What if, c’est quoi ? Simple comme bonjour. Il s’agit de reprendre un fait historique de l’histoire NBA, un trade, une blessure, une fin de carrière, un shoot, une action, et d’en changer le cours. Pourquoi ? Pour raconter des histoires, déjà. Pour revisiter les coulisses de certains moments-clés de l’Histoire de la balle orange et les faire découvrir à ceux qui les ignorent, ensuite. Aussi pour faire prendre conscience que la NBA que l’on connait aujourd’hui est le résultat d’un nombre incalculable de facteurs différents, et qu’elle aurait pu être toute autre si l’on touche à un seul d’entre eux. Bienvenue dans le monde de What if !


What if – Dirk, daim en fuite

Il y a quelques temps, je vous expliquais dans un article le pourquoi du comment de ce What if particulier entre Dirk Nowizki et les Bucks (pour les retardataires, ça se passe ici). Le temps de quelques heures, Dirk a en effet eu son nom dans le même roster que Ray Allen, Glenn Robinson et toute la jolie compagnie qui fleurissait alors les rangs de Milwaukee à l’aube de la saison 1997-98. Après ce prologue, il était désormais temps de se pencher sur la fiction qui pouvait en découler, le gros morceau quoi. Alors, à quoi aurait-on eu droit avec un Nowitzki sous le maillot non pas des Mavs, mais des Bucks ? Embarquez dans la machine à remonter le temps, attachez votre ceinture, un paquet de Daim dans la main droite, une pinte de bière dans la main gauche : on est parti.

What if … Dirk Nowitzki n’est jamais échangé à Dallas ? 


I.

« Avec le choix numéro 9 de la draft 1998, les Milwaukee Bucks sélectionnent… Dirk Nowitzki ! » les mots de David Stern raisonnent dans le General Motors Place de Vancouver en ce 24 juin 1998. Dans les couloirs, des rumeurs se font entendre au sujet du deal prévu entre Bucks et Mavericks. Les deux franchises s’étaient mises d’accord pour échanger les joueurs sélectionnés ce soir, afin que Nowitkzi s’en aille en direction de Dallas pendant que Robert Traylor arrivait dans le Wisconsin. Mais les chosent ne semblent pas si faciles en coulisses, et il se dit que le deal pourrait finalement être tué dans l’œuf. La faute à un retournement de veste des Bucks parait-il, pris de doutes sur la santé de Traylor après qu’un rapport médical soit arrivé sur leurs bureaux tardivement… Tard dans la nuit, alors que le deal aurait dû être finalisé depuis longtemps, il n’y a toujours aucune nouvelle à son sujet. Le lendemain, les choses ne bougent pas non plus. Quelques jours plus tard, les bruits de couloirs se confirment : le deal ne se fera pas. La tuile, d’un côté comme de l’autre. Oui, car aucune des deux équipes ne comptaient évoluer durant la prochaine saison avec le joueur sélectionné. Dallas voulait Nowitzki, Milwaukee voulait Traylor, et voilà les deux franchises qui se retrouvent avec deux cadeaux empoisonnés.

Qu’importe, il faut avancer, et ce même si la NBA s’apprête à tourner au ralenti. En effet, alors qu’un nouvel accord doit être signé entre propriétaires de franchise, joueurs et dirigeants de l’association, impossible de mettre tout le monde d’accord. On se dirige tout droit vers un lock-out, qui repousserait la reprise de la saison tant qu’aucun accord ne sera trouvé. C’est ce qui arrivera : la grève durera 4 mois, 4 mois durant lesquels les négociations avanceront pas à pas jusqu’à aboutir à un nouvel accord pour 6 ans.

La saison peut enfin reprendre, et les joueurs peuvent enfin refouler le parquet. Milwaukee n’a pas été passif durant cette interruption, et en a profité pour mettre un petit coup de neuf dans son roster. George Karl quitte les Sonics et débarque sur le banc, en remplacement de Chris Ford. Dell Curry, en provenance des Hornets, et Vinny Del Negro, en provenance de San Antonio, font leurs arrivées dans le Wisconsin quelques jours avant la reprise de la saison, prévue pour le 5 février.

