Ca y est, les finales NBA 2019 ont démarré. L’occasion pour nous de revenir sur les grands moments que nous avons déjà vécus à ce stade de la compétition. L’abécédaire qui suit s’adresse aussi bien aux connaisseurs chevronnés, qui souhaitent se replonger avec plaisir dans les moments marquants du basket américain, qu’aux petits nouveaux qui découvrent avec avidité la riche Histoire de ce sport. Vous êtes, bien entendu, encouragés à nous indiquer dans les commentaires les moments qui, à titre personnel, vous ont particulièrement marqués.


A comme … Assists

La passe décisive est une notion à définition mouvante. Elle n’est donc pas caractérisée de la même manière au Basket qu’au Football, par exemple. Ainsi, au Basket, la passes est « décisive » lorsque « le receveur n’effectue pas plus de deux dribbles avant de marquer un panier ». Inutile de préciser que notre sport a connu de multiples passeurs d’exceptions. Certains s’illustrent par leur régularité sans faille. C’est l’exemple de John Stockton qui, dès qu’il mettait un pied sur le terrain, distribuait des passes à ne plus quoi savoir en faire. D’autres brillent, et ont brillé par leur créativité. C’est notamment le cas de Jason Williams, qui a, entre autre, fait la pluie et le beau temps des Kings et du Heat au début du siècle.

Enfin, un joueur, considéré encore aujourd’hui comme le meilleur passeur de l’Histoire, parvenait avec brio à réunir régularité et créativité : Magic Johnson.

C’est donc lui qui détient le record de passes décisives distribuées au cours d’une rencontre de finales NBA. Avec 21 passes décisives effectuées dans le game 3 des finales 1984, Magic Johson contribue grandement à l’une des plus grosse raclée des finales NBA, puisque les Lakers ont balayé les Celtics sur le score de : 137 – 104.

Tout y passe : passe dans le dos, passe avec rebond, passe en pivotant. Magic Johnson a mis Gerald Henderson, meneur des Celtics de Boston, dans sa poche arrière.

A titre d’indication, le record ultime du nombre de passes décisives en une seule rencontre appartient à Scott Skiles : 30 passes décisives le 30 décembre 1990 avec le Magic d’Orlando contre les Denver Nuggets.

B comme … Bagues

Une fois un titre NBA remporté, les joueurs reçoivent la fameuse bague de champion. Manifestement, certains joueurs ont, de tout temps, eu un goût prononcé pour les bijoux. A l’inverse, certaines légendes comme Karl Malone, Patrick Ewing ou Charles Barkley, ont raccroché les sneakers sans avoir remporté le moindre titre.

Le recordman en la matière ne dispose même pas d’assez de doigts pour enfiler toutes les bagues qu’il a remportées. Bill Russell a ainsi gagné à 11 reprises le trophée Marcel Podoloff. Joueur emblématique des Boston Celtics dans les années 1960, Bill Russell a évolué treize saisons en NBA, pour onze titres remportés. Un quasi sans faute absolument incroyable, qui n’a jamais été revu depuis.

Il faut dire qu’entre 1957 et 1969, les Celtics n’ont pas fait dans la demi-mesure, se payant le luxe de ne pas remporter le titre qu’à deux reprises : en 1958 contre les St-Louis Hawks, ancêtre des Atlanta Hawks d’aujourd’hui, et en 1967 contre les Sixers de Wilt Chamberlain. A par ces deux accrocs, ce sont donc 11 titres qui ont été remportés par les Celtics. Comme un symbole, Bill Russell a fait partie de chaque campagne victorieuse.

Au classement des joueurs les plus titrés, nous retrouvons fort logiquement une armada de Celtics. Bill Russell est ainsi suivi par ses anciens coéquipiers :

  • Sam Jones : 10 bagues de champion
  • Tom Heinsohn, K.C Jones, Tom Sanders et John Havlicek : 8 bagues de champion
  • Frank Ramsey : 7 bagues de champion.

Au-delà de cette compétition interne entre joueurs de Boston, c’est Robert Horry qui est le joueur le plus bagué « hors dynastie Celtics ». 7 titres NBA pour l’ami Robert, considéré encore aujourd’hui comme l’un des joueurs les plus clutchs de tous les temps. Dites-vous que les tirs les plus décisifs sont mesurés sur une échelle … de Horry. Joueurs statistiquement moyen (7 points, 4,8 rebonds et 2 passes décisives en carrière), Robert Horry a toujours su être au bon endroit au bon moment. Il a ainsi remporté deux titres NBA avec les Houston Rockets (1994 et 1995), participé au triplé historique des Los Angeles Lakers (2000, 2001 et 2002) et glané deux dernières bagues avec les San Antonio Spurs (2005 et 2007).

Vous avez dit « Cannibale » ?

C comme … Cheville

Isiah Thomas n’est pas un joueur comme les autres. Le génial meneur des bad boys des Détroit Pistons de la fin des années 1980 était un formidable meneur d’homme. Pour partir à la guerre, rien de mieux qu’Isiah Thomas. S’il avait indéniablement de multiples qualités de basketteur, au point d’être considéré comme l’un des cinq meilleurs meneurs de tous les temps, Isiah était surtout un dur au mal.

Finale NBA 1988. Game 6. Les Pistons mènent 3 – 2 dans leur série face au Lakers. En cas de victoire dans ce sixième match, Détroit décrochera le premier titre de son Histoire. L’occasion pour les joueurs du Michigan de mettre les petits plats dans les grands et de se sacrifier sur le terrain.

Sacrifice ? C’est le genre de terme que nous n’avons pas besoin de répéter à un joueur tel qu’Isiah Thomas. Le génial meneur va sortir le match de sa vie, avec 43 points, 3 rebonds, 8 passes décisives, 6 interceptions … Pourtant, ce n’est pas pour sa ligne statistique que Thomas est rentrée dans l’Histoire.

En effet, Isiah a réussi l’exploit de scorer 25 points lors du troisième quart-temps (record en finale NBA) … en souffrant d’une entorse de la cheville droite ! Dans la vidéo ci-dessous, nous le voyons se tordre de douleur après, manifestement, avoir marché sur le pied de Michael Cooper. De quoi arrêter le lutin des Pistons ? Que nenni ! Sur une jambe, littéralement, Isiah Thomas va scorer, scorer, scorer, pour maintenir Détroit dans le match. Malheureusement en vain, puisque les Lakers vont s’imposer d’un petit point, 103 – 102.

Malgré cette défaite, c’est bel et bien la cheville droite et le courage d’Isiah Thomas qui sont inscrits dans les livres d’Histoire et sont, encore aujourd’hui, considérés comme les symboles de cette rencontre pas comme les autres.

D comme … Dynastie

Loin de moi l’idée de déballer ici mes vieilles et infimes connaissances sur les Mérovingiens, Carolingiens et autres dynasties royales de notre Histoire. Par le terme « dynastie », nous définissons ces franchises qui ont remporté plusieurs titres – d’affilés ou non – au cours d’une même période.

Le meilleur exemple reste celui des Boston Celtics des années 1960, que nous avons déjà évoqué. Onze titres en treize ans, c’est tout bonnement ce qu’on appelle la plus grande dynastie de tous les temps. Ce n’est cependant pas la seule.

La « dynastie » s’accompagne généralement d’un style de jeu qui, lorsqu’on le regarde, nous rappelle immédiatement telle ou telle période, telle ou telle équipe. Elle peut également s’accompagner d’un duo, d’un trio. Quoiqu’il en soit, la dynastie pose toujours ses fondations sur quelque chose de marquant.

Inversons la chronologie. Nous vivons actuellement une période dynastique. Et pas n’importe laquelle, celle des Warriors et du tir à trois points à outrance. Golden State dispute actuellement sa cinquième finale NBA consécutive. Une domination rarement vue sur les parquets NBA, avec un visage : celui de Stephen Curry, qui participe activement à la révolution du jeu depuis le début de la décennie. Bien-sûr, les Warriors ne peuvent pas se résumer qu’à Curry. Le roster est impressionnant, et nous n’avons peut-être jamais connu une telle réunion de talent : Klay Thompson, Kevin Durant, Draymond Green, Andre Iguodala, DeMarcus Cousins … En cas de titre en cette année 2019, les Warriors pourront rapidement prétendre au titre honorifique de la plus grande équipe qui a jamais existé.

Avant les Warriors, ce sont les Spurs de San Antonio qui trônaient tout en haut de la NBA. Avec leur trio Duncan – Parker – Ginobili, les Spurs ont remporté 5 titres depuis 1999. Le tout en proposant un jeu léché et collectif. Avons-nous déjà vu une équipe jouer aussi bien en finale NBA que les Spurs 2014 ? Le débat est lancé. En tout cas, le Heat des tres amigos, a été balayé en 2014 comme jamais il ne l’avait été. Une masterclass de taille avant de céder sa place de franchise de premier rang à Curry et ses copains.

Continuons notre retour dans le temps. Nous l’avons vu, grossièrement, les années 2010 appartiennent aux Warriors, les années 2000 aux Spurs. N’oublions pas de rappeler que les Lakers ont remporté les trois premiers titres du siècle, sur le dos d’un Shaquille O’Neal tout simplement mammouthesque.

Les années 1990, quant à elles, appartiennent indéniablement aux Chicago Bulls de Michael Jordan. Six finales, six titres, deux triplés. Un sentiment de connaitre l’issue de la saison avant même qu’elle ne soit commencée et le meilleur joueur de l’Histoire dans ses plus belles œuvres.

Les années 1980 présentent la particularité d’être partagées en deux. La dynastie des Lakers de Magic Johnson se confronte à celle des Celtics de Larry Bird. Au final, huit titres en neuf ans répartis entre ces deux franchises entre 1980 et 1988. Seuls les Sixers sont parvenus à gratter une bague entre les Celtics et les Lakers, qui se sont d’ailleurs affrontés trois fois en finales NBA durant cette période.

Enfin, la décennie 1970 présente la singularité de n’avoir connu aucune équipe véritablement dominante. C’est lors de cette période que plusieurs franchises ont décroché l’unique titre présent à leur palmarès. C’est le cas de Portland, Milwaukee, Oklahoma (Seattle) ou encore Washington. Au final, seuls les Celtics sont parvenus à décrocher plus d’un titre au cours de cette décennie, chose suffisamment rare pour le souligner.

E comme … Europe

Historiquement, la NBA est centrée autour de son propre pays, les Etats-Unis. Toutefois, depuis une petite trentaine d’années, les autres continents du globe exportent le talent de leurs joueurs pour qu’ils puissent, eux aussi, briller sous les projecteurs de la plus grande Ligue du monde. Chacun des continents, sauf exception, a d’ailleurs eu des véritables légendes en NBA. L’Afrique a eu Dikembe Mutombo. L’Asie a eu Yao Ming. L’Amérique du Nord a eu Steve Nash.

Ces joueurs ont plusieurs points communs. Ils sont, tout d’abord, membres du Hall-of-fame, reconnaissance individuelle parmi les reconnaissances. Ce sont aussi des joueurs qui n’ont pas remporté la moindre bague. Mutombo est d’ailleurs le seul a avoir disputé des finales NBA, en 2001 avec les Sixers et en 2003 avec les Nets. Cela ne les empêche pas d’être considérés comme les têtes d’affiche du basket international.

Il est un continent qui a su exporter des joueurs pleins de promesses, qui ont ensuite explosé au plus haut des niveaux. En effet, plusieurs joueurs européens ont été des joueurs importants de franchises qui étaient armées pour le titre. Citons immédiatement Toni Kukoc. Drafté en 1990, Kukoc n’a traversé l’Atlantique qu’en 1993, pour rejoindre les Bulls de Chicago. Après deux années galères, marquées par l’absence de Michael Jordan, il apportera sa contribution – non négligeable – aux trois titres consécutifs des Bulls dans la seconde moitié de la décennie. Mieux, il sera même nommé meilleur sixième homme de la saison 1995 – 1996.

Toni Kukoc et ses trois bagues pourrait être l’international le plus titré de l’Histoire. Il n’en est rien. La première place est occupée par un frenchy, dont nous reparlerons encore plus bas : Tony Parker. Nommé à quatre reprises dans les All-Nba Team, Tony Parker a également remporté quatre titres au sein de sa franchise de toujours, les San Antonio Spurs. Il composait, avec Ginobili et Duncan, un trio mythique, sur lequel la franchise s’est basée pendant quasiment vingt ans. Avec succès, donc, puisque quatre des cinq titres des Spurs ont été remportés avec les trois larrons sur les parquets.

