Chez QiBasket, on a une belle troupe de fan des Knicks. Pourtant, à chaque fois qu’on parle de faire un article sur Big Apple, ça tire toujours un peu la tronche. Du coup, après une bonne partie de la saison où nous avons très peu parlé de New-York, il convenait finalement de faire un constat (à leur place).

Le truc, c’est qu’avant de me lancer dans le papier, je sens comme un gueule de bois. Pas le genre qui passe avec un doliprane. Parce qu’en premier lieu, j’ai essayé de trouver du positif histoire de nuancer le projet de la franchise, mais j’ai l’impression nauséeuse que c’est pas gagné. Comme si, qui qu’on mette à la tête du projet depuis la fin des ’90s, le résultat était toujours le même. Il faut quelque chose pour tout gâcher. L’été dernier, on a remplacé Phil Jackson, par Scott Perry. Alors on a beaucoup entendu que Jax était complètement gâteux et avait fait absolument n’importe quoi durant son passage à la tête de la franchise. Je veux bien concéder que papy avait été une véritable plaie béante à gagatiser avec son foutu triangle, qu’il avait forcé ses joueurs à adopter une tactique de jeu désuète, en imposant aux coachs à enseigner des principes dans lesquels ils ne semblaient pas croire des masses. Je veux bien également admettre avec de grands points d’exclamations qu’il avait probablement manqué sa sieste lorsqu’il a décidé de filer un contrat en or massif à un Joackim Noah, que n’importe quel fan un peu alerte savait déglingué. En même temps, passer l’essentiel de sa carrière sous coach Thibodeau ça doit faire des dégâts. En revanche, et comme je l’avais dit lors de son licenciement, le reste de ses moves étaient souvent nécessaires, parfois bien compensés. En outre, et je n’approfondirai pas, mais je vous laisse aller sur l’article en question pour mieux comprendre, ses paris, comme celui de Rose, étaient souvent sans grands risques.

L’ère Perry

Bref, quand Scott Perry débarque, on se disait « un peu de mesure ». On a une équipe jeune, il fallait bien dégager Melo quelque part, mais à part ça, on avait une base, un jeune FP en devenir (Kristaps Porzingis) et des mouvements potentiellement faisables. On savait que la franchise était en transition, et, il n’était pas essentiel de se presser. Hein ?

Bah non, et c’est là que le mal de crâne a repris de plus belle. Pourquoi fallait-il, bon Dieu, aller chercher Tim Hardaway Jr ? Lui filer plus de 17M/an ! Vous aviez un peu de marge, vous n’aviez pas le cap pour chercher du lourd, pourquoi investir tapis sur un mec qu’on sait être un joueur correct, sans plus ? Je ne sais pas vraiment comment on peut commencer son mandat par une décision pareille, mais soit les mecs n’ont pas compris que la patience peut éviter des conneries monumentales, soit James Dolan court après tout ses GMs pour les rendre complètement séniles. Sauf que Scott Perry, lui n’a pas l’excuse de l’âge et de s’endormir pendant les workouts pour voler à son secours. Bref, tu arraches à Atlanta à prix d’or un mec qu’ils auraient conservé pour 5M de moins, sans trop de soucis, et ton été est grosso modo terminé.

Alors, heureusement, tout le drama autour de Carmelo Anthony est venu à son secours, et finalement, il l’échangeait contre Enes Kanter et Doug McDermott. En voilà un move qu’il était bien. Tu récupérais un pivot connu pour créer une émulation de groupe, et une gâchette. C’était bien ça. Kanter a un contrat lourd et venait rejoindre la légion de pivots New-Yorkais, m’enfin, lui au moins peut jouer. Et l’ailier, lui, a un bon profil pour la NBA moderne. Alors évidemment, dommage que le contrat d’Hardaway Jr allait empêcher de le prolonger, mais on peut pas tout avoir chez les Knicks. Réaliser des bons échanges sans s’auto-escroquer dans les négociations, fallait pas que le peuple en attende trop.

Bon, voilà à peu près le bilan dont on peut se souvenir. Je ferai pas l’affront de parler des 4,5M par an pour Ron Baker. Donc on s’arrête.

La saison 2017-2018

S’il y a bien un truc qu’on a pu apprécier cette saison chez les Knicks, c’est le fait que le groupe ressemblait à une équipe. On savait que ça casserait pas des briques, mais on ne pouvait nier une véritable alchimie qui se dégageait de tout ça. Évidemment, on a pas tardé à lire et entendre de partout que c’était grâce au départ d’Anthony, ce poison, ce monstre, lui qui a mis toute son énergie à faire des Knicks une équipe médiocre depuis 2011.