Pendant ce temps, le jeune Nowitkzi a eu le temps d’installer ses bagages à Milwaukee. Dirk a eu du mal à digérer l’imbroglio dans lequel il s’est retrouvé. Le soir de sa draft, il ne savait pas trop à quoi s’attendre. Il savait qu’il avait tapé dans l’œil de Boston lors du workout qu’il avait fait avec eux, et le GM l’avait assuré qu’il le drafterait en 10ème position. Puis il avait été mis au courant du tour de passe-passe que voulait orchestrer Don Nelson pour l’attirer à Dallas. Il savait que s’il atterrissait aux Bucks, il ne serait là-bas qu’en transit, en guise de monnaie d’échange. Tout va trop vite en NBA, et alors qu’il n’avait même pas prévu de défaire sa valise, le voilà en train de défaire ses cartons dans ce qui s’apprêtait à devenir sa nouvelle ville, sa nouvelle vie. En plus de ça, il a fallu qu’il franchisse l’Atlantique l’année où un lock-out se mettait en place… Ce n’est pas vraiment le départ rêvé ! Mais à l’image de sa nouvelle franchise, il ne va pas rester les bras croisés pendant le lockout. Dirk retourne en Europe avec l’autorisation des Bucks, pour aller tâter du ballon dans son dans ancien club du DJK Wüzburg. 13 matchs plus tard, Dirk est de retour à Milwaukee, fin prêt pour ce qui s’annonce comme sa première saison NBA. L’aventure peut enfin commencer.

Le moment tant regretté par les fans des Bucks…

II.

50 matchs au programme de cette saison raccourcie, qui s’étend du 5 février au 6 mai pour les Bucks. L’équipe va devoir apprendre à jouer ensemble sur le tas car à cause du lock-out, pas d’open gym, pas de training camp, et pas le temps de niaiser. Quelques jours d’entrainement, et on part au combat. Le cinq de départ pour cette moitié de saison : Haywoode Workman – Ray Allen – Glenn Robinson – Tyrone Hill et Ervin Johnson. Dirk devra sortir du banc, son coach ne le jugeant pas apte à jouer pivot, et donnant la préférence à Hill sur le poste 4, qui sortait d’une saison en 8-10. Après deux mois d’exercice, les Bucks ont un bilan équilibré : 15 victoires pour 11 défaites. Début mars, ils enchainent même une série de six victoires consécutives, durant laquelle Dirk Nowitzki n’aura que très peu joué.

Son adaptation se passe plutôt… aléatoirement. Son temps de jeu varie d’un match à l’autre, selon la dynamique insufflée par les titulaires de l’équipe. Quand Milwaukee parvient à se détacher au score dans le match, il se voit offrir des minutes qu’il tente de mettre à profit. Quand au contraire les Bucks sont empêtrés dans des matchs serrés, il lui arrive de ne jamais fouler le parquet. Vis ma vie de rookie en somme. La chance de Nowitzki ? Être à Milwaukee, un petit marché de la Ligue. Pas de regards braqués sur lui en permanence ici, ni toute la pression inhérente à la surexposition. En coulisse, il continue de travailler, persuadé que sonnera bientôt l’heure où il pourra s’exprimer pleinement.

Sur le banc, George Karl n’est pas dupe : il sait reconnaitre un bon joueur quand il en voit un. Et Dirk a le potentiel pour en devenir un très bon. Pas assez costaud et bagarreur pour aller jouer des coudes au poste de pivot, le jeune allemand est un 4 quasiment naturel. Son tir extérieur était son point fort, et ce depuis un moment, bien avant la draft en réalité. Mais ce que Karl n’avait pu observer avant de voir Dirk sous ses yeux, c’est la manière qu’avait celui-ci de se créer son shoot, et de pouvoir tirer de n’importe quelle position, de n’importe où sur le terrain. Son tir partait bien au-delà de sa tête, et du haut de ses 2m13, c’était quasiment incontrable. Ce tir, Dirk ne l’avait pas forgé seul, avec un mini-panier accroché à la porte de ses toilettes. Non, c’était le fruit d’un travail de longue haleine, un travail acharné mené de main de maître par Holger Geschwindner.

Geschwindner suivait Nowitzki depuis son plus jeune âge, et il lui avait enseigné tous les fondamentaux nécessaires afin de pouvoir exister par son tir extérieur. Avoir le bon geste, le bon angle, le bon équilibre, savoir jouer avec son défenseur, le feinter en ayant une parfaite maîtrise de son corps : Geschwindner avait fait du tir une science, et de Dirk son padawan. En traversant l’Atlantique, le jeune allemand avait amené son mentor avec lui, et les Bucks avaient accepté de lui faire profiter de leurs infrastructures. Mais en soit, tout ce dont avait besoin le maître du tir, c’était d’un ballon, d’un panier et de Dirk. Par cette arme, Nowitzki pouvait compenser son manque de réponse physique aux intérieurs qu’il croisait sur les terrains. Il apportait au poste 4 une dimension nouvelle en quelque sorte, en passant le plus clair de son temps hors de la raquette et non à l’intérieur. Loin des Karl Malone, Charles Barkley et autres Chris Webber, Dirk avait le potentiel pour construire quelque chose d’inédit.

La bascule entre mars et avril allait être cruciale pour les Bucks, avec 8 matchs sur 10 à l’extérieur. Soit ils parvenaient à s’en sortir sans trop de dégâts et ils prenaient le bon wagon pour les playoffs, soit ils faisaient partie des recalés. Avec seulement 50 matchs, la moindre série de défaites était beaucoup plus difficile à rattraper. Après deux défaites à Detroit et à Minnesota, coach Karl tenta le coup et envoya Dirk Nowitzki dans le 5 de départ. Warum nicht ? Pourquoi pas (en VF) ? Un choix qui s’avéra payant, puisque les Bucks enchainèrent 7 victoires en 8 matchs, franchissant avec succès l’obstacle qui les attendait.

