Qu’est-ce qui vous met la hype avant un match ? Qu’est-ce qui vous rend chaud comme la braise pour supporter votre équipe favorite ? Les introductions d’équipes ! Pyrotechnique, musique, mise en scène, effets de lumière, speaker déchaîné, pom-pom girls et mascotte en séquence acrobatique, tout est bon pour présenter votre starting five préféré dans une ambiance de feu et une salle remplie de fans en larme, de demandes de mariages spontanées et de proclamations de la paix dans le monde. Le but ? Proclamer à l’univers que votre équipe locale est la meilleure de tous les temps – et ça marche.

Et bien chers amis basketteurs, voici le Top 10 all time des introductions d’équipe NBA !

Ah les top 10… On ne peut pas imaginer une NBA sans top 10, et ce, depuis presque 30 ans. C’est vrai quand on y pense, combien de top 10 de la nuit, de la semaine, du mois, de la saison, de l’année, de la décennie, de telle équipe, de tel joueur, de tels playoffs ou Finals. Avouons-le, le fan NBA se shoote au top 10, il en est addict.

Et quand ce n’est pas les actions, ce sont des concepts, des talents que l’on se met à classer, en bon drogués que nous sommes : top 10 meilleurs joueur, top 10 meilleur ailier, meilleur défenseur, meilleur pivot, meilleur coach…et quand cela ne nous suffit plus encore une fois, on part encore plus loin : top 10 trashtalker, top 10 talents perdus, top 10 trades, top 10 compétiteurs.

Je vous propose donc ce classement de 10 introductions d’équipes NBA, et je tiens à vous surprendre, Jordan sera encore numéro un.

Pour ce top 10, je me base sur un équilibre entre la qualité du roster, de la mise en scène (musique, effets), l’originalité, mais aussi l’impact, la popularité et le contexte de l’introduction, toutes les conditions n’ont pas à être remplies à 100% bien évidemment.


10. Miami Heat – Vice City Edition

Ce top 10 va nous emmener dans le passé, c’est évident, mais je veux commencer par rendre un hommage spécial à la franchise floridienne et à sa dernière introduction tout juste sortie il y a quelques jours.

Depuis plusieurs années, beaucoup de fans ont été déçus des chemins pris par certaines franchises en terme d’identité visuelle, qui, quand elles ne se contentaient pas de simplement remettre les vieilles tenues au gout du jour, tentaient des innovations qui n’avaient rien à voir avec l’identité des équipes, de la ville (un exemple ? : maillots-manches-gris-rayures-Celtics, où est l’intrus selon vous ?)

Mais dans cette orgie de créativité autour de l’identité visuelle qui a su amener son lot de dérives, il y a au contraire une équipe NBA qui a absolument tout compris, et cette équipe c’est le Heat. Il faut avouer que Miami, depuis la création de sa franchise, n’a pas vraiment fait de faux-pas en terme de communication visuelle ni d’introduction. Il y eu la fameuse introduction du Big Three Wade-James-Bosh qui avait fait des déçus, mais le tir avait été rectifié assez rapidement.

Mais là, depuis l’an passé et l’arrivée de son style Miami Vice, faisant tantôt référence à la série éponyme, et même au jeu vidéo GTA Vice City (pour lequel je comptabilise un bon millier d’heures perdues de ma vie, sans regrets), le Heat enflamme les fans de toute la ligue ! Et il faut le dire : quel style, quelle classe. Et cette saison ne nous a pas laissé en reste puisque Miami s’est ajouté à ce premier renouveau visuel, un parquet et un second maillot noir, toujours plus classe. Le tout en cherchant un juste équilibre entre créativité, innovation, identité et nostalgie des années 80 et 90.