Pourtant, lorsqu’on parle des joueurs européens qui ont brillé en finale NBA, Tony Parker n’est pas seul dans sa stratosphère. Il a néanmoins obtenu une consécration qui le place au sommet – ou presque – dans le classement des meilleurs joueurs issue du vieux continent.

Au-delà des Kukoc et Parker, d’autres européens ont tiré leur épingle dans le vaste jeu de la NBA. C’est le cas de l’espagnol Pau Gasol, immense pivot associé aux Lakers, avec lesquels il a remporté deux titres en 2009 et en 2010, aux côtés de Kobe Bryant. Certains estiment qu’il aurait même mérité de remporter un trophée de MVP des finales, notamment en 2010.

Le joueur européen ultime, celui qui figure le plus haut dans le classement des meilleurs joueurs de l’Histoire, est sans conteste Dirk Nowitzki. Véritable franchise player des Dallas Mavericks, Nowitzki est le seul européen a avoir remporté le titre de MVP et celui de MVP des finales (voir M comme … MVP des finales & N comme … Nowtizki). Puisque le grand Dirk aura une lettre dédiée dans cet abécédaire, nous n’allons pas nous attarder ici sur son cas.

Reste que son héritage – ainsi que celui de Parker – est désormais dans les mains de la nouvelle génération d’européens, celle qui afflue en masse en NBA depuis quelques années. Gageons que Giannis Antetokounmpo puisse être capable de reprendre le flambeau de ces deux légendes. Le Grec ne sera d’ailleurs pas seul, puisque l’Europe est également fièrement représentée Outre-Atlantique par les jeunes Kristaps Porzingis et Luka Doncic, véritables pépites qui auront la chance de se côtoyer l’an prochain du côté de Dallas.

Sans nul doute, si nous voulons que le drapeau européen flotte à nouveau au sommet de la NBA, ce sont sur ces quelques jeunes que nous devons fonder tous nos espoirs.

F comme … Franchises

A l’instar des joueurs, certaines franchises ont pris l’habitude de collectionner des bagues à la pelle, tandis que d’autres regardent tristement une armoire à trophée vide de chez vide. Il faut dire que les franchises n’ont pas toutes la même ancienneté. Alors que certaines existaient déjà au milieu des années 1950 (Celtics, Hawks, par exemple), d’autres n’ont été créés que récemment. C’est l’exemple du Magic, créé en 1989, ou encore des Raptors, fondés en 1995.

Ancienneté ou non, on s’aperçoit que le tableau des franchises championnes est, finalement, assez peu diversifié. Et encore, sans des années 1970 extrêmement homogènes, il y a fort à parier qu’un grand nombre de franchise serait encore fanny aujourd’hui.

Au total, 18 des 30 actuelles franchises disposent d’un trophée dans l’armoire. Soit un petit 60 %. L’hégémonie de certaines franchises (voir D comme … Dynastie) explique cette faible répartition des titres entre elles. Par ailleurs, certains titres sont tellement anciens que nous avons toutes et tous tendance à les oublier. Certaines franchises ont ainsi une réputation de perdant alors même qu’elles ont remporté un titre dans les années 1950.

Vous trouverez ci-dessous le classement des franchises les plus titrées :

  • Boston Celtics : 17 titres
  • Los Angeles Lakers : 16 titres
  • Chicago Bulls et Golden State Warriors : 6 titres. A noter que deux titres des Warriors ont été remportés sous le nom des « Philadelphie Warriors ».
  • San Antonio Spurs : 5 titres
  • Détroit Pistons, Miami Heat, Philadelphie Sixers : 3 titres. Un titre des Sixers a été remporté sous le nom des « Nationals Syracuse ».
  • Houston Rockets, New-York Knicks : 2 titres
  • Atlanta Hawks, Cleveland Cavaliers, Dallas Mavericks, Milwaukee Bucks, Portland Trailblazers, Oklahoma Thunder, Washington Wizards, Sacramento Kings : 1 titre. A noter que les Hawks ont remporté leur bague sous le nom « Saint-Louis Hawks », que le Thunder a gagné la sienne en tant que « Seattle Supersonics, les Wizards sous l’appellation « Washigton Bullets » et les Kings en tant que « Rochester Royals ».

Il reste donc douze franchises qui n’ont pas encore eu la chance d’inscrire leur nom au palmarès de la NBA. Parmi celles-ci, certaines n’ont même pas encore eu l’occasion de goûter aux finales NBA. C’est le cas des Hornets, des Clippers, des Grizzlies, des Timberwolves, des Pelicans et des Nuggets. La franchise de Denver a bel et bien connue les finales, mais ce fut celle de ABA, ligue concurrente de la NBA dans les années 1970.

Enfin, venons-en aux finalistes malheureux, ceux qui ont disputé une ou plusieurs finales NBA sans pour autant réussir à toucher le trophée Marcel Podoloff avec autre chose que les yeux. Citons dans un premier temps le Jazz de Utah, défait à deux reprises par les Chicago Bulls de Jordan en 1997 et 1998. C’est probablement la franchise qui était la mieux armée pour conquérir un titre. Les Suns de Phoenix ont également perdu deux finales (1976 et 1993), à l’instar du Magic d’Orlando (1995 et 2009) et des New-Jersey Nets (2002 et 2003). Enfin, les Pacers ont échoué aux portes du titre en 2000 contre les Lakers d’un Shaquille O’Neal bien trop fort.

Reste donc à évoquer la franchise des Toronto Raptors. L’avenir proche nous dira dans quelle catégorie classer la bande de Kawhi Leonard. Rejoindra-t-elle les Hawks et autres Bucks en remportant le premier titre de son Histoire ? Si tel est le cas, l’exploit de la franchise canadienne sera retentissant. Réponse au plus tard le 17 juin, date du potentiel game 7 entre Raptors et Warriors.

G comme … Game 7

De tout temps, la finale NBA se dispute au meilleur des sept rencontres. Ce game 7 s’assimile au cinquième set que disputent les tennismen au Grand Chelem. Au bout d’un moment, il faut bien départager définitivement les deux adversaires.

Cette septième rencontre se dispute non pas sur terrain neutre, mais bien dans la salle de la franchise qui a l’avantage du terrain. Pour déterminer laquelle des deux franchises possède cet avantage non négligeable, il suffit de comparer les bilans en saison régulière des deux équipes. Par exemple, pour ces finales NBA 2019, Toronto a terminé la saison régulière avec un bilan de 58 victoires pour 24 défaites. Golden State, de son côté, affiche un bilan de 57 victoires pour 25 défaites. Par conséquent, le potentiel game 7, que nous espérons tous, se disputera à Toronto.

Dans l’Histoires, le sort des finales NBA s’est décidé à l’issue de sept matchs à dix-neuf reprises. Soit un peu plus d’une fois tous les quatre ans (19 / 69 x 100 = 27,54% de game 7). Les statistiques nous prouvent que l’avantage du terrain est bien souvent déterminant lors des septièmes rencontres en finale NBA, puisque l’équipe visiteuse ne s’est imposée qu’à quatre reprises.

Certaines de ces rencontres ont accouché d’une toute petite souris. La pression de l’enjeu, dirons-nous. C’est le cas, par exemple, du game 7 de 1952, opposant les Minneapolis Lakers aux New-York Knicks, avec une large victoire de ces premiers : 82 – 65. D’ailleurs, le second match 7 disputé entre ces deux équipes, qui a tourné cette fois à l’avantage des Knicks, n’a pas non plus donné lieu à un match serré : 113 – 99 pour les joueurs de New-York en 1970.

Vous vous en doutez, l’idée ici est plutôt de mettre un coup de projecteur sur les game 7 haletants, ceux qui se décident dans les dernières minutes de la rencontre, voire même après prolongation. Nous avons eu l’occasion de voir, ou d’entendre parler, de certaines rencontres historiques qui ont scellé le sort d’une finale. Certaines d’entre-elles furent des matchs 7.

Citons ici rapidement le game 7 des finales 2016, dont nous forcément plus bas (voir T comme … The shot). Menés par les Warriors qui semblaient alors tout simplement invincibles, les Cavaliers de LeBron James ont renversé une tendance des plus négatives pour finalement s’imposer dans une septième rencontre d’anthologie, à l’extérieur s’il vous plait.

Il faut savoir que l’immense majorité du temps (15 fois sur 19), le score final de la rencontre est serré (moins de 10 points d’écarts). C’était le cas pour les Cavaliers en 2016, qui se sont imposés sur le score de 93 – 89. Quatre points d’écart, donc. Mieux encore, la victoire s’est jouée à une possession près à cinq reprises. Imaginez-vous ! Le sort d’une saison, parfois de toute une franchise, qui bascule sur un panier. Le summum de la tension.

Les Celtics se sont d’ailleurs spécialisés dans la victoire à l’arraché :

  • Game 7 1957 contre les St-Louis Hawks : victoire 125 – 123 après prolongation
  • Game 7 1966 contre les Los Angeles Lakers : victoire 95 – 93
  • Game 7 1969 contre les Los Angeles Lakers : victoire 108 – 106

Nous pourrions rajouter dans ce classement la victoire des Celtics de 1962, encore une fois contre les Lakers, sur le score de 110 – 107. Toutefois, impossible ici de dire que le match s’est joué à une possession près, puisque le tir à trois points n’existait pas encore à cette époque.

Parmi les scores les plus serrés, mentionnons enfin la victoire des Syracuse Nationals, ancêtre des Philadelphie Sixers, contre les Fort-Wayne Pistons en 1955, acquise sur la plus petite des marges : 92 – 91.

Au-delà des scores serrés, c’est parfois les performances de certains joueurs qui font qu’un game 7 devienne inoubliable. Nous évoquerons plus tard la performance de James Worthy en 1988, qui, par un triple-double et 36 points, permis au Lakers de remporter le titre 1988 (voir J comme … James Worthy). LeBron James a réalisé une performance similaire en 2016 (27 points, 11 rebonds, 11 passes décisives, 3 contres dont un mémorable) pour permettre aux Cavaliers de parachever leur remontada.

LeBron James est d’ailleurs celui qui a scoré le plus de points lors d’un game 7 au vingt-et-unième siècle. Avant même 2016, LeBron a eu à disputer une septième rencontre en 2013 contre les San Antonio Spurs. Résultat, 37 points et un second titre consécutif.

Avec ces 37 points, LeBron figure d’ailleurs en quatrième position des meilleurs marqueurs d’un game 7. Le podium est composé de trois joueurs différents, dont les performances respectives ont toutes été réalisées au cours d’une défaite, synonyme de perte du titre :

  • Jerry West, game 7 de 1969 : 42 points dans une défaite 108 – 106 contre les Celtics,
  • Elgin Baylor, game 7 de 1962 : 41 points dans une défaite 110 – 107, après prolongation contre les Celtics,
  • Bob Pettit, game 7 de 1957 : 39 points dans une défaite 125 – 123, après deux prolongations contre les Celtics.

Pour terminer avec une performance marquante et surtout utile dans la victoire des siens, parlons de Walt Frazier en 1970. Alors que Willis Read, blessé, ne peut disputer que le début de la rencontre, Walt Frazier va placer l’intégralité de la Grosse Pomme sur son dos, pour mener les Knicks à leur premier titre NBA, pour conclure la rencontre en 36 points et 19 rebonds.

Messieurs les Raptors et les Warriors, la balle est désormais dans votre camp !

H comme … Heat game

Ce sont parfois des joueurs qui font qu’un événement, une rencontre, un instant, passent à la postérité. Parfois, ce sont des décisions arbitrales, ou encore un coaching gagnant. Pour cette cinquième rencontre des finales 1984, exit toute intervention humaine. Si ce match est spécial, c’est en raison des conditions climatiques dans lesquelles il s’est déroulé.

Les plus anglophones d’entre vous ont d’ores et déjà compris. Cette rencontre, pourtant disputée à Boston au début du mois de Juin, s’est jouée sous une chaleur caniculaire. Habituellement, la côte Est des Etats-Unis jouit d’un climat tout à fait raisonnable, sportivement parlant. Une grosse vingtaine de degré en moyenne, de quoi pouvoir sereinement aborder un game 5 des finales NBA, qui oppose les Lakers de Magic Johnson et les Celtics de Larry Bird.