D’abord assez discret et timide lors ses deux premiers matchs avec son nouveau statut de titulaire, Dirk s’affirme petit à petit dans son équipe. Avec Ray Allen et Glenn Robinson, Milwaukee dispose déjà de deux armes longue distance assez réputées et les ballons sont en priorité confiés aux deux joueurs. Nowitzki est loin d’être la première option vers laquelle se tourne l’attaque de Karl, mais lorsqu’il hérite de la balle, le rookie sait faire briller sa technique. Offensivement, Dirk commence donc à prendre ses marques. Défensivement toutefois, les lacunes du jeune allemand se confirment : les équipes adverses le ciblent et le mettent parfois au défi physique avec son concurrent direct. Il n’est ainsi pas rare de le voir en foul trouble très tôt dans les matchs ou même de revenir sur le banc pour éviter à Milwaukee de prendre l’eau.

Début mars, les troupes de George Karl vont enregistrer l’arrivée de nouveaux joueurs, par le biais d’un trade à 3 équipes avec les Wolves et les Nets. L’un d’eux va particulièrement se montrer précieux : Sam Cassell. Cassell, arrivé en provenance de Minnesota, va être intronisé dans le starting five pour les 4 derniers matchs de la saison régulière, venant parfaire une ligne arrière qui s’avère assez redoutable. Les Bucks terminent la saison avec un bilan de 29 victoires pour 21 défaites, un bilan honorable qui leur permet de retrouver les playoffs en décrochant le 7ème spot de la conférence Est. Après 7 années sans avoir pu goûter à la postseason, les Bucks ont rempli leur objectif principal. Mais si retrouver les playoffs est une étape difficile et importante, c’est encore plus dur d’y exister.

Au premier tour, Milwaukee doit affronter Indiana. Les Pacers de Larry Bird ont terminé troisièmes de cette saison raccourcie, avec un bilan de 33 victoires pour 17 défaites. Si les Bucks comptent dans leurs rangs deux beaux snipers longue distance, que dire des Pacers ? Avec Reggie Miller et Chris Mullin, Larry Bird n’a rien à envier à son homologue George Karl en la matière. Cette équipe bénéficie également d’une expérience plus importante : alors que Milwaukee n’a pas goûté aux playoffs depuis des années, les Pacers connaissent un renouveau depuis l’arrivée de Bird sur le banc, et ont réussi à percer jusqu’en finale de Conférence l’année précédente. Cette saison, les Finales NBA sont clairement l’objectif.

Les choses vont tourner court pour les Bucks. Incapables de stopper leurs hôtes dans le Game 1, ils seront largement dominés à cette occasion. Une belle valise d’entrée, qui va permettre aux troupes de George Karl de se rendre compte du chemin qu’il leur reste à faire pour rivaliser avec le plus haut niveau NBA. De retour à la maison, les Bucks résisteront un peu mieux aux assauts de Reggie Miller, Jalen Rose et consorts, mais ceux-ci plieront le match en overtime à l’expérience. Indiana ne se fera pas prier pour écourter la série à domicile au Game 3. Si les spectateurs ont pu assister à de beaux duels, notamment entre Ray Allen et Reggie Miller, Milwaukee s’incline 3-0 pour sa première série de playoffs depuis 7 ans. Le jeune Nowitzki est resté titulaire durant cette série, ayant finalement gagné la confiance de son coach. S’il n’a pas été le facteur X qui a permis aux Bucks de l’emporter, il a su trouver sa place et remplir son rôle tout comme en saison régulière. Après un game 1 en forme de naufrage, comme le reste de son équipe, il a su se montrer précieux dans le game 2 à domicile, notamment en plantant deux banderilles longue distance dans le moneytime. Insuffisant pour permettre aux siens de l’emporter certes, mais le rookie a fait bonne impression pendant ces playoffs.

Durant cette courte virée en postseason, Dirk Nowitzki a surtout pu goûter à l’ambiance particulière qui règne au printemps en NBA. Après une saison régulière, certes écourtée, où l’équipe alterne sans cesse entre déplacements et matchs à domicile, où il faut jongler d’un adversaire à un autre en deux jours, où chaque défaite peut être compensée par une série de victoires, les playoffs sont un tout autre monde. Il ne s’agit plus que d’une équipe, avec des joueurs bien identifiés, leurs forces, leurs faiblesses, leur plan de jeu. Les équipes se connaissent par cœur après des heures et des heures passées à se décortiquer. Puis, quand la partie d’échec se termine, place à la compétition, la vraie, celle pour qui tous les joueurs NBA se lèvent chaque jour. L’atmosphère de la salle à domicile est toute autre, l’amour des fans est décuplé, l’hostilité dans les matchs à l’extérieur est amplifiée, la haine reçue multipliée. Tout est plus fort, plus intense, plus vrai. Le jeune numéro 14 des Bucks est tombé amoureux de cette sensation-là, aussi court fut le voyage. Il veut revenir en playoffs, pour y goûter encore, le plus longtemps possible.

