour leurs aptitudes défensives et tant Hamilton que Billups ainsi que la raquette à la Wallace monstrueuse et imposante, se seraient régalés. En 2006 les Pistons sont des vices-champions en puissance, avec 2 finales derrière eux, face à des Suns qui cherchent la rapidité là où les finals se jouent au coup par coup, sur chaque détail. Ces Suns étaient surtout sans expérience de l’événement et trop dépendant de leur adresse et du jeu en pick and roll.

NBA FINALS 2002 : Sacramento KINGS vs New Jersey NETS
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KINGS 4-2 NETS

La finale la plus difficile à pronostiquer…et de loin ! D’autant qu’on aurait pu changer là aussi le nom des deux finalistes. Avec des joueurs comme Kidd, Kittles, Martin, Mutombo, Harris et même le (très) grand Brian Scalabrine, les Nets venaient à bout des…Celtics, en finale de conférence. Et alors ? Me direz vous. Alors, Boston n’était clairement plus une place forte de la ligue depuis 12 ans à cette époque et devait en attendre 7 de plus pour le redevenir. Leur présence à ce stade, avec un leader comme Antoine Walker mais déjà aussi Paul Pierce, était à l’époque une sacrée surprise. Mais peu importe, car de l’autre côté, les choses étaient plus complexes, et plus polémiques surtout. Les Lakers passèrent les Kings sur des décisions arbitrales encore contestées aujourd’hui. Imaginons une certaine justice rendue aux Kings, et une chance offerte de succéder aux Rochester Royals dont ils étaient les héritiers. Une fois Shaq et Kobe passés, qui aurait pu se dresser sur le quatuor Divac-Webber-Turkoglu-Bibby ? En face c’est un Jason Kidd légendaire et un Kenyon Martin au sommet mais pas encore assez mature, un Mutombo vieillissant…et Brian Scalabrine.

NBA FINALS 2001 : Los Angeles LAKERS vs Milwaukee BUCKS
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LAKERS 4-0 BUCKS

Soyons honnête, c’est cette potentielle finale qui a motivé la rédaction de cet article. Quel fan de NBA serait assez idéaliste pour imaginer les Bucks dominer l’Est aujourd’hui ? Personne. Et on vous rassure, hier et avant-hier non plus. Hormis Kareem Abdul-Jabbar, personne n’a vraiment su amener les Bucks au sommet. Et pourtant, en 2001, à un match prêt, la bande de Sam Cassel, Glenn Robinson et Ray Allen y était presque. Sauf qu’en face, nous avions les deux meilleurs : Shaq et Kobe. Et nous avions surtout des Lakers avec un record en Playoffs de 12 victoires pour 0 défaite en abordant la finale. Les Bucks n’avaient pas Iverson, n’avaient pas Mutombo, n’avaient pas Larry Brown. Et ces trois atouts n’apportèrent qu’une victoire à l’arraché pour les Sixers, on voit donc très mal les Lakers en difficulté face à un adversaire comme Milwaukee.

NBA FINALS 2000 : Los Angeles LAKERS vs New York KNICKS
lakersvsnicks
LAKERS 4-1 KNICKS

Paradoxalement, voir les Pacers de Reggie en finals était inédit. Mais il faut mentionner cette potentielle finale, tout simplement parce qu’on oublie trop vite que les Knicks ne sont et n’ont jamais été une franchise de perdants, même après les années 90. Au contraire, le Madison Square Garden a manqué de peu une seconde finale d’affilée après l’exploit de 1999. Pourquoi citer cette finale ? Pour s’apercevoir de la très grande volatilité de l’Est entre la fin de l’ère Jordan et le début des règnes de Kobe, Shaq et des Spurs, et l’avènement des Pistons. New York avait l’esprit et l’envie, mais toujours rien contre les montagnes de muscles qu’on ne trouve que très rarement aujourd’hui dans les raquettes. Et si Rik Smits a su stopper Ewing, ni le grand Pat ni Larry Johnson n’auraient pu stopper Shaq. De son côté Kobe Bryant n’aurait fait qu’une bouchée de Charlie Ward et Allan Houston.