Tout cela se traduit dans l’introduction de son équipe, avec le support visuel, la mise en scène, le jeu des couleurs. Ensuite, vous avez le choix, vous êtes plus GTA Style ? Accompagnez ce vieux Tomi Vercetti dans sa voiture pour un teaser, ou bien retrouvez vos joueurs favoris dans cette ambiance groovy et illuminée de néons de la saison passée :

Mais vous pouvez aussi aimer le style plus sombre, sobre et dark de cette année, avec le retour de Phil Collins pour la chanson In the air tonight. Le fait est qu’avec cette intro d’équipe, dont pour l’instant nous n’avons que la vidéo préliminaire, le Heat réussit un superbe coup avec une identité visuelle qui aurait fait malheur dans les années 80 90 et qui, à mon sens, devrait même être l’identité tout court de l’équipe désormais :

9. Phoenix Suns – 2007-08 : BIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIG !

Cette intro est à l’image de son équipe : fun. Et les Suns de l’époque c’était ça : so much fun. On est dans une intro qui se veut sérieuse et décalée à la fois. J’inclue cette introduction pour trois raisons : d’une part, c’est exceptionnellement Cedric Ceballos qui prend le micro pour présenter le cinq, et ça fonctionne vraiment bien, ensuite, parce que chaque joueur important, et pas seulement le cinq de départ, est mis en valeur, et enfin, parce qu’il s’agit du tout premier match de Shaquille O’Neal, tout juste parti de Miami, avec les Suns. Un bon cocktail qui annonce la couleur : de la mise en scène, du bruitage, du rock, de la pyrotechnique et dans l’ensemble : du fun !

Le choix artistique nous propose un focus sur une mise en scène sur l’écran : on commence dans le désert de l’Arizona, une voix numérique annonce « Begin transmission », et soudain la musique s’élève, et dans le désert quelqu’un court avec une balle, c’est Grant Hill ! Puis plus loin dans la ville, un géant défonce les murs d’un immeuble, c’est Stoudemire ! L’enchaînement des images se lance, on voit Steve Nash jongler avec le ballon avec ses pieds comme un footballeur, rappelant sa passion pour ce sport (on regrettera le ballon numérisé…).

Chaque joueur obtient sa référence : notre Boris Diaw national apparaît à son tour, soufflant sur ses trois doigts en flamme, Leandro Barbosa, arrière petit et rapide, dribbleur fou, est représenté en Bip Bip, avant de s’enfuir hors champs encore plus vite. Sous les sons des orages, avec des éclairs sortant des doigts, Raja Bell lève lentement les bras alors que le son de cloche lui octroi deux ballons dans ses mains. Et puis arrive le monstre. Au fond musical allant crescendo, s’ajoute un cri : « Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiig » et alors, d’entre les immeubles, apparaît Shaq, tel un Godzilla, il approche et pousse un cri sauvage avant de se tourner vers le quatrième mur avec son regard décalé. Bref, c’est culte, c’est fun et ça donne envie !

Ceballos assure le show et annonce le cinq avec classe et originalité, sans excès, avec justesse, la sono jouant sur les effets d’échos pour Bell et un bruit de camion pour Shaq, évidemment pour le Big Diesel.

8. Cleveland Cavaliers 2006-07

Une intro qui semble oubliée ! Et pourtant quand il s’agit de mettre l’ambiance dans la salle, Cleveland n’a pas chômé depuis quelques années, et désolé du spoil, mais ça n’est pas la dernière fois que l’on va croiser les Cavs dans ce classement.

Nous sommes donc en 2007, et Cleveland ne fait que se rapprocher de plus en plus des cieux de la NBA depuis l’arrivée du King Lebron qui parvient à grimper au dessus de la montagne Pistons et arrive en NBA Finals pour la première fois de sa carrière. Toute la ville s’en enorgueillit et souhaite encourager ses champions de conférence Est jusqu’au bout. Mais la tache est complexe, et San Antonio, mieux équipée, domine ses Finales pour le moment en menant 2-0. Direction Cleveland pour le game 3 !

On le sait, l’équipe des Cavs de 2007 est un peu un ovni dans l’histoire des Finales, car son effectif peut laisser perplexe quant on le compare à d’autres que l’on est plus habitué à croiser à ce niveau… mais bon depuis les Finales de juin 2018 je peux mesurer un peu ce propos (…).