III.

Pour réaliser son souhait au plus vite, Nowitzki va mettre les bouchées double pendant l’été. Avec son mentor Geschwindner, il va s’enfermer dans le gymnase le plus souvent possible. L’objectif ? Répéter ses gammes, encore et encore, faire autant de fois que possible les drills proposés par son gourou personnel, pour améliorer son shoot, encore. Dirk l’a compris assez vite : s’il veut exister en NBA, il devra compter avant tout, voire uniquement, sur son shoot. Il doit en faire une arme létale, capable de frapper à n’importe quel moment, à n’importe quelle distance, et sur n’importe quel défenseur. Il va donc s’infliger un gros travail personnel, mais pas uniquement. Les Bucks ont également compris une chose de leur côté : avec un quatuor Cassell-Allen-Robinson-Nowitzki, cette équipe a un gros potentiel. George Karl veut que son ailier star, Ray Allen, développe sa relation avec son jeune poste 4. A eux deux, ils peuvent former une sorte de one-two punch d’exception et jamais vu auparavant. Alors les deux compères vont multiplier les sessions d’entrainement ensemble, afin de voir comment allier leurs forces et pour perfectionner l’entente naissante.

Les Bucks ne feront pas de mouvements particuliers en cette intersaison 1999. Sam Cassell, qui n’a joué que les 4 derniers matchs de saison régulière et les 3 matchs de playoffs, peut être considéré comme la seule « arrivée » notable dans le groupe. On joue la stabilité du côté du Wisconsin, avec l’objectif renouvelé d’atteindre la postseason.

La deuxième saison de George Karl à la tête des Bucks va marquer une nette progression par rapport à la première. L’équipe déploie un jeu d’attaque très séduisant. Avec un Sam Cassell en pleine possession de ses moyens et avec plus de vécu dans le roster, l’attaque est bien mieux organisée. L’équipe n’hésite pas à jouer sur un rythme rapide, mais sait aussi prendre le temps de construire des systèmes de jeu lui permettant de trouver des tirs lointains que les gâchettes ne se privent pas de convertir. Les Bucks constituent ainsi la première menace à trois point et l’une des toutes meilleures attaques de la grande Ligue. Le travail fourni par Nowitzki pendant l’été s’avère plus que payant à titre personnel, mais également collectif. Nowitkzi joue plus, ose plus et pèse plus dans le jeu. L’entente dans le cinq majeur se peaufine au fur et à mesure que la saison avance, et c’est tout bénef’ pour Milwaukee. Au All Star Break, les Bucks sont récompensés : Allen et Robinson, qui culminent à plus de 20 points de moyenne tous les deux, sont sélectionnés dans le roster de la conférence Est. La franchise continue sur le même rythme après le weekend étoilé, et parvient à craquer le top 6 de la conférence Est à la fin de la saison régulière, terminant avec un bilan de 45 victoires pour 33 défaites : première saison à plus de 40 victoires depuis la saison 1990-91, une nouvelle ère semble définitivement ouverte à Milwaukee.

Les Bucks et Dirk voulaient les playoffs, ils les ont eu. Pour ce premier tour, ils vont devoir affronter les Knicks de New York. La bande à Patrick Ewing a terminé 3ème de l’exercice, avec un bilan de 50-32. Une saison XXL pour les hommes de Jeff Van Gundy, après avoir échoué en Finales NBA contre les Spurs l’année précédente. Les Knicks avaient réussi l’exploit d’accrocher les Finales en terminant huitièmes de Conférence : passés si près de l’exploit, ils ont soif de revanche et veulent offrir à leur pivot star une nouvelle occasion de décrocher sa bague, enfin. Latrell Sprewell, Allan Houston, Charlie Ward, et Larry Johnson accompagnent Ewing dans le cinq majeur New-Yorkais. Les Bucks auront fort à faire, mais sont prêts à relever le défi.

Dès le premier match, les Knicks vont donner le ton au Madison Square Garden. Ils emmènent les Bucks sur leur terrain, celui du combat, du défi physique et du dur au mal. La Mecque est en feu, et les Daims s’y brûlent : une défaite de 15 points, bien malvenue pour commencer la série. Les coéquipiers de Dirk Nowitkzi le savent, s’ils jouent sur le rythme des Knicks et entrent dans le jeu physique proposé par Ewing et compagnie, ils sont cuits. Pour le match 2, George Karl doit s’adapter. Au défi physique et athlétique imposé par les Knicks, les Bucks doivent répondre en ayant une justesse technique et tactique irréprochable. La match-up à laquelle est confrontée Dirk, qui doit se coltiner le très physique Larry Johnson, symbolise parfaitement ce contraste.