NBA FINALS 1997 : Chicago BULLS vs Houston ROCKETS
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BULLS 4-2 ROCKETS

Un grand regret pour beaucoup de gens. Parce que Jordan-Pippen-Rodman-Phil Jackson contre Olajuwo-Drexler-Barkley-Rudy Tomjanovic, ça sonne comme deux montagnes qui s’entrechoquent soudainement. On imagine le Dream faire la misère au pauvre Luc Longley, et Pippen martyriser Barkley ou Drexler au bord de leurs chaises roulantes. Malgré l’envie des Rockets et de leur cœur de champion, est-ce qu’on pense vraiment que Michael Jordan aurait pu laisser filer une telle finale ? Plus le défis est haut, plus il est fort. Jordan est immuable sur un point, il ne sait pas perdre. Par ailleurs, le collectif de Chicago était plus complet, fort de 69 victoires en saison régulière. Avec une meilleure alchimie, disposant de shooteurs habiles comme Kerr, ou de meneurs rapides comme Ron Harper, Houston devait compter sur la présence de Rodman qui pour gêner Hakeem. Malgré avoir raté les Finals de peu, cette équipe de Houston était clairement annoncée comme vieille et sur la fin.

NBA FINALS 1995 : San Antonio SPURS vs Orlando MAGIC
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MAGIC 4-3 SPURS

Le cœur du champion de Houston…et si celui-ci avait flanché ? Des Spurs avec deux intérieurs de renommée, messieurs David Robinson et…Dennis Rodman, accompagnés par exemple du bon vieux Vinny Del Negro, atteignent leurs toutes premières finals. Ces Spurs ont en face un Magic en pleine ascendance avec le One-Two punch original : O’Neal-Hardaway,entourés de shooteurs comme Nick Anderson ou Donald Royal. On a envie d’imaginer autre chose que le sweep décevant du Magic contre Olajuwon et sa bande. Et pour être honnête, on se demande si cette fois Shaq aurait laissé passer sa chance avec Penny. On se risque à un pronostic osé en déclarant le Magic vainqueur. Mais dans les deux cas de figure, la NBA des 20 années suivantes n’aurait pas été la même, pas du tout. Avec un titre au Magic, l’existence du duo Shaq-Kobe devient très hypothétique. Une victoire des Spurs en aurait fait de même en maintenant probablement Rodman dans le Texas, privant les Bulls de leur big three, et surtout en provoquant la non-sélection de Duncan quelques années plus tard, faute de top spot de draft. Ce qui équivaut à dire que si cette finale avait eu lieu, les deux meilleurs joueurs des années 2000 n’auraient peut-être jamais réussi à percer comme ils l’ont fait.

NBA FINALS 1992 : New York KNICKS vs Portland TRAIL BLAZERS
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KNICKS 4-3 BLAZERS

Fut un temps où les Blazers étaient une force de la nature, avec Kersey, Porter (Terry, pas Otto), et bien sur Clyde Drexler, sans oublier Buck et Herb Williams. Mais en face, cela aurait été une plus grosse force de la nature : les Knicks de Pat Ewing, John Starks, Charles Oakley…La défense, le collectif et surtout l’engouement du Madison Square Garden qui faisait plus office de chaudron qu’autre chose à cette époque, auraient donné un véritable avantage aux Knicks. D’un autre côté, il y avait le groupe de The Glyde qui avait envie de conclure l’affaire depuis 3 saisons. La puissance défensive des Knicks aurait mis à mal les Blazers, et cette finale aurait été d’une grande intensité, comme le fut celle de 1994. On a envie de voir des Knicks ne pas rater leur chance cette fois-ci. L’avance perdue de 2-0 par New York sur les Bulls en demi-finale de conférence Est…on imagine ce bon vieux Pat faire de son mieux pour ne pas y penser trop souvent.

NBA FINALS 1990 : Chicago BULLS vs Portland TRAIL BLAZERS
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BULLS 4-3 BLAZERS

L’histoire jordanesque pose ses principaux chapitres de 91 à 93 et de 96 à 98. Mais si elle n’a pas commencé plus tôt (se serait-elle alors achevée plus tôt ?) c’est parce qu’une bande de Bad Boys se dressait sur la route de Jordan. Imaginons donc des Bulls gagner le game 7 à Detroit en 1990. Et tout change, tout se décale, l’histoire du maître commence une année en avance. Et comme dans notre exemple précédent, c’est face aux Blazers de Clyde qu’ils se retrouvent. Detroit avait su les déjouer, on imagine les Bulls capable d’en faire de même (no hard feelings Clyde). La motivation et le talent de Jordan et de son effectif aurait sûrement pris le dessus. Cependant en face, c’est un Drexler au sommet de son art, tout comme son équipe également. Au bout d’une bataille spectaculaire, précédent un duel Magic-Jordan de 1991, le duel Drexler-Jordan aurait probablement tourné à l’avantage du second.

 

Article par Tancrède Adnot