Je reconnais volontiers que le début de saison était plaisant, l’équipe arrachait des matchs compliqués, sur le fil souvent, en perdaient également en combattant. On oubliait néanmoins volontiers qu’en fin de compte, le bilan n’était pas meilleur que celui de l’année passé à la même époque, que le calendrier des Knicks était un des plus facile de la ligue pour débuter la saison et que souvent ce genre de bons débuts limités en talent n’aboutissent pas à des miracles. Bref, aux déclarations tapageuses, à la bonne humeur affichée, à la solidarité flagrante a tout de même tranquillement succédé les défaites, les matchs médiocres, la fatigue de Porzingis et les petites vicissitudes de la saison, emportant rapidement la flagornerie ambiante de ce début d’exercice 2017.

Les Knicks sont rapidement sortis de la course aux Playoffs, puis vint la malchance. Voici qu’il y a quelques semaines que, leur futur, leur All-Star est tombé en plein match. Le genou. Saloperie. Rupture des croisés pour le Letton. Il a rejoint la longue liste de joueurs de premier ordre qui sont tombés depuis la mi-janvier. Ce n’est pas tant de voir le joueur disparaître cette année qui peine ici, la saison était déjà un long agoni en prévision. C’est de savoir que le joueur risque de peiner à s’en remettre, qu’il jettera probablement la saison suivante également, pour retrouver du rythme, et que l’avenir des Knicks est déjà mis à mal à moyen terme par ce seul évènement (bon, et la gestion catastrophique, ne le perdons pas de vue). Dans la même veine, notre frenchie, malgré l’enthousiasme qu’il avait déclenché dans le Garden grâce à sa défense sortait peu à peu des rotations. Son attaque visiblement pas suffisante pour convaincre Jeff Hornacek, lui préférant un vieux Jarrett Jack et Trey Burke.

Enfin, je terminerai par cette trade deadline. Le dernier chef d’œuvre de Scott Perry. Alors, dans un premier temps, la franchise a balancé Willy Hernangomez, l’envoyant aux Hornets contre… Jonny O’Bryant (coupé dans la foulée) et deux 2nd TDD (2020 & 2021). Je répète, 2020 et 2021. Pour un joueur qui était annoncé comme « le futur au poste de pivot » l’été dernier, et qui n’a jamais eu sa chance cette année. Le sophomore avait encore 2 ans pour pas cher, mais visiblement, il y avait urgence absolue de s’en débarrasser. Enfin, la franchise attirait un second jeune meneur en recherche de rédemption en récupérant Emmanuel Mudiay dans un échange en triangle… et laissait partir Doug Mcdermott qui semblait pourtant heureux de jouer à New-York. L’amour du maillot on se torche avec. Bon, ce second choix était probablement poussé par le fait que la franchise ne se voyait pas capable de le prolonger cet été. J’en profite pour vous rappeler, donc, qu’elle a donné 22M en cumulé l’été dernier pour Hardaway Jr & Ron Baker.

Bref, du coup, la franchise a donné un jeune prospect contre des 2nd TDD qui seront utiles dans 2 & 3 saisons, et a récupéré Mudiay aux Nuggets – qui – contrairement à Ntilikina a le mérite d’être en galère, lui, des 2 côtés du terrain. Je le savais que ça me filerait mal au crâne.

L’été 2018

Cet été la franchise arrivera sans ambitions. Comme d’habitude, en fait, sauf que la blessure de Porzingis aidera peut être la franchise à en prendre conscience. Comme je l’explique dans cet article, la NBA est dans un processus destructeur qui les a mené à n’avoir que peu de franchises avec du cap space cet été. Dans ce genre de situations, posséder de la marge sous le cap est évidemment précieux (encore plus qu’à l’accoutumée). New-York aurait pu faire parti de ces équipes, mais martelons-le tant que faire ce peut… Ils ont donné cet argent l’an passé.

En fait, elle en aura peut être, si certains joueurs déclinent leurs options joueurs : Enes Kanter, Kyle O’Quinn et Ron Baker. Le problème est que, la franchise a envoyé Hernangomez aux Hornets, et sera dont obligée de conserver au moins 1 des 2. Kanter fait tout pour se mettre le Garden dans la poche et y arrive. Résultat le garder risque de coûter (trop) cher. O’Quinn est très satisfaisant et DOIT rester. Quant à Ron Baker, il serait fou de décliner son option, cela règle donc le problème. La franchise pourrait donc posséder du cap, à réinvestir. Si les joueurs le souhaitent. Sachant que comme dit dans l’article mentionné dans le paragraphe ci-dessus, le fait que ce soit la pire année pour être agent libre, risque de refroidir la déclinaison d’option.

A moins d’un échange intelligent, l’été des Knicks s’annonce très calme. Joackim Noah apparaît comme intransférable. Courtney Lee peut intéresser des équipes, mais réussir à l’échanger dans le contexte actuel est complexe. Pour le reste, l’idéal serait de développer les jeunes. Mais Hornacek n’a pas compris que la saison était pliée. Espérons qu’on lui donne l’ordre l’an prochain.

Quant aux fans des Knicks, courage, Gainsbourg disait que la connerie était la décontraction de l’intelligence. Vous avez donc probablement des génies (en sommeil) aux manettes.