Mais c’est aussi la force de Cleveland à cette époque. Emmené certes par Lebron, l’effectif met en valeur des joueurs qui, sans être des superstars, ont su se mobiliser autour de leur leader. Ainsi, l’introduction ne focalise pas que sur le 5, mais bien sur tout le roster ! La voix du speaker Olivier Cedra (qui est désormais le speaker des Nets), commence par Mike Brown, dans un enthousiasme assez mesuré, sur un fond musical venu de la bande originale du film Rocky. S’enchaînent alors les présentation de David Wesley, Shannon Brown qui sera champion en 2009 et 2010, Anderson Varejao, Damon Jones, Eric Snow, finaliste malheureux en 2001, Donyell Marshall, et l’ancien King Scott Pollard.

Les lumières s’éteignent, il est temps de passer au cinq majeur, avec un mot d’ordre : « To rise« . La voix de Lebron appelle à être à la hauteur, avant que le logo des Spurs n’apparaisse sur l’écran géant, pour être découpé et fendu de l’épée des Cavaliers. Le geste noble est signé, les mousquetaires de la Q-Arena vont en découdre avec les troupes de San Antonio.

Arrive alors dans la sono « The Second Coming » de Juelz Santana alors que la mascotte des Cavs agite fièrement le drapeau de l’équipe. Les écrans balancent actions marquantes et puissantes, cris de rage et commentaires ébahis. Mais le moment est suffisamment court pour enchaîner avec puissance sur l’appel de Cedra aux fans : « Cleeeeeeevelaaaaand ! » s’écrit-il. Arrive alors le cinq : Daniel Gibson, Sacha Pavlovic, Zydrunas Ilgauskas, sous les « Zeeeeee » du public, puis Drew Gooden sous les « Dreeeeew » et alors que Cedra s’époumone dans un ultime cris de rage, il annonce l’arrivée du King Lebron, à s’en casser la voix :

7. All Star Game 2009 : Shaq on the dancefloor !

Bon celui là c’est un classique, on le connait tous. Avec le temps les introductions d’équipes All Star sont passées de simplistes à spectaculaires en l’espace d’une dizaine d’années. Petit à petit, un morceau de tribune a commencé à être investi pour non pas seulement présenter les heureux sélectionnés, mais aussi assurer le show, qui devait devenir de plus en plus spectaculaire, de plus en plus massif, à en donner parfois la nausée, comme au All Star Game de 2007 à Las Vegas.

Mais des intros de All Star game, il y en a un paquet de bonnes, alors pourquoi celle-ci plutôt qu’une autre ?

Nous sommes en 2009, et les intros des équipes All Star sont justement à la mi-chemin, en équilibre, entre la simplicité des anciennes présentations et le monumentalisme que l’on connait actuellement, en particulier un an avant le All star game de Dallas qui réunira 105 000 spectateurs ! On commence en rythme, avant de passer vers l’électro, mais surtout, avec l’arrivée du groupe le plus en vogue de l’époque sur le plateau, les Jabbawokees. Leur dance mécanique est un plaisir à l’œil, et ne font que nous rendre plus enthousiaste avec le son électronique qui s’en suit non sans entrain, alternant les mix entre electro, hip hop et rock.

Puis arrive le moment culminant, alors que l’Ouest est introduit, le héro de la soirée, pour son dernier All Star Game, arrive sur scène : Shaquille O’Neal, alors joueur des Suns, entertainer légendaire de la NBA, danseur, chanteur, ne souhaite pas ranger sa dernière apparition étoilée au rang des anecdotes. Le Shaq entre masqué, et dévoile une chorégraphie préparée en secret avec les Jabbawokees. Le reste est un plaisir pour les yeux et les oreilles.

Et le plaisir de cette introduction est aussi dans les rosters présentés, car l’on retrouve les patrons d’une NBA au sommet : Chris Bosh, Tony Parker, Chauncey Billups, Ray Allen, Brandon Roy, Joe Johnson, Paul Pierce, Pau Gasol, Dirk Nowitski, Dwyane Wade, Allen Iverson, Dwight Howard, Kevin Garnett, Lebron James, Amar’e Stoudemire, Tim Duncan, Yao Ming, Chris Paul, Kobe Bryant et bien entendu, le Shaq.