De retour à la maison pour le match 2, les Bucks arrivent avec de bien meilleures intentions. Disciplinés dans tous les compartiments du jeu, les hommes de George Karl cavalent, déroulent leur jeu offensif et font parler leur adresse. Poussés par leur public, ils comptent 15 points d’avance à la mi-temps. A la reprise, ils continuent de s’envoler au score. Le quatrième quart-temps va toutefois être digne d’une mauvaise comédie pour les Bucks : sûrement trop confiants et un peu la tête ailleurs dans l’ultime période, ils vont permettre aux Knicks de passer sous la barre de 15 points, puis des 10… Dans le moneytime, les Knicks ne sont plus menés que de 6 points. Alors qu’il est complètement libre, Allan Houston loupe la mire à 3pts. Derrière, Glenn Robinson remonte le terrain, et trouve Ray Allen en transition. Pleine vitesse, celui-ci s’engouffre dans la raquette des Knicks et s’en va chercher un and-one bienvenu pour les Bucks. Après s’être fait très peur, Milwaukee l’emporte 98-89. Le match 3 au Madison Square Garden sera décisif.

Dans ce game 3, comme pour le match précédent, Milwaukee va entamer pied au plancher, pour contrer immédiatement le plan de jeu des Knicks et les maintenir à distance le plus longtemps possible. Un énorme 1er quart-temps offensif leur permettra de boucler le premier acte avec 40 points, dont une orgie longue distance de la part de Ray Allen qui convertira 3 paniers primés. L’avantage sera conservé par les Bucks jusqu’à la mi-temps, mais lors du retour des vestiaires, la furie va s’emparer du Madison Square Garden à la suite d’un dunk en contre-attaque de Sprewell, pour ne plus jamais redescendre ensuite. Portés par leur public, les Knicks vont parvenir à refaire leur retard de 11 points. A l’entame du dernier quart-temps, les deux équipes sont à égalité, 85 partout. C’est ce moment-là que va saisir Dirk Nowitkzi pour s’emparer des spotlights de New-York. Alors que l’on rentre dans les 5 dernières minutes du match et que le score n’a guère bougé, une première filoche à 3-pts va tomber pour l’Allemand, bien aidé par le travail en pénétration de Ray Allen à l’aile opposée. Posté dans le corner, Dirk décroche sa flèche et fait mouche. Sur l’action suivante, il réitère, du poste haut, devant un Larry Johnson impuissant. Temps-mort de Jeff Van Gundy pour calmer les choses : peine perdue. Au retour sur le parquet, Sam Cassell parvient à chiper le ballon des mains de Charlie Ward, et lance en contre-attaque Ray Allen. Le numéro 34 fonce au cercle côté droit, mais l’accès est barré par l’aide de Larry Johnson…qui laisse Dirk, seul, en trailer sur transition. L’Allemand court dans l’axe, est servi par Allen, et écrase un tomar dans la raquette des Knicks. Un run de 8 points pour Dirk, qui permet à Milwaukee de décoller au score dans le moneytime. Quelques minutes plus tard, le buzzer retentit. Les Knicks ont tenté de revenir au score mais rien n’y a fait : les Bucks s’emparent du Game 3 et ont l’occasion de plier la série au prochain match à domicile. Dirk vient se révéler à la face entière de la NBA. Choc total.

Les Bucks vont surfer sur la vague, forts de ce succès que personne ne voyait venir au game 3. Dans un match très dur, très âpre, et disputé dans une atmosphère lourde et pesante avec un public qui alterne entre crise de folie et crise de larmes, Milwaukee va réussir à se sortir des griffes de New-York pour l’emporter 102-94. Les Bucks passent pour la première fois depuis plus de 10 ans un tour de playoffs. Pendant cette série, un joueur est né. Dirk Nowitkzi termine la série avec 17.9 points de moyenne, à plus de 40% derrière l’arc. Inattendu à ce niveau-là, même pour les plus observateurs de l’équipe des Bucks, Dirk a saisi l’opportunité quand celle-ci s’est montrée. Il a montré à ses coéquipiers, à son coach, au public et à tous les fans qu’il pouvait exister en NBA, et plutôt de fort belle manière.