A l’heure de poser un orteil sur le parquet du Boston Garden, les équipes sont à égalité dans la série. Ce match 5 sera donc décisif en tout point. Ce que les acteurs n’avaient pas prévu, c’est qu’une chaleur absolument accablante allait s’abattre sur la ville de Boston. Il faisait pas moins de 36° dans une salle alors dépourvue de toute climatisation.

Curieusement, cette température, épuisante pour les organismes, ne se ressent pas spécialement sur le rythme de jeu déployé par les joueurs. Il y a ainsi eu globalement autant de tir que dans les autres rencontres de la série. Par contre, les images diffusées et certaines photos démontrent avec brio les difficultés de certains joueurs avec la chaleur : Kareem Abdul-Jabbar utilise un masque à oxygène à chaque temps mort. Robert Parish, marathonien parmi les marathoniens (recordman du nombre de matchs de saison régulière disputés, 1 611), se retrouve complètement paralysé par des crampes.

Il en est un pour qui le climat n’a manifestement pas constitué un obstacle : Larry Bird. Le numéro 33 des Celtics a profité de l’apathie collective pour permettre aux Celtics de prendre, pour la première fois, l’avantage dans cette série. Avoir avoir encouragé ses coéquipiers à « lui donner la balle et à se casser », Bird s’est admirablement joué de la défense Californienne pour permettre aux Celtics de signer une victoire large et bienvenue. Au final, 34 points et 17 rebonds pour Larry Legend, dont le rating de +31 (différence entre le nombre de points marqués et encaissés lorsqu’un joueur est sur le terrain) fit pencher la balance du côté des Celtics.

Quelques jours plus tard, Boston vaincra Los Angeles dans un septième match haletant, pour décrocher, déjà, son quinzième titre de champion.

I comme … Iverson (Allen)

Les finales NBA 2001 ont opposé les Los Angeles Lakers, immenses favoris, aux Philadelphie Sixers du MVP en titre, Allen Iverson. Personne ne donne chère de la peau des Sixers, dont le roster ne tient effectivement pas la comparaison avec celui des Lakers. L’issue de la finale ne sera d’ailleurs aucunement surprenante, et les Angelinos furent sacrés pour la seconde fois consécutive.

La première rencontre mérite quand même un coup de projecteur. Un lointain spectateur pourrait – à juste titre – la résumer à affrontement entre Allen Iverson et Shaquille O’Neal. Rassurez-vous, l’affrontement en question n’était pas frontal, sans quoi je n’aurai pas donné cher de la peau du brave Iverson, qui devait bien rendre 35 centimètres et 65 kilos au gros Shaq. Non, l’affrontement était purement basketballistique, et de toute beauté.

D’un côté, Shaquille O’Neal faisait un véritable chantier dans la raquette des Sixers : 44 points, 20 rebonds, le tout en se payant le luxe de rater 12 lancer-francs. De l’autre Allen Iverson virevolte dans la défense des Lakers pour répondre aux coups de boutoir des Lakers.

La rencontre se solde après prolongation, avec une victoire surprise des Sixers, sur le score de 107 – 101. La victoire des Sixers résulte principalement de la performance XXL de son franchise player. Iverson termine la rencontre avec 52 minutes jouées au compteur, et une ligne de stat bien fournie : 48 points, 5 rebonds, 6 passes décisives, 5 interceptions et une humiliation mémorable.

C’est d’ailleurs cette dernière qui illustre la rencontre à merveille. Lorsqu’on pense « game 1 des finales 2001 », on pense immanquablement à cette action, au terme de laquelle Iverson planta deux points sur la truffe du jeune Tyronn Lue. Jusqu’ici, rien de bien folichon. La suite est bien plus croustillante. Le geste d’Iverson (step-back puis tir à deux points dans le corner) a non seulement permis aux Sixers de scorer, mais il a surtout fait tomber Tyronn Lue sur les fesses.

Et ce n’est pas fini, comme dirait l’autre !

Après le step-back, voici venu le « step over ». Littéralement, « step over » se traduit par « enjamber ». C’est exactement ce qu’Iverson réalisa : il enjamba un Tyronn Lue au sol, tout en le regardant d’une hauteur infiniment plus élevée que le mètre quatre-vingt trois du lutin. Une merveille de trashtalking qui colle toujours à la peau du pauvre Tyronn Lue.

La suite fut moins rose pour les Sixers. Pourtant, Iverson score en continue : 35,6 points de moyenne sur la série. En vain, puisque les Lakers remporteront les quatre rencontres suivantes.

Cette défaite en finale n’y changera rien. S’il fallait retenir qu’une seule chose des finales 2001, ce serait sans aucun doute le « Step over » d’Iverson.

J comme … James Worthy

James Worthy fut un acteur majeur des succès des Los Angeles Lakers dans les années 1980. Hall-of-famer, sept fois All-Star, il présente également la particularité d’avoir été nommé MVP des finales alors même qu’il côtoyait Magic Johnson et Kareem Abdul-Jabbar dans son équipe.

La légende de James Worthy s’est écrite littéralement à la suite de celle d’Isiah Thomas (voir C comme … Cheville). Alors qu’Isiah Thomas avait brillé par son abnégation lors de la sixième rencontre des finales 1988, Worthy est sorti de sa boîte lors de la septième et dernière rencontre de la série.

Résumer la carrière de James Worthy a cet unique match serait bien entendu réducteur. Le bonhomme peut potentiellement être considéré comme la meilleure troisième option offensive de l’Histoire. S’il n’a pas connu que la gloire sous le maillot Purple and Gold des Lakers (c’est par exemple lui qui remet les Celtics dans le match lors du game 2 de 1984, avec une passe interceptée par Gerald Henderson), Worthy est indubitablement un joueur d’exception.

Son surnom de « big game James » s’est pourtant créé en une seule rencontre. En ce game 7 de 1988, la rencontre est serrée jusqu’à la mi-temps, au terme de laquelle Détroit menait de 5 points. Abdul-Jabbar est méconnaissable, avec 4 petits points et 3 rebonds. Le troisième quart-temps illustrera la vista et le talent de la troisième roue du carosse. Worthy a tout fait aux Pistons. Au point de claquer un triple-double assez impressionnant, en terminant la rencontre avec 36 points, 16 rebonds et 10 passes décisives à 68 % au tir.

C’est sur ses épaules que les Lakers se sont hissés pour, finalement, décrocher un titre presque inespéré et encore controversé, puisque le terrain a été envahi par les supporters angelinos alors même que la sirène finale n’avait pas retenti. Mais ça, Worthy s’en moque probablement. Depuis ce jour, il est, et sera pour l’éternité, considéré comme l’un des joueurs les plus marquants des finales NBA.

K comme … Kareem Abdul-Jabbar

Kareem Abdul-Jabbar (nous tiendrons également compte de la période où il se nommait encore Lew Alcindor) est le meilleur pivot de l’Histoire. Voilà, c’est dit. Il peut même, de manière légitime, prendre part au débat visant à consacrer le meilleur joueur de tous les temps, aux côtés de Michael Jordan et de LeBron James. C’est vous dire l’influence qu’à eu Abdul-Jabbar sur la NBA.

Le palmarès du bonhomme est long comme ticket de la FNAC : 20 saisons, 19 All-Star Game, 6 titres de champion, 6 trophées de MVP, 2 trophées de MVP des finales, scoreurs le plus prolifique de l’Histoire, créateur du geste le plus indéfendable jamais aperçu sur un parquet. Kareem Abdul-Jabbar, c’était tout ça.

Drafté en première position de la draft 1969 par les Milawaukee Bucks (les Bucks ont gagné le pile ou face qui les opposait aux Suns pour déterminer qui aurait la chance d’avoir le premier pick de la draft), l’impact de celui qui s’appelait encore Lew Alcindor est immédiat en NBA. Il faut tout de même préciser que son parcours universitaire était à la fois écrasant et prometteur. Cinq saisons du côté de UCLA, pour trois titres consécutifs (1967 à 1969) et 88 victoires en 90 rencontres. Et encore, son impact a volontairement été réduit par la NCAA, qui, devant la domination sans précédent du jeune joueur, a tout simplement interdit le dunk, arme principale d’Alcindor.

Le jeune Lew ne mettra pas longtemps pour copier/coller ses performances universitaires en NCAA. Il rejoint d’ailleurs les finales NBA dès sa saison sophomore. Associé à Oscar Robertson, Lew Alcindor ne va pas tarder à placer Milwaukee sur la carte de la NBA. En effet, en cette saison 1970 – 1971, les Bucks ne jouent que leur troisième saison au sein de la Grande Ligue. Et pourtant, c’est bel et bien la franchise de Milwaukee qui sera sacrée à l’issue de finales NBA à sens unique, remportées 4 – 0 contre Baltimore. Lew Alcindor, qui changera de nom après ce titre, a profité de ses premières finales pour démontrer, si c’était encore nécessaire, quel type de joueur il était déjà : 27 points, 18,5 rebonds de moyenne sur les quatre rencontres.

La suite de la carrière du désormais Kareem Abdul-Jabbar chez les Bucks sera moins fructueuse. Milwaukee retournera une fois en finale NBA mais échouera face aux Celtics en 1974. Âgé de 28 ans, Abdul-Jabbar décide de rejoindre la côte Ouest en signant aux Lakers à l’été 1975. Les résultats ne seront pas immédiatement probants en playoffs. A l’inverse, en saison régulière, tout roule pour le géant, tout de même élu 6 fois MVP au cours de la décennie 1970.

Il faut attendre l’arrivée du tout jeune Magic Johnson dans la franchise (sur un pile ou face) en 1979 – 1980 pour qu’Abdul-Jabbar remporte sa seconde bague. La suite sera un véritable récital. Les Lakers iront disputer 8 finales NBA entre 1980 et 1989, pour 5 titres. Après 1980, Abdul-Jabbar remporte sa troisième bague en 1982. Il court néanmoins toujours après un second trophée de MVP des finales, après celui obtenu en 1971, alors qu’il jouait encore aux Bucks. En effet, en 1980 et 1982, c’est Magic Johnson qui reçut cette distinction.

Papy Jabbar va faire de la résistance. En tout et pour tout, il disputera 1 560 rencontres de saison régulière (2ème all-time) et 237 matchs de playoffs (5ème). En 1985, alors qu’il a désormais 37 ans, il mettra à nouveau la main sur le trophée de MVP des finales, après avoir vaincu les Celtics en six rencontres. S’il saute moins haut, et prend donc moins de rebonds qu’à vingt-cinq ans, Abdul-Jabbar reste un scoreur redoutable et son skyhook, reste indéfendable.

Après deux nouveaux titres, en 1987 et 1988, et une finalement sèchement perdue en 1989 contre les Pistons d’Isiah Thomas, Kareem Abdul-Jabbar prendra sa retraite. Il est, encore aujourd’hui, celui qui a été MVP le plus souvent. Ce record-ci, il n’est d’ailleurs pas près de tomber.

L comme … LeBron James et Loosers

  • LeBron James

Il est impossible et inenvisageable de réaliser un abécédaire sur les finales NBA sans laisser à LeBron James une place de choix. Si, collectivement parlant, la décennie 2010 appartient indéniablement aux Warriors, la dynastie individuelle créée par LeBron James à cette même période dépasse l’entendement.

LeBron, c’est une capacité inhumaine à rester au haut niveau, malgré un âge qui avance. Entre 2011 et 2018, jamais une finale NBA ne s’est déroulée sans que King James ne soit sur le parquet. Il a commencé sa razzia par quatre finales consécutives sous les couleurs du Miami Heat, pour deux titres remportés en 2012 et 2013. Un moindre mal pour celui qui, lors de sa présentation aux supporters floridiens, avait déclaré :

« Nous ne sommes pas réunis ici (Lui, Wade et Bosh) pour remporter un titre. Ni deux. Ni trois. Ni quatre. Ni cinq. Ni six. Ni même sept. Et je dois vous dire que j’y crois réellement ».

Avec le recul, il s’avère que LeBron a quelque peu surestimé son palmarès. Peut-être a-t-il confondu le nombre de titre avec celui de finales consécutives. Peu importe. Après être revenu au bercail, dans sa franchise des Cleveland Cavaliers, LeBron a, de nouveau, enchainé quatre finales d’affilées, pour une victoire d’anthologie (voir E comme … Exploits) arrachée au bout du suspens contre les Warriors.