Dans une introduction de All Stars, on est dans une alchimie parfaite entre musique, lumières, icônes du basket et mise en scène. De fait, la puissance de ces présentations ne résident pas dans l’énergie du speaker, mais bien, comme dit plus haut, dans cette alchimie :

6. New York Knicks 1993-94 : Go New York Go New York Go !

Laissez moi vous faire entrer dans un monde étrange, dans lequel les Knicks sont une sacrée bonne équipe nom de dieu ! Et ils ne font rire personne en 1993-94, car la Big Apple est un mur de pierre, avec un grand chef : Patrick Ewing, qui doit accomplir son destin, à savoir, apporter le 3e titre NBA à la franchise. Et cette saison là, cet objectif est à portée de main, car New York est en Finales NBA. Et autant les plus jeunes d’entre vous connaissent surtout le Madison Square Garden comme une salle semi-vide ou la performance de l’adversaire et les stars en bord de terrain sont plus captivants que le jeu des locaux, autant à l’époque, le public new-yorkais était un véritable 6e homme absolument incapable de baisser en cris, en encouragement et en rage de vaincre, un vrai volcan !

Dans cette intro, tout est culte : l’équipe, la musique, la salle, l’ambiance, les animations lasers et les vieux visuels en 3D sur les écrans, on est so 90’s. La musique est entraînante, elle donne la pêche, elle vient du morceau « Drive » d’Eddie Kaloff et à coup de « Go New York Go ! » et de saxophone et autre mix, elle représente tout le funk des années 90 et de cette équipe légendaire.

Et pour la présenter, qui d’autre que Mike Walczewski ? Le speaker mythique du Garden depuis 1989, qui prête parfois le micro à un autre speaker depuis quelques années, sait se mettre au niveau d’intensité de l’introduction, son intonation est forte, motivée, énergique. Il sait jouer sur les syllabes des noms des joueurs, permettant à chaque membre de l’équipe d’être présenté d’une manière différente, avec une force qui lui est propre. Lui-même n’avait pas caché son émotion pendant ces Finales, et avait déclaré « this is the coolest thing ever« .

Quand au cinq de départ, que dire ? John Starks, Derek Harper, Charles Smith, Charles Oakley et Pat Ewing, Bref, il faudra une héroïque équipe de Houston pour en venir à bout.

L’anecdote personnelle : Je n’ai jamais eu la chance d’entendre la voix de Walczewski en vrai, malgré mes quelques passages au MSG, ce fut toujours son remplaçant à chaque fois, manque de bol.

5. Cleveland Cavaliers 2014-15 : There’s no place like home

Cette intro, on en a tous rêvé. Le retour, le grand moment, tant attendu, enfin arrivé : Lebron James, revenu à Cleveland, pour apporter la victoire salvatrice aux Cavs, réconcilier les fans, et emmener Cleveland vers le titre.

Après un été qui verra le King annoncer sobrement son retour à la maison, la NBA change de visage et se prépare à entrer dans l’ère Cavs-Warriors. Le moment tant attendu approche, la saison commence, et Cleveland va commencer chez elle, dans sa salle, la Q-Arena, dans laquelle Kyrie Irving excelle depuis quelques saison, hélas sans grand succès jusqu’alors.

Et bien cela va changer, car James mais aussi Kevin Love, et même Shawn Marion arrivent dans l’Ohio. L’intro commence par une animation 3D du parquet, extrêmement impressionnante, puis un montage parfait, inspiré de l’histoire récente de la NBA, du vécu des dernières années par Lebron, par les fans, par les Cavs. Et c’est la force de cette introduction : elle fait appel au ressenti de tous sur les 4 précédentes années.

Commençant doucement, la voix d’Olivier Cedra, encore lui, s’élève, raconte, explique, rappelle, ce que nous savons tous : que nous venons de tous les horizons, que nous avons tous nos parcours, tous nos chemins, mais que tous ensemble nous attendions cet instant, ce moment, où nous serions tous réunis, ensemble, ici, et pas ailleurs, parce que, comme l’explique Cedra, il y a une chose que nous savons tous, avant de s’interrompre et laisser l’apparition divine de James sur l’écran conclure : « There’s no place like home« .