Au tour suivant, les Bucks doivent affronter le Heat de Miami, composé entre autres de Tim Hardaway, Alonzo Mourning, Jamal Marshburn, et PJ Brown, le tout coaché par Pat Riley. Miami a terminé deuxième de Conférence, et vient d’éliminer en 3 matchs secs les Pistons de Grant Hill. Cette fois, la marche sera trop haute pour Milwaukee. Sans aucun état d’âme, Zo’ Mourning et les siens vont mettre au tapis de trop peu expérimentés Bucks : un gentleman sweep 4-1 et le tour est joué pour le Heat. Trop forts, trop puissants, trop physiques et très bien coachés, les floridiens ne laisseront que le game 3 en route. La route de la postseason s’arrête là pour Milwaukee, qui est tout simplement tombé sur plus fort contre le Heat. Un pas de plus a été franchi par la franchise dans son processus d’apprentissage du plus haut niveau. George Karl a trouvé dans son roster une nouvelle pièce majeure en la présence de Nowitzki, révélation des playoffs pour la franchise du Wisconsin. Encore contre le Heat, il tournera à plus de 15pts de moyenne, même si sa fébrilité en défense ne lui permettra pas de sauver le navire Bucks.

Dirk et son nouvel ami, Ray. Oui, Dirk est très content sur cette photo.

IV.

Bradley Center – Un an après, jour pour jour.

La sirène finale retentit, et le soulagement est de mise. Les Bucks accèdent, un an après la déroute face au Heat, aux Finales de conférence. Une victoire 4-2 face aux Hornets, bouclée de main de maître par les hommes de George Karl. Un pas de plus est validé dans la progression de Milwaukee, un de plus vers l’objectif des Finales. Oui, car les Finales sont bien l’objectif des Bucks cette saison 2000-01. Il faut dire qu’ils ont tout fait pour.

Après leur belle saison l’année précédente, qui les avait vu franchir un palier contre les Knicks de Pat’ Ewing avant la désillusion face au Heat, les Bucks ont pris conscience de leur potentiel. Karl a pris la pleine mesure de la force qu’il pouvait tirer du trio naissant Allen-Nowitzki-Robinson, notamment offesivement. Après une saison tronquée en 1999 où il fallait reprendre ses marques, une année de transition avec l’intégration dans le cinq de Dirk en 2000, 2001 devait être l’année où les choses s’enclenchaient enfin. Et on peut dire que le résultat fut à la hauteur des espérances.

Les trois compères ont mis le feu aux parquets NBA pendant 82 matchs. Ray Allen, Dirk Nowitkzi et Glenn Robinson terminent l’exercice avec plus de 18pts de moyenne par match chacun, pendant que Sam Cassell dépasse la quinzaine. Les Bucks sont la meilleure attaque de la Ligue, et de loin. Karl a définitivement mis l’accent sur les menaces extérieures de son équipe : Milwaukee est la première équipe en termes de tirs à 3-pts tentés par match, et au pourcentage sur cette même distance, et squatte les premières positions de toutes les catégories statistiques liées aux shoots. Mais ce qui frappe plus encore cette saison-là, c’est la naissance du duo tant attendu : Allen-Nowitkzi.

Les deux joueurs forment cette saison-là une sorte de monstre à deux têtes, qui peut rendre malade n’importe quel coach adverse. Ray Allen tourne à 22.8pts de moyenne, en shootant à plus de 40% derrière l’arc. Dirk Nowitzki lui envoie 21.4pts de moyenne, avec 38% derrière la ligne primée. A eux-deux, ils peuvent faire sauter n’importe quelle défense. Dans son style caractéristique de shooteur de salon, Allen est tout simplement létal. Planqué dans le corner ou en sortie d’écran, lorsqu’il plante ses appuis dans le sol, c’est déjà peine perdue pour son défenseur. Allen se régale des espaces crées par Cassell ou Robinson, voire des prises à deux hasardeuses que tentent parfois les défenses en poste bas sur Nowitkzi. Ce dernier, justement, est toujours en pleine évolution. Définitivement et durablement installé dans le cinq majeur des Bucks, Nowitzki est devenu une réelle option offensive pour Karl, la deuxième derrière Allen et devant Robinson. Sa capacité à se créer son shoot, peu importe la défense proposée, se révèle être une arme absolue pour Milwaukee. Avec un énorme travail individuel sur le footwork et les feintes, encore dirigé dans l’ombre par Geschwindner, Dirk est encore plus dangereux. En isolation, en post-up, en tête de raquette, en pick’n’pop, il peut enclencher son tir de n’importe où, et sur n’importe quel défenseur. Une étrange impression se dégage de ce joueur, pourtant encore très jeune : celle qu’il pourrait jouer comme ça pendant 20 ans, en étant toujours aussi efficace…

Avec ces deux joueurs en tête d’affiche, Milwaukee développe un style ultra-offensif. Pas du genre à courir partout, mais la menace du tir extérieur est permanente grâce au spacing mis en place, et laisse la plupart du temps les défenses sans autre solution que de prier pour que les Bucks loupent la mire. Allen et Nowitkzi sont récompensés par une sélection au All-Star Game 2001 à Washington, où le premier remportera le concours à 3pts, comme un symbole. Récompensant sa progression constante, Nowitzki repartira quelques mois plus tard avec le trophée de Meilleure progression de l’année. Avec ce nouveau visage, les troupes de George Karl terminent deuxième de la Conférence Est avec un bilan de 55 victoires, une victoire derrière les Sixers de Philadelphie d’Allen Iverson, MVP de la saison. Encore une année sous forme de progression pour les Bucks, qui se devaient donc d’assumer leur nouveau statut en playoffs. Après avoir éliminé le Magic et les Hornets, Milwaukee accède donc aux Finales de conférence, pour retrouver l’équipe d’Allen Iverson. Ce duel entre le 1er et 2ème de conférence s’annonce palpitant.