L’exploit est ici encore plus impressionnant que celui réalisé au Heat, puisque la qualité du roster de Cleveland était bien moindre que celle du grand Miami du début de la décennie. Certes, jusqu’en 2017, LeBron était épaulé par un lieutenant de choix, en la personne de Kyrie Irving. A Miami, ce rôle était alors interprété à merveille par un Dwyane Wade au sommet de son art. Après le départ d’Irving pour Boston, LeBron était seul au monde dans sa franchise de Cleveland, l’emmenant quand même, pour l’honneur, en finale pour une dernière pige.

Au total, LeBron compte trois victoires pour six défaites en finale NBA. Ce bilan, à la fois flatteur et mitigé, est souvent mis en avant dans le grand débat du meilleur joueur de tous les temps. Il est ainsi régulièrement fait remarquer que Michael Jordan, lui, n’a jamais perdu en finale. Toutefois, l’argument est à double tranchant, puisque les aficiodanos de James pourraient valablement mettre en avant le fait qu’il a atteint le stade des finales bien plus souvent que Jordan, et en étant bien plus jeune. Le débat reste ouvert.

Après avoir dominé de la tête et des épaules la conférence Est pendant quinze ans, LeBron James a désormais posé ses valises aux Lakers, dans ce qui ressemble à un dernier challenge. Reste désormais à voir si les forces d’attraction que sont les Lakers et James suffiront pour bâtir un effectif suffisamment costaud pour que le King puisse, à nouveau, remporter un titre NBA avant sa retraite.

  • Loosers

Le sport en général, et la NBA en particulier, fait la part belle à ses plus grands champions. Ces Jordan, ces LeBron, ces Magic et autre Abdul-Jabbar, qui ont éclaboussé les parquets de leur talent tout en se créant les plus belles des bijouteries. Et pourtant, d’immenses joueurs n’ont pas eu la chance d’inscrire leur nom au registre des champions NBA.

Nous ne ferons ici que citer certaines personnes, qui n’ont pas forcément leur place dans cette catégorie peu enviable de l’abécédaire. Exit donc Charles Barkley, MVP 1993 qui perdit en finale la même année avec les Suns. Exit également Reggie Miller, légende sur le palier des Pacers, qui n’a pas su mener sa franchise de toujours au sommet de la NBA.

Évoquons plutôt ici trois joueurs, dont l’intégralité de la carrière fut sillonnée par la défaite. Citons en premier lieu Karl Malone. Nous en reparlerons plus en détail ci-dessous, (voir U comme … Utah Jazz), mais Malone est un client de marque lorsqu’on en vient à parler de loose. Il a, dans un premier temps, chuté à deux reprises face aux Bulls de Jordan dans les années 1990. Ce qui, il faut bien l’avouer, est arrivé à un sacré paquet de joueurs.

Toutefois, Malone s’est collé à la superglue une image de looser incroyable en quittant le Jazz de Utah pour constituer une superteam du côté des Lakers, en rejoignant Shaquille O’Neal, Kobe Bryant et Gary Payton. Sa volonté est claire comme de l’eau de roche : remporter un titre avant de partir à la retraite. Un chasseur de bague, en quelque sorte. Avec ce pari, effectué depuis par d’autres joueurs, Malone s’est toutefois planté. Les Lakers iront effectivement en finale NBA, mais chuteront lourdement contre les Pistons des Brothers Wallace et de Chauncey Billups.

Si Malone a la défaite bien accrochée au corps, il reste un tout petit joueur comparé aux deux champions internationaux toutes catégories confondues que nous allons désormais présenter. Mesdames et Messieurs, merci d’applaudir Monsieur Patrick Ewing ! Si nous devions résumer la carrière de ce pauvre Patrick en un mot, ce serait : « presque ». Pourtant, sa jeune carrière partait sur de solides bases : titre universitaire et titre de rookie de l’année. Puis patatra. Par la suite, et pendant quinze ans, Ewing devra se contenter des places d’honneurs. Au palmarès est finalement peu enviable : deux finales NBA perdues.

La première est particulièrement amère. Alors que Jordan est parti s’essayer au Baseball, l’horizon du titre NBA s’est éclairci pour de nombreuses franchises, parmi lesquelles les Knicks d’Ewing. Ils réussiront effectivement à rallier les finales NBA, pour affronter Hakeem Olajuwon et les Rockets. Une série perdue en sept matchs par les Knicks, qui menaient pourtant 3 – 2. Une série au cours de laquelle Patrick Ewing s’est fait manger, offensivement comme défensivement, par un Hakeem Olajuwon impressionnant.

La seconde défaite, en 1999, est double. Non seulement les Knicks ont échoué dans leur tentative de rapporter une bague à la maison, mais en plus Patrick Ewing n’a pas pu fouler les parquets, la faute à une blessure malvenue.

Malheureusement pour lui, Patrick Ewing termine second même dans un classement consacré à la défaite. Car effectivement, un joueur a réussi la prouesse de perdre encore plus que lui : Elgin Baylor. Si Baylor s’est illustré dans sa carrière comme étant un top 20 des joueurs de tous les temps, l’Histoire retiendra qu’il a surtout perdu les … huit finales NBA auxquelles il a participé. Un comble pour un joueur dont les moyennes en carrières sont affolantes : 27,5 points et 13,5 rebonds.

Baylor a eu la malchance de jouer au basketball en même temps que les glorieux Celtics de Russell, Havlicek et consorts. Les Lakers avaient pourtant la faveur des pronostics certaines années, comme en 1969 où Baylor côtoyait sur le terrain deux immenses stars, avec Jerry West en Wilt Chamberlain.

Néanmoins, à l’instar de Karl Malone, c’est la dernière saison d’Elgin Baylor qui fait qu’il sera, à tout jamais, considéré comme le plus grand (beau ?) looser de tous les temps. Blessé lors de la saison 1970 – 1971, au cours de laquelle il ne disputera que deux rencontres, Elgin Baylor raccrochera les chaussures au milieu de la saison 1971 – 1972. Vous devinez la suite. A l’issue des finales NBA 1972, les Lakers décrocheront à nouveau le titre de champion NBA. S’il n’avait pas annoncé sa retraite, Baylor aurait alors eu droit à son titre et ne figurerait alors plus dans notre classement, au même titre que Jerry West (huit défaites en finale, une bague).

Ces perdants magnifiques font désormais partis, à leur manière si spécifique, des plus beaux récits de la NBA. A n’en pas douter, ils seront rejoints, dans un avenir plus ou moins proche, par de nombreuses stars de demain, qui échoueront également à garnir leur palmarès avec le titre suprême de champion NBA.

M comme … Matt Steigenga et MVP des finales

  • Matt Steigenga

La relation entre Matt Steigenga et les finales NBA n’aurait jamais dû exister. Si l’histoire de ce joueur inconnu vous est étrangère, rassurez-vous : c’est le cas, je suppose, de la majorité d’entre nous.

Excellent joueur de basket au Lycée, Steigenga sera drafté en cinquante-deuxième position de la draft 1992. Au sein de l’effectif pléthorique des Bulls de l’époque, impossible pour lui de trouver une place dans la rotation. Son destin était malheureusement graver dans le marbre : jamais Matt Steitenga ne découvrira la NBA.

Et alors qu’il était persuadé d’être tombé dans le mauvais roster au plus mauvais des moments, la roue de la bonne fortune va tourner pour le grand Matt. En fin de saison régulière 1997, alors que les Bulls croulent sous le poids des blessures de certains membres importants de l’effectif, une chance sera donnée à Steigenga pour qu’il puisse, cinq ans plus tard, effectuer le saut dans l’énorme bain de la NBA.

Au total, Matt Steigenga jouera deux rencontres, pour trois points marqués, dont un alley-oop marquant – surtout pour lui – suite à une passe de Steeve Kerr. Une seule vidéo traîne sur la toile pour condenser les actions marquantes de Steigenga sur les parquets de la Grande Ligue :

Alors que le retour de certains cadres pousse Steigenga hors de la rotation, les Bulls iront remporter un nouveau titre en 1997, offrant au joueur une bague de champion à laquelle il n’avait jamais osé rêver. Il dira même par la suite :

« J’ai une bague de plus de Charles Barkley ».

Encore et toujours, l’histoire et la gloire de Matt Steigenga reste la plus loufoque de ces trente dernières années en NBA.

Pour celles et ceux qui voudraient un exposé plus conséquent de la drôle de carrière du bonhomme, je vous invite à lire l’excellent récit de Laurent Vergne.

  • MVP des finales

Les playoffs, à l’instar de la saison régulière et du All-Star Game, possèdent, depuis 1969, leur propre Most Valuable Player. Le MVP des finales est parfois considéré comme la récompense individuelle ultime. Il est la preuve qu’un joueur a su être déterminant au moment le plus opportun : les finales. C’est souvent l’argument massue des détracteurs de Stephen Curry. Le meneur de Golden State a beau avoir trois bagues, deux titres de MVP, il n’a pour l’heure pas encore été élu MVP des finales, ce qui fait un peu tâche dans son énorme curriculum vitae.

Le groupe des MVP des finales est finalement relativement restreint. Il est pourtant composé de joueurs d’exception. En effet, ce n’est qu’à de très rares reprises qu’un « role player » a été nommé MVP des finales. Par le terme « role player », comprenez un joueur qui a généralement pour vocation d’effectuer les tâches de l’ombre, notamment défensives, et qui n’est pas forcément censé briller balle en main.

Nous retrouvons donc de la légende au centimètre carré. Sans surprise, Michael Jordan est celui qui cumule le plus de titre de MVP des finales, avec six trophées. Six finales, six titres de MVP, 100 % de réussite. Derrière lui, Magic Johnson, Shaquille O’Neal, Tim Duncan et LeBron James détiennent 3 titres de MVP des finales chacun. Soit possiblement cinq des dix meilleurs joueurs de l’Histoire, tout simplement.

Nous pourrions être tentés de dire que seuls les joueurs bagués à l’issue de la finale NBA ont été nommés MVP des finales. Autrement dit, pas de bague, pas de MVP. Ce n’est toutefois pas tout à fait vrai. En effet, le premier trophée a été remis en 1969 à Jerry West, alors joueur des Lakers. Pourtant, à l’issue de sept matchs dantesques, ce sont bel et bien les Lakers qui se sont inclinés, tandis que les Celtics remportèrent le dernier titre de la génération de Bill Russell. Cela s’explique peut être par la ligne statistique présentée par Jerry West au cours de ces sept rencontres : 37,9 points, 4,7 rebonds, 7,4 passes décisives de moyenne.

Le cas de Jerry West est cependant unique. Depuis 1970, le MVP des finales a toujours fait partie du roster de la franchise championne NBA. Mieux encore, à l’exception notable de Cédric Maxwell, qui remporta le trophée en 1981, tous les MVP des finales ont, pour l’heure, une place de choix au panthéon des joueurs, le Hall-of-fame. C’est ainsi le cas de Kareem Adbul-Jabbar, Wilt Chamberlain, Moses Malone ou encore Larry Bird. Ces légendes seront bientôt rejointes par Tim Duncan, Dwyane Wade, Dirk Nowitzki ou encore Kobe Bryant, lorsqu’ils seront éligibles.

Rappelons en effet que pour qu’un ancien joueur soit intégré au Hall-of-fame, il doit avoir pris sa retraite depuis au moins trois ans.

Terminons cette partie par quelques curiosités relatives au trophée de MVP des finales. Dans un premier temps, remarquons qu’il est phagocyté par les joueurs américains. Parmi les trente-et-un joueurs élus MVP des finales, seuls deux ne viennent pas d’Outre-Atlantique. Et cocorico, le premier d’entre-eux est Tony Parker, qui reçut la distinction suite à de très réussies finales 2007. Le second est Dirk Nowitzki, seul joueur international à cumuler le titre de MVP et celui de MVP des finales.

Ensuite, à l’instar des titres NBA, certains joueurs sont parvenus à réaliser un triplé en tant que MVP des finales. C’est le cas de Shaquille O’Neal, élu trois fois d’affilées entre 2000 et 2002. Michael Jordan, lui, a réalisé ce triplé à deux reprises, entre 1991 et 1993, puis entre 1996 et 1998. Certains sont même allés encore plus loin, en remportant la même année les trois titres de MVP mis en jeu : saison régulière, finales et All-Star Game. Le premier a avoir glané les trois trophées la même année est Willis Read en 1970. Les deux autres ? On prend les mêmes et on recommence ! Shaquille O’Neal en 2000 et Michael Jordan en 1996 et 1998.