Puis tout explose, la chanson « Turn down for what » de DJ Snake vous donne un bon punch dans les tympans, avant de vous mettre des bonnes images de tomars et autres alley oops dans la face, c’est jouissif, c’est puissant, et puis arrive l’annonce des joueurs, sous le superbe morceau « I’m coming home » de Diddy – Dirty money (qui servit aussi à l’arrivée de Melo à New York) dans la folie la plus totale. Chaque spectateur agite un bâton lumineux aux couleurs des locaux. Chaque élément du roster est soudain sublimé, acclamé plus fort que jamais, jusqu’au point culminant : l’annonce du numéro 23, dans une intense joie de la part de toute la salle. Cedra conclue par son habituel « Let’s make some noise for your, Clevelaaaaand Cavalieeeeeers » annonçant 4 ans de haute compétition pour les Cavs, avec un titre légendaire.

4. Los Angeles Lakers 2009-10 : Tonight, we conquer

Juin 2010, la légende de Kobe Bryant arrive à son point culminant : 7è Finales en 10 ans, un cinquième titre en vue pour compléter le threepeat 2000-2002 avec un back-to-back. Kobe arrive en Finales avec les Lakers, Pau Gasol, Derek Fischer, Lamar Odom et Phil Jackson pour une troisième année consécutive. Ce match doit être la consécration de sa carrière, car aucun joueur hormis lui et son ami Fischer, n’auront, en cas de victoire, cinq bagues au doigt dans toute la NBA (il faudra attendre 2014 et le cinquième titre de Duncan). L’instant est donc historique et quoi de mieux qu’un game 7 face à l’ennemi juré, le rival de toujours : les Boston Celtics, emmenés par Pierce, Allen, Garnett, Rondo et Doc Rivers, un choc des titans qui restent encore dans les mémoires.

Comme l’annonçait George Eddy face caméra avant ce match « Ce soir, il n’y a pas de lendemain« , sinon l’héritage d’une carrière, d’une dynastie. C’est aussi un moment important pour Phil Jackson qui peut attraper sa 11è bague en tant qu’entraîneur, sa 13è au total, ça donne un vertige monstrueux. Le contexte est d’ailleurs assez original : on est dans une revanche des NBA Finals de 2008, gagnées haut la main par les Celtics 4-2, mais ce sont bien les Lakers qui sont les champions en titre et qui doivent défendre leur couronne.

Et pour ce match décisif pour la carrière de chacun, pour l’histoire de la NBA et de ses légendes, il faut une intro digne de ce nom, et elle le sera. A cette époque, le Staples Center ne dispose pas encore de son jumbotron actuel, plus moderne, mais bien de son vieux modèle installé à la naissance de la salle, il faut donc trouver des animations originales, comme cet énorme rideau qui descend du plafond de la salle, et offre une projection à 360° d’images à la gloire de l’équipe angelenos. Il faut admettre que l’idée se distinguait, mais on remarque rapidement qu’elle n’offre pas une superbe visibilité, et aujourd’hui, ce concept ne s’est pas diffusé dans la ligue. Mais le message diffusé est clair : c’est ce soir que ça se passe. D’où le « Tonight We Conquer » : il s’agit de vaincre, de se venger de 2008 et de conquérir l’histoire.

La force de cette introduction est donc finalement dans le contexte : ces joueurs, c’est la dernière fois que nous les voyons à ce niveau : Fischer, Artest, Bynum, Gasol, portent leur maillot brodé du trophée Larry O’Brien pour la dernière fois. Mais c’est surtout la sobriété bien connue du speaker Lawrence Tanter et la mythique musique des Who, « Teenage Wasteland » qui donnent à cette introduction toute sa classe. On a récemment reproché à Tanter de ne pas annoncer Lebron avec un enthousiasme particulier, mais c’est son style d’intonation qui donne cette impression.