Les Sixers se sont fait peur au tour précédent, en sortant en 7 matchs de leur série contre les Raptors de Vince Carter, dont une victoire d’un petit point au game 7 décisif. Allen Iverson sort d’une saison de MVP complètement incensée, et porte à lui seul toute l’équipe de Philadelphie côté attaque. Les Sixers possèdent aussi dans leur roster le Meilleur Défenseur de l’année, Dikembe Mutombo, pourtant débarqué en cours d’année, mais qui a immédiatement pris ses marques.

Après 3 matchs dans cette Finale de conférence, les Bucks sont en tête 2-1. Au game 2, après un premier match inaugural où Iverson sera en feu en plantant 38pts, Milwaukee va faire sensation pour l’emporter dans le jardin d’AI, notamment grâce à une performance énorme de Ray Allen, qui scorera lui aussi 38pts avec un énorme 7/11 aux tirs longue distance. Coup du sort pour les Sixers, Iverson sera absent du game 3, blessé à la hanche gauche. Larry Brown prendra alors la décision de laisser AI sur la touche pour ce premier match sur les terres de Milwaukee, préférant avoir son franchise player à 100% pour les matchs à suivre. Le risque ne paiera pas pour Brown, et les Bucks profiteront de l’absence d’AI pour l’emporter. Menés 2-1, avec un AI sur le retour et bien décidé à ramener son équipe à égalité afin de reprendre l’avantage du terrain, les Sixers vont envoyer toutes leurs forces dans la bataille pour ce game 4 à Milwaukee.

A la mi-temps pourtant les Bucks sont devant de 2 petits points. Ecart infime, mais écart tout de même. Iverson n’est pas sorti de la mi-temps côté Sixers, tout comme Mutombo. Larry Brown sait que ce match est crucial et qu’il ne peut pas se permettre de sortir du terrain ses deux piliers, trop importants des deux côtés du terrain. Surtout que côté Milwaukee, l’avantage à la pause est un cadeau du ciel. Ray Allen a perdu de sa superbe, et culmine péniblement à 8pts à la pause, à 2 sur 9 aux tirs. Après le troisième quart-temps, les Sixers ont refait leur retard : mieux, ils sont désormais devant de 9 points. Bizarrement, ce n’est pas AI qui a sonné la révolte, mais Mutombo : le pivot score 8pts sur le quart-temps et valide déjà un double-double à 12 points et 11 rebonds. Le dernier quart-temps se jouera à couteaux tirés, et sera décisif pour les deux équipes : si les Bucks l’emportent, ils prennent un avantage certain sur la victoire et l’accession en Finales NBA, si Philadelphie recolle, tout est relancé.

Ce quartrième quart-temps sera celui de Nowitkzi. Sa match-up direct l’oppose à Tyrone Hill, ancien coéquipier à Milwaukee et col bleu par excellence, le genre de soldat de l’ombre qu’affectionne Brown. Alors qu’il pourrait le dominer de la tête et des épaules par son talent offensif, Dirk semble avoir du mal à trouver les positions de tirs qu’il aime tant. Discret jusqu’alors, avec 11 points scorés et une influence moyenne sur le jeu, Dirk va sortir du bois au meilleur moment pour les Bucks. Il finira le match avec 31 points scorés. Un quart-temps à 20 points pour le grand Nowitzki, qui sortira à 10 secondes de la fin du match sous une ovation méritée du public local. Sur les 20 points qu’il inscrira, 12 le seront par le biais de banderilles envoyées à 7 mètres 23. A 45 degrés, dans le corner, en tête de raquette, Dirk va faire la totale à une équipe des Sixers médusée. Ray Allen était dans le dur ? Pas de soucis, il y a un nouveau kid en ville. Mutombo ne pourra rien faire pour aider ses coéquipiers, même en temps que Meilleur Défenseur de l’année, tout simplement car Dirk est hors de portée pour lui, qui n’aime guère s’éloigner de la raquette. Quand il ne sera pas en train de faire la chanson aux Sixers à 3pts, Nowitzki les punira en post-up ou en isolation, mais toujours avec la même arme : son jumper.