Enfin, notons que Michael Johnson fut nommé MVP des finales … lors de sa saison rookie. Une performance peu commune, racontée ici.

N comme … Nowitzki (Dirk)

Dirk Nowitzki, c’est l’Histoire de l’Homme qui emmena tout un peuple, celui de Dallas, pour triompher de Goliath en 2011. A l’heure d’entamer les finales NBA 2011, le suspens brille par son absence. D’un côté, les grabataires de Dallas (Jason Kidd avait alors 37 ans, Peja Stojakovic 33, Shawn Marion et Dirk Nowitzki 32 …). D’un autre, les tres amigos du Heat de Miami, et son trio LeBron James, Dwyane Wade et Chris Bosh. Personne ne donne cher de la peau des Texans.

Après avoir été nommé MVP de saison régulière en 2007, Nowitzki était pourtant en mission. Celle de ramener un titre dans sa franchise de toujours, après avoir échoué en finale en 2006, déjà face au Heat d’un Wade bien trop fort (surtout aux lancer-francs).

La première rencontre des finales 2011 semble donner raison à tous les bookmakers. Le Heat domine sans jouer de manière fabuleuse. La seconde rencontre semble partir sur les mêmes bases. Alors qu’il restait 6 minutes à jouer, les Mavericks sont menés de 15 points. Alors que ça commençait réellement à sentir le roussi, l’Amiral Nowitzki sonna la révolte. La première remontada date bien de 2011. En six minutes, les Mavericks parviennent à recoller au score : 93 – 93. Dix secondes à jouer, balle à Nowitzki, qui joue Chris Bosh en isolation. Paf pouf, Dirk prend le meilleur sur son vis-à-vis pour venir planter le lay-up de la gagne.

La suite de ces finales n’aura rien d’un long fleuve tranquille. La « remontada Acte II » fut loupée de peu lors d’une troisième rencontre remportée au finish par le Heat. Le quatrième match de Nowitzki est un calvaire, joué avec 39° de fièvre et une adresse au tir pour le moins mitigée.

Néanmoins, ce sont bien les papys qui remporteront le titre le plus surprenant de la décennie, voire même de tous les temps. A l’issue d’une victoire remportée sur le parquet de Miami au game 6, avec quatre paniers de Nowitzki dans le dernier quart-temps, Dallas file tout droit vers l’unique titre de sa jeune Histoire.

L’occasion pour Dirk Nowitzki de soulever deux trophées : celui de MVP des finales et celui de champion NBA. Et, par la même occasion, de réaliser une ligne statistique affolante sur l’intégralité des playoffs : 28,1 points, 8 rebonds, 2,6 passes décisives à 46 % au tir, 48 % à trois points et 94 % aux lancers.

Alors que Nowitzki vient tout juste d’annoncer sa retraite, tout Dallas attend désormais que sa jeunesse européenne, Doncic et Pozingis en tête de gondole, viennent lui procurer autant d’émotions que cette campagne 2011. Autant dire que la barre a été placée haute, très haute.

O comme … Olajuwon (Hakeem) et O’Neal (Shaquille)

Après Kareem Abdul-Jabbar, il est désormais plus que temps de parler de deux autres pivots, qui trouvent également leur place dans le top 5 des meilleurs poste 5 de l’Histoire. Et alors que les mensurations d’Abdul-Jabbar étaient déjà impressionnantes, avec 2m18 et 102 kilos, celles d’Olajuwon et d’O’Neal sont extra-terrestres. 4m29 et 262 kilos à eux deux. Deux braves bêtes dont le physique n’était clairement pas le seul atout.

En effet, les deux pachydermes des raquettes se déplaçaient non seulement à une vitesse hallucinante pour leur gabarit, mais disposait surtout d’un bagage technique supérieur à la moyenne. Cumulez une puissance physique inarrêtable avec des pieds de danseuse et des mains de couturière et vous aurez devant vous les meilleurs pivots.

Le destin des deux larrons s’est d’ailleurs croisé. Alors qu’Olajuwon début en NBA en 1984, sélectionné en tant que premier pick devant Michael Jordan, le gros Shaq fait son entrée fracassante dans la Grande Ligue en 1992, lui aussi terminant premier choix de draft. Les deux eurent une ascension expresse, au point de disputer très rapidement leur première finale NBA.

A côté de Ralph Sampson, Olajuwon constituait les « tours jumelles » de Houston et découvre le dernier stade des playoffs dès sa saison sophomore. Il est toutefois déjà totalement intégré dans le grand bain de la NBA, lui qui étrenne déjà deux étoiles de All-Star et des statistiques de quasi MVP : 23,5 points, 11,5 rebonds, 2 passes, 2 interceptions et 3,5 contres de moyenne pour le grand Hakeem. Malheureusement pour lui, les Rockets seront balayés comme des feuilles en finales NBA par les Celtics d’un Larry Bird en mission reconquête.

Ce n’est que partie remise, se dit-on alors dans les travées de la NBA. Impossible de voir Olajuwon rejoindre le clan des monstres sans bague. Et pourtant, inlassablement, les Rockets se casseront les dents au sein de la conférence Ouest, laquelle était alors dominée par les Lakers de Magic Johnson et de Kareem Abdul-Jabbar. De 1987 à 1993, les Rockets ne dépasseront plus les demi-finales de conférence.

Entre temps, en 1992, un drôle de bébé a fait son apparition du côté d’Orlando. Si c’est possible, les débuts de Shaquille O’Neal en NBA sont encore plus fracassants que ceux d’Olajuwon. Rien ne l’arrête, ni les défenseurs adverses, ni les tactiques des coachs, ni même les paniers, qu’il fracasse de temps en temps.

Olajuwon profita du départ de Michael Jordan à la retraite pour – enfin – passer une bague autour de son annulaire en 1994, en disposant des Knicks en sept rencontres (voir G comme … Game 7). Du seul point de vue individuel, la saison 1993 – 1994 d’Olajuwon est historique : MVP, MVP des finales et défenseur de l’année. De leur côté, Shaquille O’Neal et son compère, le meneur Anfernee « Penny » Hardaway commencent à martyriser la conférence Est. La jeunesse des deux joueurs (Penny Hardaway a alors 23 ans en 1995, Shaquille O’Neal seulement 22) et leur talent illimité fait alors peur à l’ensemble des autres franchises, qui se donnent pour objectif de vite rafler un dernier titre avant qu’Orlando connaisse sa propre dynastie.

Ce qui devait arriver arriva. En finale NBA 1995, les Houston Rockets, pourtant 6ème de la conférence Ouest à l’issue de la saison régulière, retrouvent le Magic d’Orlando en finale NBA. Deux des trois meilleurs pivots de l’époque (avec David Robinson, MVP en 1995) vont donc devoir faire le chantier dans les raquettes pour mener leur franchise vers le titre.

Avant d’évoquer le duel entre les deux hommes, revenons simplement quelques jours en arrière, en finale de conférence. Vexé comme un pou de n’avoir terminé que cinquième du vote de MVP, Olajuwon se fait un devoir d’exterminer David Robinson sur chacune des six rencontres de la série. Au final, 35,3 points et 12,5 rebonds de moyenne et, surtout, une masterpiece incroyable lors du game 5 : 42 points, 9 rebonds, 8 passes décisives et 5 contres à 60% au tir. Pour couronner le tout, Olajuwon s’est permis d’enrumer Robinson pour les quinze hivers à venir, par un geste entré depuis dans la légende : le dreem shake.

Revenons à la finale NBA 1995. Orlando découvre les finales NBA tandis que Houston espère réaliser un doublé. Ironiquement, tout va se jouer sur la première rencontre. A la mi-temps, Orlando mène de 11 points. La franchise floridienne va ensuite complètement craquer au retour des vestiaires (37 – 19 dans le troisième quart-temps) avant d’arracher in extremis les prolongations. Au cours de celles-ci, le Magic va mener de trois points à dix secondes de la fin de la rencontre. Moment choisi par Nick Anderson, pourtant shooter plus de correct, de rater … quatre lancer-francs consécutifs.

A force de jouer avec le feu, on finit immanquablement par se brûler. Le Magic a laissé passer sa chance, et Olajuwon, d’une petite claquette, scellera la victoire des siens 120 – 118. Plus jamais le Magic ne sera en mesure de remporter une rencontre, et la finale se soldera sur un sweep sec.

Et pourtant, face au vétéran Olajuwon, Shaq fait mieux que se défendre. Les vérifications n’ont pas été faites, mais rares doivent être les joueurs qui affichent une meilleure ligne statistique que lui pour des premières finales NBA : 28 points et 12,5 rebonds à plus de 60 % au tir ! Sauf qu’en face, imperturbable au trashtalking du gros Shaq, Olajuwon était encore plus dominant et n’a, au final, laissé que des miettes à son cadet : 32,7 points et 11,5 rebonds à 49 % au tir.

Ce sera la seule confrontation entre les deux géants en finales de conférence. Ce sera d’ailleurs la seconde et dernière bague d’Olajuwon, qui en profite par la même occasion pour remporter un second titre de MVP des finales. Shaquille O’Neal, de son côté, partira du côté des Lakers pour remporter trois bagues consécutives et trois titres de MVP des finales.

Aujourd’hui encore, les débats font rares. Lequel des deux était le plus fort ? Le plus dominant ? Hakeem Olajuwon par sa technique ? Shaquille O’Neal par sa bestialité inarrêtable ? A vous de nous le dire !

P comme … Phil Jackson

Nous avons jusqu’alors présenté Bill Russell comme étant le pape de la bague NBA. Il faut dire qu’avec onze titres en treize saisons, le bonhomme s’est constitué un palmarès enviable. Et pourtant, il en est un qui, à sa manière, s’impose comme le personnage le plus bagué que la NBA ait connu. Cette personne répond au doux nom de Phil Jackson.

Jackson a commencé son périple NBA en tant que joueur. Sélectionné en dix-septième position de la draft 1967, il a majoritairement évolué sous les couleurs des Knicks, avant de traverser le pont de Brooklyn pour terminer sa carrière du côté des Nets. Joueur moyen, Jackson est néanmoins titulaire jusqu’en 1977. Évoluant au poste d’ailier-fort, il foulait les terrains au côté des Willis Read et autre Walt Frazier, légendes des Knicks de New-York.

La première pierre de la légende de Phil Jackson se déroule en 1973, finale remportée par les Knicks. Première bague pour Philou, sa seule en tant que joueur. Puisqu’effectivement, Jackson va avoir la brillante idée de rapidement devenir entraîneur une fois sa retraite sportive annoncée. Il a même eu le rôle d’assistant coach lors de ses deux dernières saisons sur les parquets.

Phil Jackson devint coach principal pour la première fois au début de la saison 1989 – 1990, du côté de l’Illinois. Il pose donc ses baluchons chez les Bulls, et dispose donc sous ses ordres de certains joueurs pas mauvais du tout : Jordan, Pippen, Grant, pour ne citer qu’eux.

Véritable gestionnaire des égos de chacun, la « méthode Jackson » ne va pas tarder à prendre, et à donner de bluffants résultats. C’est vite vu, Phil Jackson est de toutes les bagues de la décennie 1990, ou presque. Il est celui qui mène les Bulls vers leurs six titres (1991 à 1993, 1996 à 1998). Après une année blanche en 1998, il s’engage du côté des Lakers en 1999 et dirige l’équipe de Shaquille O’Neal et Kobe Bryant, qui remportera également trois titres consécutifs (2000 à 2002). En résumé, en douze années de coaching, Phil Jackson a remporté neuf titres. Cela lui fait donc dix bagues, si l’on ajoute celle glanée en 1973 en tant que joueur.

Gourmand comme pas deux, Phil Jackson ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Après une longue période de disette, Phil Jackson gouttera à nouveau aux joies du sacre, à deux reprises en 2009 et 2010, portant définitivement son total de bagues à 12. Inutile de préciser que le bonhomme n’a clairement plus de place sur sa cheminée pour entreposer ses titres et autres distinctions.

Si nous devions apporter un bémol à la carrière grandiose de Phil Jackson, nous évoquerions sa retraite, prise en 2011 après la terrible élimination de ses Lakers en demi-finale de conférence, écrasés par les Mavericks lancés droit vers le titre (4 – 0 en demi-finale).