3. Detroit Pistons – 2003-04 : Let’s play some basketball !

Comment oublier cette intro ? On est en plein dans les années 2000 et la dynastie Lakers a enfin flanché, la voie est donc ouverte pour chasser le titre. Les prétendants ne manquent pas : Spurs, Nets, Wolves, Pacers etc. Mais une équipe qui ne parvenait plus à retrouver les sommets depuis quelques années trouve enfin la bonne alchimie : les Pistons. Avec leur coach Larry Brown qui avait échoué à donner à The Answer Allen Iverson un titre, Brown s’installe à Detroit et s’équipe d’un roster qui va marquer les esprit par son intensité défensive désormais légendaire. Chauncey Billups, Rip Hamilton, Tayshaun Prince, Ben Wallace et Rasheed Wallace, vont littéralement étouffer toutes les équipes qu’ils vont affronter. Les meilleurs attaquants de la ligue sont totalement découragés. L’équipe se hisse en Finales et en face d’eux, Shaq et Kobe vont frapper aussi fort qu’ils le peuvent, mais rien n’y fera, le mur Pistons est en béton armé.

Cette équipe, c’est l’héritière des Bad Boys de Thomas, Dumars et Laimbeer. Elle hérite aussi de son intro qui ne change pas beaucoup entre 1990 et 2004 ! Dans cette présentation, on ressent la fierté de la ville, de son héritage qui lui a donné le surnom de « Motor City« . On commence par une vidéo sur les écrans avec la chanson « Bawitdaba » de Kid Rock qui ne manque pas de donner une bonne patate au public, les images sont simples et donnent le ton : les joueurs appellent le public « It’s time Detroit« , il faut se mettre à l’ouvrage, un mur doit se construire. Tout de suite les actions s’enchaînent à l’écran, montrant des géants de l’attaque encerclés, étouffés par la défense. Le clip est rapide, direct, et se conclut par Ben Wallace frappant un grand coup de marteau sur le logo de l’équipe adverse.

Les sifflets vapeurs s’activent dans la salle, c’est la sortie d’usine ! Et alors arrive l’acteur central de cette présentation , il appelle à tous les fans de basket de la salle, du Michigan, et du monde : John Mason, qui est encore le speaker des Pistons à cette heure. Mason est LA voix qui vous rend fou du basket. Sa passion pour son équipe permettent d’introduire le roster de Detroit avec une énergie sans limite. Sous la chanson The Final Countdown du groupe Europe , les « ballers » de Detroit sont introduits dans une ambiance de folie. Quand Mike Walczewski du Madison Square Garden jouait sur les syllabes des joueurs pour singulariser leurs présentations, Mason lui, ajoute un préliminaire déjanté et un jeu sur les lettres de chaque nom. Ce n’est pas qu’un texte, c’est carrément de la chanson made in Mason qui conclue sa prestation par un « Detroit, let’s play some basketbaaaaaall ! « . La version 2008 de cette intro reste toute aussi affriolante.

2. Boston Celtics – 2007-08 : « WAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! »

L’intro d’une génération entière de fans de basket. Point. Final.

Les Celtics de Boston revivent enfin en cet été 2007, alors que le trio génial Kevin Garnett, Paul Pierce et Ray Allen se forme pour tenter de redorer le blason de la franchise qui n’a plus rien gagné depuis 1986. Et ça marche, non seulement le trio remet Boston au premier plan du basket mondial, mais des milliers de jeunes trouvent ou retrouvent une passion pour le basket avec cette équipe qui apportait une soudaine nouveauté dans une NBA dominée avant tout par San Antonio et Los Angeles depuis l’an 2000. Plus que son parcours et son effectif, Boston inspirait l’esprit d’équipe avec son « Ubuntu » qui ravivait l’unité du groupe dans le combat.

Alors il fallait bien donner à cette équipe géniale la présentation qui lui rendrait hommage. Et arriva alors cette introduction, connue de tous, aimée de tous, qui ne pouvait que donner des frissons et de l’amour aux fans dans la salle et partout ailleurs. On vibre avec cette intro, on se lâche, on fait corps avec le public.