Milwaukee prend l’avantage 3-1 dans la série suite à ces 12 minutes complètement folles, prenant de ce fait une énorme option pour accéder en Finales NBA. De retour à Philadelphie, Iverson se fâchera tout rouge pour permettre aux siens de l’emporter pour recoller à 3-2. Le MVP ira scorer 44pts sur la tête de Milwaukee, mais il ne pourra rééditer l’exploit au game 6 à Milwaukee, qui verra les hommes de Karl boucler la série. Les Bucks accèdent ainsi à leurs premières Finales NBA depuis les Finales 1974, une époque où Kareem Abdul-Jabbar portait encore le maillot vert et blanc avant de s’enfuir en direction des Lakers.

Et comme un signe du destin, ce sont les Lakers que les Bucks devront battre s’ils souhaitent pouvoir soulever le titre suprême. Si les Bucks pensaient avoir un tandem de feu avec Allen et Nowitzki, que dire de leurs homologues californiens ? Kobe Bryant et Shaquille O’Neal sont tous les deux à plus de 28 points de moyenne sur la saison et ont remporté 56 matchs pour terminer 1ers de Conférence à l’Ouest. En Playoffs, ils ont réalisé un massacre en règle : 3-0 au premier tour, 4-0 au deuxième, et 4-0 en Finales de Conférence contre les Spurs. Les Lakers arrivent en Finales NBA invaincus, surmotivés, en mode rouleau-compresseur. Et ce ne sont pas les Bucks qui vont pouvoir empêcher ces derniers de continuer ainsi, malheureusement pour eux.

Ils résisteront avec brio, encore et toujours grâce à leur duo offensif Allen – Nowitkzi, mais ceux-ci ne pourront rien de l’autre côté du terrain pour limiter les dégâts causés par Shaquille O’Neal. Aucune défense, même pas la meilleure de la Ligue, ne pouvait stopper l’animal. Milwaukee, équipe d’attaque avant-tout, ne pourra qu’être témoin des ravages du gros Shaq dans leur raquette. Pour leurs premières Finales NBA, les Bucks ne lâcheront rien, mais ils tomberont tout simplement sur plus fort qu’eux. Dirk Nowitzki prendra la mesure des Finales NBA dès le premier match, et parviendra à se défaire fréquemment du marquage d’un vieillissant Horace Grant, qui ne peut le suivre au large. Sur l’ensemble des 5 matchs que durera la série, Dirk parviendra une nouvelle fois à planter plus de 20 points de moyenne. Il sera une nouvelle fois l’élément déclencheur de la victoire des siens au game 4, permettant à Milwaukee d’éviter l’humiliation d’un sweep. Mais la dernière marche sera bien trop haute, pour lui comme pour ses coéquipiers. Milwaukee s’incline devant Los Angeles, mais repart la tête haute, au sommet de la Conférence Est.

Cherchez l’intrus.

Epilogue

Les Bucks échouent donc au pied du trophée Larry O’Brien. Mais en voyant les coéquipiers de Shaquille O’Neal s’emparer de ce dernier, et passé le temps logique de la défaite amer et des regrets, les Bucks peuvent bomber le torse et déjà mettre une croix sur les cases du mois de juin prochain dans le calendrier.

En confirmant son nouveau statut d’équipe sur laquelle il faut compter, Milwaukee est redevenue une place forte de la conférence Est, à n’en pas douter. Désormais articulée autour d’un tandem Ray Allen – Dirk Nowitzki, la franchise peut envisager sereinement la suite des aventures. S’ils continuent dans leur progression comme c’est le cas depuis l’arrivée de Nowitzki et de Karl, aucune équipe ne semble taillée à l’Est pour venir détrôner les Bucks. Oui, car il faut clairement se faire à l’idée : Milwaukee peut être une locomotive dans les années à venir.

Alors que le monde vient d’entrer dans le deuxième millénaire, la NBA peut vivre un virage important dans l’évolution du jeu sous l’impulsion de ces jeunes Bucks. Ray Allen s’apprête à entrer dans son prime, alors que Nowitzki n’a pas encore 23 ans. Les deux joueurs sont en train de développer une association unique, qui n’a jusqu’alors jamais été vue en NBA. S’il y a évidemment eu des duos iconiques d’intérieur-extérieur jusqu’alors dans la Grande Ligue, on a encore jamais vu un duo de shooteurs intérieur-extérieur comme celui-ci. Les deux joueurs sont clairement déjà considérés parmi les meilleurs gâchettes de la Ligue. La NBA sort d’une décennie des années 1990 marquée par la domination des grands pivots, les années 2000 pourraient bien être celle du tir longue distance sous l’impulsion des ces jeunes Daims. Il reste encore du chemin pour aller gagner une bague, mais Allen et Nowitzki ont leur destin entre leurs mains. Ensemble, ils peuvent écrire une nouvelle ère de la franchise des Bucks et également marquer la NBA de leur empreinte. L’avenir est à eux. A vous d’imaginer la suite.

Dirk aurait-il aussi bien vieilli dans le Wisconsin ? En photo en tout cas, oui.


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