Sortie ratée ou non, Phil Jackson restera longtemps encore un acteur majeur de la NBA, qu’il a connu de sa draft en 1967 à sa retraite en 2011, soit un heureux mariage de 34 ans. Il figure d’ailleurs toujours dans le classement des meilleurs entraîneurs de l’Histoire, aux côtés des Greg Popovich et des Pat Riley.

Q comme … Quadruple-double

Commençons par un instant tableau noir : nous parlons de quadruple-double lorsqu’un joueur atteint au moins dix unités dans quatre catégories statistiques différentes (points, rebonds, passes décisives, interceptions et contres). Dans l’Histoire, nous recensons quatre quadruple-doubles :

  • Nate Thurmond en 1974 : 22 points, 14 rebonds, 13 passes décisives et 12 contres,
  • Alvin Robertson en 1986 : 20 points, 11 rebonds, 10 passes décisives et 10 interceptions,
  • Hakeem Olajuwon en 1990 : 18 points, 16 rebonds, 10 passes décisives et 11 contres,
  • David Robinson en 1994 : 34 points, 10 rebonds, 10 passes décisives et 10 contres.

Disons-le tout de suite, aucune de ces performances n’a été réalisée en finale NBA. Ni même en playoffs. Toutefois, un joueur était à deux doigts – ou deux contres – d’entrer au panthéon des quadruple-doubles en finale NBA. Il s’agit de Tim Duncan, légende absolue des San Antonio Spurs et meilleur ailier-fort de tous les temps.

15 juin 2003, les Spurs ont la possibilité de plier leur série de finale, puisqu’ils mènent 3 – 2 contre les New Jersey Nets de Jason Kidd. David Robinson (qui, rappelons-le, fait partie des rares joueurs qui ont réalisé un quadruple-double) le sait, sa retraite approche à grand pas. Il la prendra à l’issue de cette saison 2003, avec, il l’espère, un second titre dans sa besace. Celui-ci tombera tout cuit dans ses énormes mains, déposé par la performance absolument lunaire de son jeune coéquipier, Tim Duncan.

Timmy le laconique va massacrer les Nets, et noircir la feuille de match comme personne ne l’avait fait avant lui en finale NBA. Résultat, 21 points, 20 rebonds, 10 passes décisives et … 8 contres. Dans une rencontre soldée sur le score de 88 – 77, nous imaginons facilement l’apport de Duncan dans la victoire des siens.

Et encore. Certains estiment que Duncan a réellement réalisé un quadruple-double, mais que deux contres n’ont pas été comptabilisés par la table de marque. Que ce soit véridique ou non, l’Histoire retiendra que la performance de Duncan est tout simplement légendaire.

R comme … Ray Allen

Si je vous disais : « citez moi le plus gros tir de l’Histoire des finales NBA », vous serez 50 % à me répondre en cœur : « RAY ALLEN ! ». Ami Spurs, fermez les yeux, puisqu’il est venu pour nous le temps des cathédrales de parler de Ray Allen, sniper parmi les snipers.

Lorsqu’on évoque la carrière d’Allen, deux choses reviennent en permanence, un peu comme Sissi L’impératrice à la période de Noël. Ceux qui ne sont pas spécialement intéressés par la culture de l’instant parleront de la capacité de Ray Allen de dégainer à trois points. En attendant que Stephen Curry vienne le supplanter, celui que l’on surnomme « Jésus », cela ne s’invente pas, reste celui qui a planté le plus de paniers longue distance : 2 973 banderilles à 40 % de réussite. Mais puisque cette statistique concerne la saison régulière, nous n’allons pas nous y attarder plus que nécessaire.

Ceux qui, à l’inverse, restent bloqués sur certains moments mémorables de la balle orange américaine vous parleront automatiquement d’une seule action. Nous l’avons dit en préambule, il est tout à fait probable que Ray Allen ait planté le panier le plus décisif de l’Histoire. Tout simplement.

Cette action héroïque se déroule alors que Jésus est en fin de carrière et évolue sous le maillot du Heat de Miami. Afin de préserver un minimum de suspens, revenons tout d’abord sur la première expérience de Ray Allen en finale NBA. Parce que oui, Monsieur le paie le luxe d’effectuer plusieurs piges dans les strates les plus hautes des playoffs.

Après avoir fait les belles heures de Milwaukee, franchise au sein de laquelle il a effectué ses débuts en NBA, Ray Allen est devenu le véritable franchise player des Seattle Supersonics, aïeul de l’actuel Oklahoma Thunder. Pourtant, alors que ses statistiques montent en flèche d’année en année, lui valant dix sélections au All-Star Game, la réussite de Ray Allen en playoffs est … quasiment néante. Au palmarès, une finale de conférence en 2001 avec les Bucks, et une demi-finale en 2005 avec Seattle.

Il fallut attendre son transfert du côté de Boston, en 2007, pour que Ray Allen puisse sortir vainqueur de sa conférence et donc, de ce fait, découvrir les finales NBA. Il est alors membre d’un trio salvateur, également composé de Kevin Garnett et de Paul Pierce. Dès la première saison de ce trio, Boston termine premier de la conférence Est avec 66 victoires. On pense alors que les Celtics vont exploser la conférence Est. Que nenni, que nenni. Rien ne sera simple pour la franchise Verte, qui aura besoin de sept rencontres pour passer le premier tour et les demi-finales de conférence.

En finale, Boston affronte Los Angeles. Comment aurait-il pu en être autrement ? Et tandis que Paul Pierce deviendra MVP des finales, Ray Allen décrochera sa première bague.

La suite ? Une défaite en finale en 2010 … contre les Lakers venus réaliser un back-to-back. Puis plus rien jusqu’aux playoffs 2013. Ray Allen a alors 37 ans et on sent que la fin est bien plus proche que le début. Néanmoins, Allen est alors la quatrième roue de la berline du Heat. Derrière les tres amigos, Ray Allen a l’opportunité unique de décrocher une seconde bague avant de jouir d’une retraite méritée.

Et pourtant, lors des finales opposant Miami à San Antonio, rien ne va plus. Les Spurs mènent 3 – 2 de cette série. Pire encore plus les floridiens, sont menés de trois points à 20 secondes de la sirène. Balle à LeBron James, qui va balancer une saucisse sur l’arceau. Néanmoins, Chris Bosh s’arrache au rebond et trouve Ray Allen dans le corner. Jésus recule de trois pas et dégaine derrière l’arc. Ficelle. 95 – 95. Le Heat reste en vie et l’action est mémorable.

Les Spurs ne se remettront jamais de ce coup de poignard de Ray Allen. Ils perdront le match 6 en prolongation avant de s’effondrer lors du game 7. Ce panier éclipse toute la carrière de Ray Allen, qui est pourtant bien conséquente. C’est dire si ces trois points ont marqué chaque supporter de Basket.

Le 18 juin 1940, le Général de Gaulle appelle les français à la résistance face à l’envahisseur nazi. Le 18 juin 2013, Ray Allen sonne la révolte floridienne face à l’adversaire Texan. Alors certes, les deux actions n’ont pas le même poids dans l’Histoire récente. Mais la seconde, qu’est-ce qu’elle est belle !

S comme … Scoring

Le saviez-vous ? Le Basketball est un sport d’adresse. Dès lors, nombreux sont les cultes voués aux artistes les plus adroits de la balle orange. De tous temps, des joueurs furent capables de scorer inlassablement pour mener leur franchise respective vers les sommets, voire au sommet. J’imagine que, comme moi, vous avez quelques noms qui viennent fleurir dans votre esprit fertile.

Commençons par celui que tout le monde connait : Michael Jordan, joueur qui affiche la meilleure moyenne de points par match de l’Histoire, avec 30,12. C’est d’ailleurs lui qui détient le record du nombre de points inscrits dans une rencontre de playoffs, avec 63 points scorés sur la tête hagarde des Celtics le 20 avril 1986. Après avoir disputé 18 rencontres de saisons régulières, Jordan et ses Bulls affrontent les Celtics de Larry Bird au premier tour des playoffs. Au final, un sweep et une qualification des Celtics, lancés sur l’autoroute du titre NBA.

Pourtant, cette seconde rencontre, remportée par Boston sur le score de 135 – 131 est marquée par la classe d’un Michael Jordan encore très jeune : 63 points à 53 % au tir et 19/21 aux lancer-francs. Un record encore inégalé de nos jours. Le mot de la fin appartient – comme souvent – à Larry Bird :

« C’était Dieu déguisé en Michael Jordan ».

Ce Michael Jordan incandescent a donc établi un nouveau record de points marqués en playoffs. Avant lui, ledit record appartenait à un autre joueur, que nous avons d’ores et déjà évoqué dans cet abécédaire : Elgin Baylor. S’il a eu la fâcheuse tendance de perdre ses huit finales, Elgin Baylor n’en était pas moins un joueur offensivement effrayant.

Ainsi, lors du game 5 des finales de 1962, il y a donc cinquante-sept ans, Baylor établi ce qui est toujours la marque de référence en matière de points marqués en finale NBA. Ni plus ni moins. Face aux hégémoniques Celtics de Bill Russell, Elgin Baylor a fait plier Boston à lui tout seul, en marquant près de la moitié des … 126 points de sa franchise. Avec 48 minutes de jeu au compteur (il ignorait manifestement le concept du « repos »), Baylor va sortir une ligne statistique d’un autre temps : 61 points et 22 rebonds. Bien épaulé par un Jerry West néanmoins assez maladroit, Baylor permet à la franchise Hollywoodienne de prendre les commandes de cette finale, en menant désormais 3 – 2. Comme vous le savez désormais, la balle de match ne sera jamais convertie et le titre ira, une fois encore, se loger dans la vitrine du Massachusetts.

La performance de Baylor est à souligner. Pour commencer, c’est le seul joueur a avoir atteint et dépassé la barre des 60 points lors un match de finale NBA. Ce qu’il faut savoir, c’est que rares sont les joueurs à avoir scorés au moins 50 points à ce stade de la compétition. Baylor mis à part, nous recensons cinq autres joueurs :

  • LeBron James : 51 points lors du game 1 des finales 2018,
  • Michael Jordan : 55 points lors du game 4 des finales 1993,
  • Jerry West : 53 points lors du game 1 des finales 1969,
  • Rick Barry : 55 points lors du game 3 des finales 1967,
  • Bob Pettit : 50 points lors du game 6 des finales 1958.

On se rend rapidement compte que la majorité de ces performances date d’une autre époque, celle ou certains joueurs marquaient 40 points et prenait 40 rebonds. Au vingt-et-unième siècle, seul LeBron James a donc réussi à marquer au moins 50 points en finale NBA.

En attendant Stephen Curry, Kawhi Leonard ou Kevin Durant en 2019 ?

T comme … The shot

Si je vous disais : « citez moi le plus gros tir de l’Histoire des finales NBA », vous serez 50 % à me répondre en cœur : « Kyrie Irving ! ». Amis Warriors, fermez les yeux, puisqu’il est venu pour nous le temps des cathédrales de parler de « The Shot », celui qui cloua le cercueil de Golden State lors du septième match des finales de 2016.

Pour faire preuve d’un semblant d’exhaustivité, il convient de présenter le contexte de cette septième rencontre avant même de parler de ce tir qui nous concerne ici. En 2016, les Golden State Warriors volent au-dessus de la concurrence, tel Zeus au-dessus de l’Olympe. Ils sortent de la meilleure saison régulière de toute l’Histoire, avec 73 victoires en 82 matchs. Stephen Curry vient d’être élu MVP à l’unanimité, chose qui n’avait encore jamais été vue.

Cependant, alors même que la machine des Warriors semblait invincible, les playoffs ont démontré que leur domination pouvait être contestée. Un match perdu au premier tour, une rencontre laissée en demi-finale de conférence. Pire, Golden State est mené 3 – 1 en finale de conférence par le Thunder de Durant et Westbrook. Nous y reviendront, mais mener 3 – 1 dans ces playoffs 2016 n’était pas forcément bon présage. Ainsi, en remportant les trois rencontres suivantes, les Warriors se sont frayés un chemin jusqu’en finale NBA. Mais que ce fut dur.

Les Cavaliers, de leur côté, ont vécu une saison 2015 – 2016 assez tranquille. Le duo LeBron James – Kyrie Irving, bien épaulé par Kevin Love, évolue à un niveau suffisant pour dominer une conférence Est plus fébrile que sa voisine occidentale. Certes, les deux joueurs monopolisent la gonfle (60,9 % d’utilisation de la balle à eux d’eux), mais ils sont très clairement les armes offensives privilégiées des Cavaliers.