Pourtant le style vous paraîtrait somme toute assez classique et conforme aux rituels de la NBA : vidéo prenante sur les écrans, message mobilisant, visuels d’actions, sur un fond musical épique, on souhaite montrer de la rage, de l’envie, de la passion. Mais c’est alors que la vidéo s’interrompt soudain, et après une petite seconde dans le noir complet, Kevin Garnett apparaît devant tous. Alors plus de message, plus d’action, plus de fond sonore, plus rien, juste lui, et ce cris. Un cri sauvage et déchaîné du Big Ticket qui n’exprime rien d’autre que l’envie de vaincre et de hurler sa volonté de ne jamais s’arrêter. Et alors on saisit la force du moment. Des artifices verts jaillissent des paniers et la vidéo avec la musique reprennent de plus belle.

A ce festival d’intensité, Paul Pierce apparaît à son tour, comme si le cri de ralliement de Garnett n’avait pas achevé d’assembler tous les convaincus, et s’exclame « Let me hear us !« . Réussite totale !

Cette introduction, c’est aussi une communion forte – plus forte qu’on ne le croit – avec le public de Boston, très solidaire, inconditionnellement derrière son équipe. Moi-même présent au TD Garden de Boston en 2013, j’en témoigne, j’ai vibré avec mes voisins de tribunes, et je n’ai pu m’opposer à un tel constat : le public de Boston est en or, et son introduction d’équipe a inspiré beaucoup de fans avec qui nous parlons basket aujourd’hui :

Avant le #1 que tout le monde connait, voici quelques mentions spéciales :

New York Knicks 2013, « The New York Knicks is in town« 

New York Knicks 2011, « I’m coming home » de Carmelo Anthony

Golden State Warriors 2017, The death lineup

Utah Jazz 1997 , parce que vos tympans auraient adoré…

New Orleans Hornets 2012 , Will Ferrel montre ses talents d’annonceur.

1. Chicago Bulls – 1995-96 : « From North, Carolina, at Guard, 6’6 » »

Vous vous attendiez à quoi franchement ? Bien sur qu’ils sont encore numéro un ces Bulls de 96. Parce que non seulement l’équipe est la meilleure de tous les temps, que sa performance est la meilleure de tous les temps, que son meilleur joueur est le meilleur de tous les temps et que son impact sur le basket est l’un des plus gros de tous les temps, il fallait aussi que même en dehors de l’aspect basket, ça côtoie les top du top. Et l’introduction des Chicago Bulls de 1995-96 dans leur United Center alors tout neuf, c’était tout bonnement l’introduction qui vous donne la larme à l’œil, le frisson total, ou la hype la plus forte, au choix.

Il faut savoir par ailleurs que cette introduction est la même depuis plusieurs saison à Chicago, et que son fond musical du groupe The Allan Parson Project, Eyes in the Sky de son album Sirius, sera en fait repris par nombre d’équipes de la NBA au cours des années 90 ! On peut parler par exemple des Suns ou bien du Jazz, si bien que certaines intros étaient en fait les mêmes sur le plan musical.

L’introduction commence par la prise de parole du mythique speaker Ray Clay . Les lumières s’éteignent (les Bulls seront les premiers à utiliser cette pratique en NBA) et seules les bannières de champions restent visibles, le public est en délire, l’introduction est courte, percutante, affreusement prenante, elle éveille la folie du fan, le bonheur du basket à l’état pur. Et soudain… Clay s’exprime et annonce « YOUUR CHICAGO BULLS!« .

La suite est un déroulement de légende pour les fans et un cauchemar pour l’adversaire : Scottie Pippen meilleur ailier du monde à l’époque, défenseur d’acier arrive en tête de cortège, lui suit Dennis Rodman, meilleur rebondeur de l’histoire, sous les « LUUUUC » du public arrive le géant australien Luc Longley, puis l’habile meneur Ron Harper, et enfin, le Dieu, le Maître, le meilleur, le Basket : Michael Jordan. Clay conclue en annonçant le headcoach qui n’est personne d’autre que Phil Jackson.

Le côté dingue ? Ecoutez à quel point cette introduction est aimée, en entendant le public partir en délire non pas quand l’équipe est annoncée, mais quand Clay prend le micro.