Depuis maintenant quelques mois, nous avons créé un concept d’article dénommé « Immersion ». L’objectif de ces histoires est d’intégrer un personnage fictif pour raconter à la première personne une saison dans les vestiaires marquants de la NBA. Tendre à découvrir l’envers du décor de plusieurs équipes, retranscrire l’ambiance entre les joueurs, le staff, les dirigeants. Permettre d’imaginer ce microcosme, en s’appuyant sur des sources : déclarations, articles, livres, images afin d’obtenir l’essence même de ce qui se déroule en coulisses comme sur les terrains.

L’objectif de ces histoires, finalement, c’est de s’immerger au sein d’une équipe, suivre son quotidien, ses péripéties, et raconter les principaux tournants d’une saison. Après avoir rédigé deux épisodes (épisode 1, épisode 2), j’ai pourtant mis la main sur la seule œuvre d’envergure avec un privilège tel que celui-ci : être partie-prenante de l’aventure, avec un regard neutre afin de livrer un récit clair, imagé et bourré d’anecdotes : « 7 seconds or less » de Jack McCallum.

Comme je le disais précédemment, lors d’une critique récente, je ne suis pas friand de littérature sportive. Néanmoins, je vous le dis tout de suite, jamais ouvrage sur le sport ne m’aura autant passionné, ni fait rêver que celui-ci. Si vous aimez la NBA, si vous voulez savoir à quoi peut ressembler l’ambiance d’un vestiaire, le métier de coach, et les maux qui peuvent ronger un joueur, un dirigeant, alors cette œuvre est faite pour vous.

Que raconte ce livre ?

7 seconds or less démarre durant les Playoffs 2006. Un an plus tôt, les Phoenix Suns de la paire Nash-D’antoni révolutionnaient la ligue et apportaient un vent nouveau sur la NBA. Plus rapides, plus débridés, plus spectaculaires que ce que avait connu ces dernières saisons. Opposés aux Los Angeles Lakers de Kobe Bryant, vous allez suivre chaque rencontres de l’intérieur avec ses inquiétudes, ses questions, ses moments forts dans les hauts comme dans les bas. Ce sera le début de l’épopée.

Toute la réussite de l’ouvrage est d’ailleurs de ne pas suivre une chronologie linéaire, non. On sent qu’il est le fruit de tellement de notes, qu’il fallait orchestrer un tri et maintenir le lecteur en éveil. Tout le livre est donc une série d’allers-retours entre les Playoffs et l’intersaison, les Playoffs et la saison régulière, afin de découvrir au compte goutte : le parcours de l’équipe, les bonnes et mauvaises surprises, les réussites et les échecs. Chaque fois, c’est l’occasion de découvrir comment l’équipe en est arrivée là, comment le coaching staff évolue, leur rôle, comment ils se comportent envers les joueurs. Les joueurs, justement, c’est aussi l’occasion de les voir côté-vestiaires : leurs comportements, leurs questionnements (vous adorerez suivre Steve Nash, Boris Diaw, entre autres et surtout Shawn Marion).

7 seconds or less, c’est donc l’histoire d’une équipe en marche pour créer le basket tel qu’on le connaît aujourd’hui, luttant en externe contre le reste de la NBA et les à priori sur leur façon de jouer. Des luttes intestines, un coaching staff innovant et aux personnalités hautes en couleur et l’histoire de joueurs aux trajectoires différentes dont la but est de s’arroger un titre NBA que tout le monde leur dit inaccessible.

Comment l’aborder ?

L’essentiel des ouvrages sur la NBA étant en provenance des Etats-Unis, pas tous ne sont disponibles en version française. En outre, lorsque l’on a le choix (lire en version originale ou en version française), il est parfois préférable de se tourner vers l’original pour être au plus proche de l’histoire, pour ne pas diluer le récit.

Or, celui-ci existe bel et bien en VF. Pour être tout à fait honnête, si d’habitude j’aurai plutôt tendance à opter pour la VO, j’avais acheté la traduction, que vous pouvez trouver sous le nom suivant : « Les Suns à la vitesse de la lumière« . A l’origine, mon objectif était de le lire au plus vite, pour réaliser le 3eme épisode d’Immersion.

Toutefois, je dois le dire, j’ai été plus qu’agréablement surpris par la qualité de la traduction et le travail de réécriture nécessaire. J’ai littéralement avalé les 500 pages que représentent ce livre fleuve (un peu moins d’une semaine) et la traduction de Lucas Saïdi n’a a aucun moment était une gêne quelconque, bien au contraire. Si la langue de Shakespeare représente un défi pour vous, n’ayez donc aucune crainte de vous tourner vers l’excellente traduction.

Quant à moi, j’ai finalement préféré vous inviter à lire cette pièce majeure de Jack McCallum plutôt que d’écrire un 3eme épisode sur cette équipe. Les raisons sont multiples : trop difficile de trier dans les anecdotes, trop complexes de ne pas faire un épisode interminable, de ne pas se contenter de reprendre la même trame. Je préfère de fait ne pas trahir l’originale, et vous inciter à vous ruer en librairie.