A l’inverse des Warriors, les Cav’s arrivent en finale NBA sûrs de leurs forces et après avoir sweepé leurs adversaires lors des deux premiers tours. Seul bémol côté Cleveland : le bilan en saison régulière face à Golden State, qui est de deux défaites en autant de rencontres, dont une raclée monumentale concédée à domicile : 98 – 132.

Toutefois, à l’heure d’entamer les finales NBA, nul doute que les bilans en saison régulière ne figurent pas dans l’esprit des acteurs. Les deux premières rencontres sont une copie conforme des rencontres précédentes entre les deux franchises. Les Warriors mènent déjà 2 – 0, sans avoir jamais tremblé du menton, ni du poignet. Golden State mènera même 3 – 1. Aucun match n’a alors été serré (22,25 points d’écart en moyenne).

Ce qu’il faut savoir, c’est que jamais, Ô grand jamais, une franchise menée 3 – 1 en finale NBA a fini par remporter le titre. Les carottes semblaient être archi-cuites côté Cleveland. Et pourtant, ce qui devait arriver arriva.

Cleveland remporte les games 5 et 6, toujours avec une facilité déconcertante. Le game 7 se joue à l’Oracle Arena de Golden State. Au milieu du troisième quart-temps, les Warriors ont une avance confortable et le titre ne semble plus pouvoir leur échapper. Draymond Green est absolument partout, des deux côtés du terrain.

Petit à petit, Cleveland rattrape son retard. Alors que le chronomètre entre dans sa dernière minute, les deux équipes sont à égalité : 89 partout. Balle à Kyrie Irving. Le numéro 2 des Cav’s joue une isolation sur Stephen Curry, pas franchement réputé pour être un défenseur d’élite. 54 secondes au compteur : Irving effectue un side-step (pas sur le côté) et dégaine à trois-points. Culotté, pour celui qui tourne à 32 % derrière l’arc depuis le début de la saison.

La balle ne touchera même pas l’arceau. Nous n’entendons que le « SWISH » du filet. Irving vient de rentrer ce qui peut éventuellement être considéré comme le plus gros tir d’un game 7 de finale NBA. 92 – 89, Cleveland tient son exploit.

Ce que la mémoire collective tend à oublier, c’est qu’il reste encore du temps à Golden State pour égaliser, voire même repasser devant au score. Il n’en sera finalement rien. Par ce tir, Irving a définitivement assomer Golden State et ses incroyables compétiteurs. Du coup, 53 secondes plus tard, lorsque la sirène annonce à grand fracas la fin de la rencontre – de la série -, c’est bien les joueurs de Cleveland qui lèvent les mains au ciel. Ils viennent de remporter le premier titre de l’Histoire de la franchise.

Mieux : ils viennent de faire chuter des Warriors que tout le monde donnait favoris. Un exploit retentissant, comme la NBA n’en avait alors jamais vu.

U comme … Utah Jazz

Le Jazz est une franchise mythique de la NBA. Nous avons eu l’occasion d’en parler ci-dessus (voir F comme … Franchise), jamais Utah n’est parvenu à inscrire son nom dans le livre des vainqueurs de la NBA. Alors que la franchise est reste sur une logique défaite au premier tour des playoffs 2019 contre les Rockets de James Harden, elle fut, parfois, capable de se hisser jusqu’en finale NBA.

Je vous parle ici d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas avoir vu en direct. Dans les années 1990, le Jazz était une équipe crainte, à juste titre. Elle possédait alors en son sein un duo mythique, composé du meneur John Stockton et de l’ailier-fort Karl Malone. Au premier regard, tout oppose les deux joueurs. L’un semble plutôt bâti pour l’équitation que pour le basket, tandis que l’autre est une véritable armoire à glace. Au final, deux choses rassemblent Stockton et Malone. Deux points communs.

Les surnoms, dans un premier temps. Alors que le meneur est surnommé « le comptable », en raison de son physique frêle et de sa capacité à aligner les chiffres sur la feuille de match, Karl Malone est évoqué en tant que « facteur ». Malone avait en effet la facheuse tendance – pour ses adversaires – de terminer sa rencontre en 25 points, 10 rebonds. Inlassablement et jusqu’à ses 40 ans. Ce qui a fait dire à certains que le « 25/10 » de Malone était aussi attendu que l’arrivée du facteur. C’est-à-dire : tous les jours.

Au-delà des surnoms, c’est le talent qui réunissait les deux larrons sur un terrain. Stockton était un passeur hors pair, de loin le plus prolifique que la NBA ait connu. Karl Malone, quant à lui, est le second scoreur le plus prolifique de l’Histoire. C’est aussi le MVP le plus âgé de tous les temps, lui qui reçut cette distinction en 1997 et en 1999, alors âgé de 36 ans.

Mené par son innarêtable duo, le Jazz va se hisser en finale NBA à deux reprises, en 1997 et en 1998. Par deux fois, ils se sont heurtés aux Bulls de Jordan, Pippen et Rodman. Si tirer des plans sur la comète ne l’a jamais faite décoller, nous pouvons néanmoins affirmer que Utah était probablement la franchise la mieux armée pour enfin faire tomber Michael Jordan en finale.

De ces finales, il ne reste cependant plus grand chose. Deux défaites similaires pour le Jazz, sur le score de 4 – 2. Deux éléments des finales 1998 peuvent néanmoins être mis en avant. Dans un premier temps, mettons en avant une statistique offensive incroyable. Lors de la troisième rencontre, alors que les deux franchises se sont neutralisées lors des deux premiers matchs, la série se déplace dans l’Illinois. Si les Bulls vont faire respecter leur statut de favori, la manière est tout bonnement remarquable.

En effet, au cours de cette rencontre, le Jazz a scoré … 54 points. A titre de comparaison, les Sixers ont récemment marqué 51 points en un quart-temps, lors des playoffs 2019. Karl Malone a pourtant fait honneur à son surnom, avec 22 points. Le reste des titulaires ? 5 + 6 + 2 + 2 = 15 points. Du jamais vu à ce niveau de compétition.

Rappelons ensuite que le titre de 1998 est remporté par les Bulls suite à un panier de Michael Jordan. Non, pas un panier. Le panier. L’une des actions les plus mémorables de l’Histoire de la Grande Ligue. Les deux derniers points de Jordan sous les couleurs des Bulls, qui ont enterré les espoirs du Jazz de disputer un game 7.

Après avoir réalisé une interception décisive dans les mains du gros Karl Malone, Michael Jordan s’élève dans les airs du Delta Center pour crucifier Utah.

Surnommé a posteriori « The Last Shot », ce panier tire le rideau de la cultissime carrière de Michael Jordan sous le maillot des Bulls. Jordan prendra une seconde retraite, de laquelle il sortira à nouveau pour tâter ses derniers ballons sous le maillot bleu des Washington Wizards.

V comme … Varejao (Anderson)

Anderson Varejao, où l’art d’être au mauvais endroit au mauvais moment. Bien entendu, dis comme ça, nous avons l’impression qu’il est arrivé une catastrophe au bonhomme. Rassurez-vous, il n’en est rien.

Le nom d’Anderson Varejao ne vous dit peut-être pas grand chose. puisque le joueur a disparu des radars depuis quelques années. Il a tout de même disputé 627 rencontres et sa saison 2012 – 2013 a été une grande réussite, puisqu’elle fut terminée avec un très gros double-double de moyenne : 14,1 points et 14,4 rebonds (dont 5,5 rebonds offensifs) à 48 % au tir.

Brésilien de son état, Varejao aurait pu, si son sens du timing avait été plus développé, entrer dans la petite caste des internationaux multi-bagués. Il n’en est finalement rien, le bonhomme ayant perdu … les trois finales qu’il a disputées.

Pivot très apprécié des fans du côté de Cleveland, Varejao intègre la NBA en 2004, après avoir remporté l’Euroligue en 2003 avec Barcelone. Il évoluera douze saisons dans l’Ohio, tout d’abord en tant que remplaçant, puis en tant que titulaire à partir de 2009.

La première finale perdue par le gaillard est celle de 2007. Les Cavaliers de LeBron James sont balayés sans difficulté par les Spurs de l’excellent Tony Parker. Le score de la série est sans appel, et Cleveland termine sa saison la tête basse, mais semble prendre rendez-vous pour l’avenir. Celui-ci s’est clairement obscurci lorsque James a décidé d’exporter son talent unique du côté de Miami en 2010. Il a donc fallu attendre le retour de l’enfant prodige pour que Cleveland – et Varejao – atteigne une nouvelle fois les finales NBA.

Le stade de la compétition est atteint en 2015 et les Cavaliers affrontent les Warriors, qui s’apprêtent à lancer une nouvelle dynastie. Cleveland mènera 2 – 1 et LeBron James survolera les débats. Varejao, blessé, se contente de suivre la défaite des siens depuis les tribunes. Les Warriors s’imposeront en six manches. Encore raté pour le Tahiti Bob brésilien.

L’année suivante, la chance semble enfin sourire à Varejao. A la mi-février, il est tradé du côté de la baie de San Francisco. Au-revoir Cleveland, bonjour Golden State. Il dispute une grosse vingtaine de rencontres de saison régulière aux côtés de ces invincibles Warriors. Cette fois-ci, il participe aux playoffs, en tant que remplaçant d’Andrew Bogut. C’est fois c’est certain : à 33 ans, Anderson Varejao va forcément remporter le premier titre de sa carrière. Par ce biais, il rejoindra Emmanuel Ginobili, légende argentine des Spurs, au palmarès des sud-américains qui ont été champions NBA.

Et là … C’est le drame. Alors qu’il espérait faire la nique à ses anciens coéquipiers, Varejao assiste, impuissant, à la chevauchée fantastique des Cavaliers, qui finiront par remporter le titre. Encore raté pour le brésilien, dont la fin de carrière approche à grand pas.

Et pourtant, à la surprise générale, les Warriors le conserve pour une dernière saison, la 2016 – 2017. A la fin de la saison, ce sont bien Curry, Thompson, Green et Durant qui soulèvent le trophée Marcel Podoloff. Pourtant, pas d’Anderson Varejao à la remise des bagues. Malheureusement pour lui, alors qu’il n’était qu’un intermittent sur le parquet (14 rencontres sur 50), Varejao sera coupé par les Warriors avant la fin de la saison régulière. Il n’a donc pas fait partie du collectif qui remportera le titre. Décidément, quand ça ne veut pas …

L’Histoire sportive de Varejao s’arrête ici, après avoir quitté l’effectif de Golden State en milieu de saison. Son histoire humaine avec la franchise de la baie se poursuivra encore un petit peu. Nous l’avons dit, Varejao a toujours été apprécié au sein des vestiaires qu’il a fréquentés. Résultat des courses, les joueurs ont décidé de lui offrir « une bague honorifique » après la campagne victorieuse de 2017.

Anderson Varejao ne sera jamais champion NBA. Mais il possède une bague, qu’il considère, à titre personnel : « bien plus importante qu’un titre, puisqu’elle symbolise le temps que j’ai passé là-bas, à Golden State ». Malgré sa carrière qui possède un goût inachevé, Anderson Varejao est un homme heureux. Et ça, cela vaut certainement plus qu’un titre NBA.

W comme … Wade (Dwyane)

Si vous deviez faire votre classement des meilleurs arrières de l’Histoire, je n’ai aucun doute sur le nom qui sortira de votre bouche en premier. A ce sujet, Michael Jordan semble faire l’objet d’un consensus international. Le second devrait être, en toute logique, Kobe Bryant. Et là, c’est le drame. Il vous reste la terrible tâche de départager Jerry West, Allen Iverson, Clyde Drexler et … Dwyane Wade.

Parce qu’effectivement, Wade est de la trempe de toutes ces légendes. Mieux : Dwyane Wade est une légende. Les hommages qu’il a reçus tout au long de la saison 2018 – 2019 l’ont d’ailleurs prouvé. Désormais retraité, Wade pourra jeter un coup d’œil à sa carrière sans avoir à rougir.

Drafté en 2003 en cinquième position par le Heat, Wade ne mettra pas longtemps pour s’imposer comme le meilleur joueur de sa franchise. Alors que le Heat restait sur deux saisons moribondes, Wade, tel un magicien, va faire apparaître les playoffs. Elimination en demi-finale de conférence pour sa première saison, en finale de conférence pour sa saison sophomore.

Arrive alors la saison 2005 – 2006, au cours de laquelle le Heat va découvrir les finales NBA pour la première fois de sa courte Histoire. Il faut dire que le roster de Miami est alors pléthorique : Jason Williams et Gary Payton à la mène, Dwyane Wade à l’arrière, et Shaquille O’Neal – encore lui ! – pour occuper le poste de pivot. La conférence Est est avalée sans coup férir, et ce sont les Mavericks d’un Dirk Nowitzki encore jeune qui se présentent face au Heat en finale.

Dallas dispose de l’avantage du terrain et profite des deux matchs à domicile pour immédiatement prendre une option à la victoire finale. Alors mené 2 -0, le Heat n’a plus d’autre choix que d’hausser son niveau de jeu. Manifestement, Pat Riley, coach de Miami, n’a pas eu à le répéter. Comme un grand, alors qu’il n’avait alors que 24 ans, Wade va rouler sur Dallas, et tout le Texas. Miami va remporter les quatre rencontres suivantes et décrocher son premier titre. Sur les quatre victoires Dwyane Wade présente un bilan individuel fort sympathique : 39,3 points, 8,3 rebonds, 3,5 passes décisives à 50 % au tir et 44,5 minutes de jeu de moyenne. Il fallait bien ça pour faire plier les valeureux Mavericks.

Si elle s’était arrêtée ici, la carrière de Wade aurait été des plus satisfaisantes. A 24 ans, Wade était champion et MVP des finales. Individuellement, son niveau ne cessera de croître jusqu’en 2010, date à laquelle il sera rejoint en Floride par deux de ses copains de promotion, LeBron James et Chris Bosh. Le big-three est effrayant et se frayera un chemin jusqu’aux finales NBA quatre années de suite.

Alors même que LeBron James est, sans contestation possible, le meilleur joueur de cette équipe, l’emprise de Wade est telle que tout le monde à l’impression que le Heat lui appartient. Un peu à l’instar de ce qui existe aujourd’hui du côté des Warriors. L’équipe est celle de Curry quand bien même tout le monde s’accorde pour dire que Kevin Durant en est le meilleur joueur.

Une fois le départ de LeBron acté, en 2015, Wade et le Heat ne connaitront plus jamais les joies des finales NBA. Dwyane Wade rangera les chaussures au placard au printemps 2019. Tous les observateurs se souviendront de lui comme l’un des joueurs incontournables du début du siècle et comme, soyons fous, le troisième ou quatrième meilleur arrière de tous les temps. Avec sa retraite, c’est un énorme pan de l’Histoire du Heat qui se tourne, en attendant, espérons-le pour eux, qu’un jeune puisse venir prendre sa relève. La tâche sera des plus ardues, c’est certain.

X comme XVI juin 1996

Oui, c’est tiré par les cheveux. Accordez-moi tout de même le fait qu’il est difficile de raconter quelque chose de pertinent avec un mot qui commence par la lettre « X ».

Parlons alors de ce 16 juin 1996. Les Bulls de Michael Jordan jouent un game 6 décisif contre les Supersonics du duo Payton-Kemp. En cas de victoire, Chicago soulèvera son quatrième trophée de la décennie. Michael Jordan aura, lui, définitivement réussi son retour, lui qui refoule les parquets après un an et demi de retraite.

Les Bulls sortent de la meilleure saison régulière jamais jouée, avec 72 victoires pour 10 petites défaites. Record pour l’époque, battu d’un cheveu par les Warriors de 2016. Toutefois, à l’inverse des joueurs de Golden State, les Bulls vont ponctuer cette saison régulière d’anthologie par une bague de champion.

La série contre les Supersonics semblait être terminée alors qu’elle venait à peine de commencer. Au bout de trois rencontres, Chicago caracole en tête avec une assurance déprimante. Trois victoires, dont deux branlées. Cependant, alors que le sweep ne semblait plus très loin, les joueurs de Seattle vont faire preuve d’un courage admirable pour remporter les game 4 et 5, tous deux disputés à domicile.

La sixième rencontre est donc à double tranchant. Elle peut d’un côté consacrer les Bulls, soit, de l’autre, permettre aux Sonics de rester en vie en se donnant le droit de jouer un game 7.

Au final, la rencontre sera presque anecdotique. Nous évoquions plus haut le fait que, parfois, ce ne sont pas les joueurs qui rendaient un match célèbre. Cette fois-ci, pas de température étouffante. Pas d’arbitre corrompu aveugle. Juste une date : le 16 juin.

Permettez-moi un rapide retour en arrière : le 23 juillet 1993, James R. Jordan, père de Michael, est assassiné par deux jeunes hommes sur une aire d’autoroute. Le choc est immense pour le joueur, bien entendu. Il prendra sa première retraite en 1994, pour évoluer en ligue mineure de Baseball, au sein de la franchise préférée de son paternel.

Retournons dans le présent, et à ce sixième match des finales 1996. Comme prévu, les Bulls remporteront le match et le titre. Alors que tous les joueurs sautent de joie, se congratulent, Michael Jordan s’écroule sur le parquet, en larme. Le 16 juin 1996, les Chicago Bulls remportèrent le quatrième titre de leur Histoire. Mais au-delà, le 16 juin 1996 est aussi le jour de la fête des pères. Un moment forcément particulier pour Michael Jordan, dont les larmes en mondiovision émurent la planète entière. Jordan l’imbattable est terrassé par le chagrin, pour ce qui reste le moment le plus émouvant de l’Histoire des finales NBA.

Y comme … York (New)

New-York, de par sa taille, sa population, son attrait et sa popularité internationale, a toujours été une franchise à part. Les Knicks sont ce que nous pouvons appeler « un gros marché ». Les Knicks figurent chaque année au sommet du classement du très sérieux magazine Forbes, qui dévoile les franchises les plus riches du pays.

Forcément, une telle franchise se doit d’avoir une Histoire étroite avec le titre NBA. Elle se doit d’avoir des légendes, et d’avoir vécu des moments fabuleux. C’est effectivement le cas.

Les Knicks ont tout connu depuis leur création en 1946. La franchise est aujourd’hui en pleine reconstruction et connait des saisons douloureuses, que ce soit visuellement ou en termes de résultats. Il n’en a pas toujours été ainsi.

En effet, dès la création de la NBA, en 1949 (auparavant, la Ligue se nommait la « BAA »), les Knicks constituent l’une des places fortes. Bien entendu, la basket n’avait rien à voir avec ce qu’il est aujourd’hui, et seule une grosse dizaine de franchises s’affrontaient pour le titre. Titre que New-York a frôlé une paire de fois au début des années 1950, avec trois défaites consécutives en finale NBA entre 1951 et 1953.

Après ces trois finales perdues ? Rien. Ou presque rien. Les Knicks ne connaîtront plus l’adrénaline des finales jusqu’en 1970. Alors emmenée par deux joueurs impressionnants, Willis Reed et Walt Frazier, les Knicks retrouvent les Lakers pour la quatrième finale NBA de leur Histoire. La série est globalement serrée, mais c’est bien New-York qui mènera 3 – 2. Seulement, au cours de cette rencontre, Willis Read, pivot emblématique des Knicks, se blesse. Il ne disputera pas le game 6, laissant Wilt Chamberlain exploser la raquette de New-York : 45 points et 27 rebonds pour le grand Wilt.

Alors qu’un septième match se profile, tout le monde estime que les Knicks n’auront aucune chance se Reed n’effectue pas son retour. Ce qui n’est d’ailleurs pas prévu. Comment espérer remporter une rencontre alors que Chamberlain peut tout à fait claquer à nouveau la cinquantaine de points ? En réalisant un exploit, effectivement.

Puisque oui, les Knicks vont décrocher leur première bague. Cette victoire inespérée fut, bien entendu, remportée sur le terrain, mais a surtout été gagnée au mental. Grâce à un supplément d’âme apporté par un joueur pourtant blessé : Willis Reed.

Alors qu’il n’était absolument pas censé jouer, Reed entre sur le terrain, provocant au passage le plus grand brouhaha que la Madison Square Garden ait connu dans sa riche Histoire. La présence de Willis Reed sur le parquet est un coup de massue sur le casque des Lakers. Il ne marquera pourtant que quatre points. Les quatre premiers de la rencontre, ceux qui ont lancé New-York vers son exploit.

Si ce game 7 de 1970 est connu comme étant le « Willis Reed Game », force est de constater que c’est l’autre leader du groupe, Walt Frazier, qui saura mener les siens vers la victoire. 36 points et 19 rebonds à 70 % au tir et 100 % au lancer-franc pour un Frazier en état de grâce. Au final, les Knicks remportent la rencontre assez facilement, 113 – 99. La première bague de l’Histoire de la Big Apple. A titre tout à fait personnel, Willis Reed devient le premier à être nommé MVP, MVP du All-Star Game et MVP des finales la même saison.

Il y en aura malheureusement qu’une seule autre, remportée quelques années plus tard, en 1973. En effet, New-York présente un faible pourcentage de victoire en finale NBA : deux victoires pour six défaites, soit 25 % de titre.

La génération Reed / Frazier fut suivie par celle de Patrick Ewing, dont la prise de pouvoir au sein des Knicks date de 1985, année de sa draft. Nous l’avons vu, Ewing est considéré comme un looser par excellence. Il me semble quand même juste de rappeler l’immense joueur qu’il a été. En quinze saisons sous le maillot des Knicks, Ewing a réalisé des saisons d’anthologie, mais jamais ponctuée par un titre. Il est tout de même aujourd’hui considéré comme le véritable visage des Knicks, devant même ceux qui ont ramené les trophées dans l’armoire de la franchise.

Aujourd’hui, les Knicks semblent être à un carrefour de leur existence. La free agency 2019 semble être pleine de promesse, puisque les rumeurs insistent sur la venue d’une, voire plusieurs, superstars, telles que Kevin Durant ou encore Kyrie Irving. Avant même cette période de transfert, qui s’ouvrira le 1 juillet prochain, les Knicks devront faire le bon choix, eux qui possèdent le 3ème choix de la draft 2019.

L’avenir nous dira si, après 1970 et 1973, les Knicks seront capables de remporter un nouveau titre. Cela passera forcément par un recrutement de qualité. Pour tous les fans des orange et bleu, la période estivale sera pleine de rebondissement. Espérons pour eux qu’elle soit surtout pleine de joie.

Z comme … Zion Williamson ?

Il me semblait opportun de conclure un article consacré au passé en évoquant l’avenir. Or, dans l’immédiat, qui serait susceptible de mieux représenter le futur que Zion Williamson ?

Alors qu’il n’a pas encore posé le moindre orteil en NBA, celui qui devrait être drafté par les Pelicans en première position de la draft 2019 est, d’ores et déjà, une véritable attraction médiatique. La pression qui pèse sur ses épaules peut être comparée à celle qui pesait en 2003 sur celle de LeBron James.

Par chance, les épaules de Zion sont très musculeuses et devraient lui permettre d’encaisser les chocs que connaissent tous les rookies. Rien ne sera simple pour Williamson, et de par son statut de star, rien ne lui sera épargné non plus. Il peut toutefois être la pierre angulaire d’un nouveau cycle du côté de la Nouvelle-Orléan, qui risque de se retrouver orpheline de son meilleur joueur, Anthony Davis.

L’association Davis – Zion serait pourtant phénoménale sur le papier. Entourée correctement, elle permettrait certainement aux Pelicans de se projeter plus loin que les demi-finales de conférence, que la franchise a connues l’an passé. D’autant que le roster, s’il n’est pas fabuleux, reste de correcte composition. La mène est confiée à l’expérimentée Jrue Holliday, qui pourrait composer, avec ses deux compères de la raquette, une triplette redoutable et redoutée.

Quoiqu’il en soit, la nouvelle génération sera celle des Doncic, Young et Williamson. L’avenir nous dira si ce dernier sera capable de répondre aux attentes placées en lui. Une chose est certaine : s’il développe ne serait-ce que la moitié du potentiel qui lui est promis, il deviendra un franchise player à même de porter sa franchise jusqu’au titre, que ce soit en Louisiane ou ailleurs.

J’espère que cet article vous aura permis de prendre conscience des moments exceptionnels qui se sont déroulés lors des finales NBA. Qui sait, peut-être que celle de 2019 connaîtra également son lot d’anecdotes mémorables. Pour le futur, rassurez-vous : la jeune garde, et Zion Williamson en tête de file, se chargera de nous faire rêver.